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analyse

PSA - Fiat Chrysler, un mariage de (bonnes) raisons

©AFP

Les deux constructeurs automobiles ont annoncé leur fusion. Le nouvel ensemble devrait être fin prêt d’ici mars 2021 et pèsera 170 milliards de chiffre d’affaires et sera n°4 mondial. Il aura davantage de moyens pour investir dans les technologies liées à la mobilité durable.

Le secteur de la construction automobile va se concentrer encore un peu plus à l’échelle mondiale, suite au mariage annoncé ce mercredi par le groupe français PSA et l’italo-américain Fiat-Chrysler (FCA). Leur fusion se fera entre égaux. Les détails du rapprochement en dix questions…

1/ Quelle place occupera le nouveau groupe sur l’échiquier mondial?

PSA et FCA formeront le 4e constructeur automobile, derrière l’allemand Volkswagen, le groupe franco-japonais Renault-Nissan-Mitsubishi et le japonais Toyota. Ce classement est établi sur la base du nombre de véhicules vendus par an: les futurs mariés affichent des ventes annuelles de 8,7 millions de véhicules.

2/ Combien vaudra-t-il et que représentera-t-il?

Le nouvel ensemble vaudra 47 milliards de dollars, sur base de la capitalisation actuelle de ses deux composantes en bourse. Il emploiera plus de 400.000 salariés et réalisera un chiffre d’affaires proche des 170 milliards d’euros. Il commercialisera douze marques de voitures: Fiat, Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot et Vauxhall.

Notre fusion est une formidable opportunité de prendre une position plus forte dans l’industrie auto.
Carlos Tavares
Patron de PSA

3/ Quels seront ses principaux actionnaires?

Le capital de la nouvelle entité sera partagé à parité entre les actionnaires actuels des deux sociétés. Aujourd’hui, les principaux actionnaires de PSA sont la famille Peugeot, l’État français via Bpifrance et le constructeur chinois Dongfeng, avec chacun une douzaine de pourcent: après la fusion, Peugeot détiendra 6,1% du nouvel ensemble et Bipfrance, 6,2%, tandis que Dongfeng n’en possédera que 4,5% car il va céder entre-temps un bloc de 30,7 millions d’actions à PSA. Exor, le holding de la famille fondatrice Agnelli, est actuellement l’actionnaire majoritaire de FCA: il détiendra 14% du futur groupe. Ces quatre actionnaires se sont d’ores et déjà engagés à ne pas accroître leur participation durant 7 ans après la fusion, sauf Peugeot qui aura le droit d’augmenter sa part de 2,5%.

4/ Qui va le diriger?

L’accord de mariage prévoit que le nouveau groupe sera dirigé par Carlos Tavares, l’actuel président du directoire de PSA, et présidé par John Elkann, le président du conseil de FCA. Le nouveau conseil d’administration comptera cinq membres nommés par FCA, cinq autres nommés par PSA, ainsi que le CEO Carlos Tavares. Le siège du groupe sera établi aux Pays-Bas. L’action sera cotée sur les Bourses de Paris, Milan et New York.

5/ Combien de synergies la fusion permettra-t-elle de réaliser?

En année pleine, la combinaison doit permettre de réaliser pour 3,7 milliards d’euros de synergies, ce qui renforcera d’autant ses capacités d’investissement. Les économies liées aux technologies, aux produits et aux plateformes représenteront 40% de ces synergies. Les économies sur les achats généreront 40 autres pourcent. Le solde proviendra de diverses sources: frais généraux, logistique, marketing, informatique.

La combinaison doit permettre de réaliser pour 3,7 milliards d’euros de synergies, ce qui renforcera d’autant ses capacités d’investissement.

6/ Quels défis technologiques le nouvel ensemble pourra-t-il mieux relever?

Face au "challenge" de la décarbonisation, le secteur est en train de basculer vers une mobilité plus durable. À deux, PSA et FCA seront plus à même d’investir dans les technologies à faible émission de CO2, notamment les véhicules électriques. Ils devraient aussi investir dans les voitures autonomes. "Notre fusion est une formidable opportunité de prendre une position plus forte dans l’industrie automobile, alors que nous cherchons à maîtriser la transition vers une mobilité propre, sûre et durable", a déclaré Carlos Tavares selon l’AFP. Comme pour confirmer la tendance de fond, PSA et son partenaire Saft (groupe Total) ont annoncé hier la construction d’une usine de batteries électriques près de Lens, dans le nord de la France.

©Marijn De Reuse

7/ Quels défis commerciaux le nouvel ensemble pourra-t-il mieux relever?

PSA devrait bénéficier des positions acquises par FCA en Amérique du Nord et en Amérique latine pour y renforcer sa présence, tandis que FCA pourra s’appuyer sur la position plus solide de PSA en Europe.

8/ Quel(s) défi(s) restera-t-il ensuite à relever?

Les deux partenaires resteront modestes sur le marché chinois après leur mariage. Ce marché reste pourtant le premier au monde en nombre de véhicules vendus…

9/ Quel impact la fusion aura-t-elle sur l’organisation actuelle? Sur l’emploi notamment?

Les dirigeants des deux groupes l’ont affirmé mercredi: la fusion n’entraînera pas de fermeture d’usine. On notera aussi que l’État français (actionnaire) a émis des conditions à la publication des bans. Il a entre autres demandé que "l’empreinte industrielle" du groupe soit préservée en France. Les syndicats italiens ont par ailleurs relevé qu’il y aurait deux représentants des salariés au conseil d’administration: un autre point jugé socialement rassurant.

10/ Quand le nouveau groupe sera-t-il en ordre de marche?

La fusion sera effective dans un délai de 12 à 15 mois, selon les dirigeants des deux groupes. Soit d’ici le printemps 2021. Ils semblent ne pas craindre de difficultés du côté des autorités de la concurrence, ni sur le front géopolitique en dépit des tensions commerciales toujours fortes entre les Etats-Unis et la Chine. 

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