PSA veut licencier 96 personnes en Belgique

Carlos Tavares, CEO de PSA ©Bloomberg

Peugeot Citroën Belgique veut se séparer de 96 personnes sur 250. Une procédure Renault a été enclenchée. Côté syndical, la nouvelle est dure à encaisser, mais on affûte déjà les armes pour agir en front commun.

Un conseil d’entreprise extraordinaire se tenait chez PSA Peugeot Citroën Belux ce mercredi après-midi. Et c’est avec les pieds de plomb que sont ressortis les représentants du personnel de la réunion. L’annonce est lourde. Une procédure Renault est enclenchée au sein de l’entreprise.

Dans le plan présenté, 36% des travailleurs perdront leur emploi. Des réductions d’effectifs qui s’inscrivent dans la stratégie du groupe, qui a déjà annoncé des plans de suppression d’emplois en Allemagne et en Pologne. Outre-Rhin, 150 personnes sur 427 devraient ainsi perdre leur emploi.

Stratégie du groupe

Ces réductions d’emplois s’inscrivent dans la stratégie du patron de PSA, Carlos Tavares, visant à fusionner le back-office, les finances et autres services des deux enseignes.
Les deux sociétés s’étaient donc rapprochées en 2012 sur un nouveau site à Braine-l’Alleud. Peugeot quittant ainsi son siège de Nivelles et Citroën son emblématique siège place de l’Yser à Bruxelles.

Les syndicalistes l’annoncent déjà. Ils feront front commun pour tenter d’atténuer un plan qui les choque, surtout en raison des dernières dispositions du gouvernement sur le chômage et les fins de carrière.

"Un travailleur qui a donné 40 ans de sa vie à la société va devoir se mettre à rechercher du travail, imaginez-vous", nous dit un syndicaliste qui va devoir maintenant aller expliquer les différentes phases de la "loi Renault" en cas de licenciement collectif aux travailleurs.

Des syndicalistes étonnamment discrets hier, car ils auraient aimé pouvoir apprendre eux-mêmes aux travailleurs la mauvaise nouvelle avant que celle-ci ne fuite en cours de soirée.

La direction elle-même était d’ailleurs avare en commentaires hier en journée, espérant garder la main sur la communication de crise. La directrice générale Benelux, Virginie Jacquot, devrait communiquer aujourd’hui à 9 heures et donner des explications au personnel.

Plein de questions

Chez les concessionnaires et agents du réseau de distribution, les questions fusaient déjà en journée, car nombreux savaient que quelque chose se tramait. Dans les garages, on se demande en effet comment ce nouveau plan impactera le réseau. Quid de ceux qui ne voudront pas s’adapter à la nouvelle stratégie et à la nouvelle dynamique?

Autant de question auxquelles toute la famille Peugeot Citroën de Belgique attend des réponses. 

Reste à voir également, comment licencier 96 personnes en pratique, tout en gardant la même efficacité au niveau du groupe… En Allemagne, les travailleurs ont ainsi dénoncé des licenciements décidés sans avoir une idée précise de comment on pourra gérer la suite. 

Peugeot Citroën, qui retrouve des couleurs en Europe, avait fait des économies de coûts une partie importante de son plan de relance.

Et depuis, le business reprend du poil de la bête, en ce qui concerne les véhicules Peugeot du moins. Ainsi, dans les cross-overs, Peugeot rencontre du succès avec le 2008, écoulé à 236.000 exemplaires sur le continent en un an et demi. Pas suffisamment pour en finir avec le plan de réduction des coûts, apparemment.

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