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Opel Anvers: GM va trancher

Le délai fixé par la maison mère pour le reclassement du site expire ce jeudi. Deux candidats restent en lice pour une reprise opérationnelle.

Il s’agissait du seul "cadeau" de Nick Reilly aux ouvriers d’Anvers le 21janvier… Monté à la tribune pour officialiser la volonté d’Opel d’en finir avec l’usine belge, le patron de GM Europe avait clôturé son intervention en annonçant qu’il laissait jusqu’au 30septembre aux dirigeants anversois pour trouver une alternative à une fermeture brutale.

243 jours se sont écoulés depuis ce "jeudi noir". Il reste 72heures au groupe de travail constitué par la Flandre autour du site pour écrire une "happy end".

Selon nos informations, Nick Reilly pourrait profiter de la présentation, jeudi matin au Salon automobile de Paris, des nouveaux produits de la marque à l’éclair pour sceller définitivement le sort d’Anvers. "La décision est imminente. Une communication aura lieu dès que le scénario sera ficelé. Le timing, c’est maximum deux semaines", indique une source interne.

Dans un dossier pourtant ouvert depuis des mois, rien de plus ne filtre. "L’affaire est très délicate. Elle touche directement à l’avenir des 1.300 salariés qu’Opel a conservés. Il n’y a de la marge pour aucune spéculation", s’accordent à dire politiques et syndicats pour faire régner l’omertà.

L’usine ou le terrain?

De l’extérieur et selon les signaux qui ont pu être glanés ici et là, General Motors reste, à deux jours des échéances, très indécis. Les deux scénarios que sont la vente de l’outil opérationnel et la valorisation immobilière du terrain continuent de cohabiter, avec des avis divergents selon que les discussions se déroulent à Detroit ou en Allemagne.

Stratégiquement, Opel préférerait rentabiliser le sol. "Offrir" Anvers à investisseur industriel, c’est prendre le risque de renforcer la concurrence sur un terrain clé: l’Europe de l’ouest. L’usine dispose d’un passé riche de 86 années dans l’assemblage automobile. Malgré sa mise à pied, elle a prouvé l’an dernier qu’elle pouvait encore être rentable.

Idéologiquement et humainement, GM préférerait tenir ses promesses. Sauvé lui-même de la faillite grâce au bon vouloir du président Barack Obama, le groupe tente de se racheter une image. Et l’annonce, le 18 août, de l’existence d’un mandat chez CB Richard Ellis pour la valorisation immobilière du site avait fait l’effet d’une bombe au sein du petit monde politique flamand où l’on s’est toujours montré coopératif quelle qu’ait été la tournure prise par les événements.

Depuis quelques semaines, l’actualité se focalise sur les fameux "dossiers d’investissement" qui ont atterri sur les bureaux du groupe de concertation et de la direction d’Opel. Si Kris Peeters, ministre-président flamand et membre du comité restreint anversois, annonçait au début de l’été l’existence d’une quinzaine de projets "dont 5 à 6 concrets" pour Anvers, la liste des candidats potentiels à une reprise s’est, depuis, fortement restreinte.

"Deux groupes industriels restent en lutte pour racheter l’usine", précisait dimanche soir aux journalistes de Bloomberg Luc Van Grinsven, de la CSC. Deux groupes qui se sont récemment rendus sur les rives de l’Escaut pour juger des qualités et défauts de l’outil industriel, et parmi lesquels ne figure plus le constructeur européen un temps évoqué.

USA - Chine

L’avenir industriel d’Opel Anvers se jouerait entre la (déjà citée) société américaine, dont le plan stratégique repose sur la sous-traitance à Anvers pour le compte de différents constructeurs, et le groupe automobile chinois en visite la semaine dernière et dont tout le monde attend de connaître l’identité. Avantage pour les Américains : le plan chinois s’il peut sauver l’emploi local demanderait, selon des informations de nos collègues du Tijd, de lourds investissements publics. À ne pas exclure, le risque éventuel que l’usine d’Anvers soit démantelée, envoyée par morceaux vers l’Asie et le terrain vendu. L

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