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Pas question de spéculer en achetant une Ferrari!

©Ferrari

Un client, déçu de ne pas avoir reçu la Ferrari qu’il avait commandée, attaque un concessionnaire et Ferrari devant le tribunal de commerce francophone de Bruxelles en dénonçant la perte de la chance d’avoir pu investir. Il réclame plus de 700.000 euros à ce titre!

L’affaire, tout le monde en conviendra, n’est pas banale. En 2014, Ferrari, qui s’apprête à commercialiser la Ferrari F12 tdf (310.000 euros prix catalogue) demande à ses concessionnaires de sonder leurs marchés respectifs. En Belgique, la pêche est plutôt bonne puisque dix contrats de précommande sont passés. In fine, le constructeur ne fabriquera cette voiture qu’à 799 exemplaires qu’il répartira sur ses différents marchés dans le monde. Trois exemplaires seront réservés à la Belgique.

On l’aura compris, sept personnes, qui avaient précommandé la voiture, restent sur le carreau. Le concessionnaire Ginion (distributeur de Ferrari en Belgique et au Grand-Duché) rembourse l’acompte de 30.000 euros versé par les sept malheureux candidats non retenus et chacun rentre chez soi. Sauf un client qui estime que cette vente non réalisée lui a fait perdre une chance de revendre le véhicule plus tard et d’empocher un beau bénéfice au passage. Il faut dire que ce genre de voiture d’exception, produite en série limitée, prend rapidement de la valeur.

Vendue 310.000 euros, la Ferrari F12 tdf se revend 1 million d’euros aux enchères.

Au cours d’une audience qui s’est tenue hier, François Beghin, le conseil du client, a passé en revue quelques récentes ventes aux enchères du même modèle et le prix moyen obtenu est proche du million d’euros. Le conseil estime que son client a perdu une chance de spéculer et qu’il faut donc le dédommager en conséquence. Pour effectuer le calcul du dommage, l’avocat a fait la différence entre le prix d’achat catalogue et le prix moyen auquel la voiture se vend aujourd’hui aux enchères; soit un peu plus de 700.000 euros de dommage.

On s’en doute, le concessionnaire, qui se trouve un peu entre le marteau (le client) et l’enclume (Ferrari) ne l’entend pas de cette oreille. Au cours de l’audience, Olivier Verschaeve, l’avocat de Ginion, a rappelé que Ferrari ne tolérait pas la spéculation ou, à tout le moins, ne jouait pas à ce jeu-là. Il a également tenu à relativiser la hauteur du dommage réclamé, plaidant qu’on ne connaît pas l’état dans lequel la Ferrari en question aurait été vendue. "On ne sait pas quelle utilisation il en aurait fait. Il aurait pu la crasher contre un arbre en sortant de son garage", a-t-il plaidé, avant de préciser que s’il devait y avoir un dommage, il était avant tout moral et/ou d’agrément. L’affaire a été prise en délibéré.

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