Près de 8 millions d'euros détournés par Carlos Ghosn via Nissan et Mitsubishi

©EPA

Nissan et Mitsubishi veulent récupérer la somme de près de 8 millions d'euros qui aurait, selon une enquête interne des deux entreprises, été indûment versée à Carlos Ghosn par leur filiale établie aux Pays-Bas. L'ancien patron des deux constructeurs reste en prison et de nouvelles accusations pourraient alourdir sa peine.

Nissan et Mitsubishi réclament leur dû. Ils ont divulgué une partie du montant que leur ancien patron est suspecté d'avoir détourné. Carlos Ghosn a, selon Nissan et Mitsubishi, indûment reçu une rémunération de 7,8 millions d'euros par la structure conjointe aux deux constructeurs automobiles aux Pays-Bas, la société Nissan Mitsubishi BV. Les deux autres directeurs de cette société de droit néerlandais n'avaient pas été avertis de cette transaction par Carlos Ghosn, toujours selon l'enquête menée par les deux entreprises japonaises.

Nissan et Mitsubishi ont ajouté qu'ils envisageaient de porter plainte au civil contre l'ancien homme fort des deux groupes pour tenter d'obtenir auprès de ce dernier des indemnités à l'égard de cette rémunération abusive.

Bientôt de nouvelles accusations

L'homme d'affaires franco-libano-brésilien, qui se dit "faussement accusé", séjourne en prison depuis le 19 novembre. La justice japonaise refuse toujours de le libérer sous caution. Carlos Ghosn, qui a déjà subi trois inculpations pour avoir caché ses revenus sur deux périodes différentes et transféré de pertes personnelles dans les comptes de Nissan, reste donc derrière les barreaux jusqu'au mois le 10 mars prochain.

Les avocats du patron rejettent toutes ces accusations. Mais de nouveaux reproches pourraient rallonger la liste des poursuites. Nissan songerait en effet à porter une autre plainte au civil, cette fois pour abus de biens sociaux. Cette plainte vise l'utilisation des fonds de l'entreprise pour payer les résidences mises à la disposition de Carlos Ghosn, pour ses dons à des universités et pour des versements à un homme d'affaires saoudien soupçonné d'avoir aidé le dirigeant à s'extraire de ses difficultés financières, a expliqué une source proche du dossier à l'agence Reuters.

Ces éléments ne sont pour le moment pas inclus dans les motifs de poursuites invoqués par les procureurs. Mais un nouveau mandat d'arrêt n'est pas exclu s'ils devaient réunir suffisamment de preuves. Le procès, lui, n'interviendra pas avant plusieurs mois. Le magnat de l'automobile risque en théorie jusqu'à 15 ans de prison.

Renault garde la forme en attendant un nouveau patron 

Du côté de l'Alliance Renault-Nissan, le constructeur français, son dernier soutien, qui avait dans un premier temps argué de la présomption d'innocence, s'est résolu à lui chercher un successeur, à la suite d'un appel de l'Etat français en faveur d'une nouvelle gouvernance. Un conseil d'administration devrait porter dans les prochains jours le coup de grâce au capitaine d'industrie, déjà révoqué de la présidence de Nissan et de Mitsubishi Motors.

En attendant, Renault a établi un nouveau record de ventes en 2018, confortant de justesse sa place de numéro un français de la voiture à travers le monde. 

+3,2%
La hausse des ventes de Renault en 2018
Renault a fait état d'une hausse de 3,2% de ses ventes mondiales en 2018 au record de 3,88 millions de véhicules, restant de justesse le premier constructeur automobile français dans le monde pour la troisième année d'affilée. Le groupe au losange a vendu l'an dernier 6.530 véhicules de plus que son compatriote PSA.

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