"Nous dépensons beaucoup d'énergie pour trouver un futur aux ouvriers d'Opel Anvers"

Le CEO d’Opel a profité du Salon automobile de Paris pour évoquer le sort d’Anvers. Deux repreneurs automobiles restent en lice pour le site belge. Décision la semaine prochaine.

Présentation d’un concept car électrique, annonce d’une version sport pour l’Astra: dans les allées du Salon de Paris, Nick Reilly multiplie son enthousiasme pour démontrer à la presse internationale qu’Opel n’est pas qu’un constructeur en restructuration, que le groupe dont il a pris les commandes en novembre 2009 avance aussi… dans le bon sens du terme. Et Anvers? Le patron n’élude pas la question. Il nous reçoit pour en parler.

Nick Reilly: Vous savez, dans la vie, et encore plus en affaires, il faut parfois faire des choix qui vont à l’encontre de vos envies. Opel n’aurait jamais fermé Anvers si cela n’avait pas été nécessaire. Le groupe était en surcapacité de production chronique. Il fallait agir pour garantir la survie globale de l’activité.

Une promesse a été donnée aux ouvriers du site: celle de trouver un repreneur industriel. Nous sommes le 30 septembre, jour fixé pour une décision. Avez-vous quelque chose à annoncer?
Nous avions en effet bloqué ce jour comme date ultime pour la recherche d’un plan B pour Anvers. Depuis l’annonce de la fin de l’ère Opel, 200 dossiers sont arrivés sur notre table. Analyser chaque candidature prend du temps. Deux investisseurs restent en lice pour racheter le site et son usine. Nous étudions les derniers détails de leurs propositions. Nous communiquerons sur l’avenir d’Anvers la semaine prochaine. Si une décision n’est pas encore tombée, c’est que les dossiers sont sérieux. Prenez-le comme un bon signe.

Qui sont ces investisseurs?
Il s’agit de deux groupes liés au monde automobile. Leurs business plan est, en tous les cas, d’assembler des voitures à Anvers. Je ne m’étendrai pas sur leurs nationalités. Nous avons un accord de discrétion à ce propos avec les autorités flamandes avec qui le respect est mutuel.

Kris Peeters vient pourtant de vous poser un ultimatum. Il attend une décision pour Anvers au plus tard lundi…
Je l’ai lu. Il ne m’en a jamais touché mot. J’imagine qu’en tant que politicien, il est obligé de faire ce genre de déclaration pour montrer qu’il maîtrise, lui aussi, l’agenda. J’espère pouvoir le joindre par téléphone juste après notre entretien pour discuter de la situation…

La Belgique conserve un goût amer de la fermeture d’Anvers, de la manière dont elle s’est déroulée. Quelle preuve pouvez-vous nous apporter pour confirmer qu’Opel recherche réellement la meilleure solution pour l’usine et l’emploi?
Nous avons reçu énormément de monde. Nous avons organisé des visites de l’usine lorsque l’intérêt était marqué… Nous avons dépensé énormément d’énergie et d’argent pour offrir un futur, le meilleur qui soit, aux ouvriers d’Anvers. Laissez-moi au moins cela…

Pourquoi alors avoir mandaté CB Richard Ellis cet été pour étudier les pistes immobilières en vue d’une reconversion?
Business as usual. Opel quittera quoi qu’il arrive la Belgique à la fin de cette année. En temps que chef de troupes,  je ne peux me limiter à chercher un investisseur automobile. Si les pistes que nous menons échouent, qu’adviendra-t-il? J’ai depuis longtemps compris que la Flandre et les travailleurs d’Anvers préfèrent continuer l’aventure automobile. Je veux juste m’assurer  qu’il y aura un passage de témoin le 31 décembre. Si nous nous retrouvons sans rien, aucun emploi ne pourra être sauvé.


Et si les pistes automobiles échouent?
Je me laisserai quelques semaines pour trouver un investisseur, peut-être dans la logistique. L’emplacement du site, en plein port d’Anvers, a de la valeur.

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