Quel avenir pour le leasing?

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Plusieurs petites entreprises se lancent sur le marché belge du leasing, aujourd’hui en plein boom. Mais les problèmes de mobilité placent le secteur face à de grands défis.

L’année 2017 fut particulièrement faste pour le marché belge du leasing. Les entreprises ayant recours au leasing opérationnel (c’est-à-dire qui sont propriétaires des véhicules), financent aujourd’hui plus de 375.000 véhicules, soit 8% de plus qu’en 2016. Le secteur du leasing se développe plus vite que le marché automobile dans son ensemble, qui a connu l’an dernier une croissance de 1,3%.

"Le marché se porte bien et reste rentable", explique Miel Horsten, CEO du leader du marché, ALD Automotive Belgique. En 2016, les acteurs de premier plan comme LeasePlan et Arval affichaient chacun un bénéfice d’exploitation de près de 35 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de plus de 300 millions d’euros.

"Nous devons également proposer des marques françaises et allemandes aux clients, sinon notre offre est trop limitée."
Danny Meulenberghs
Leasys

Le marché a pu profiter de contrats de leasing rentables et d’une valeur de revente intéressante des voitures dont le contrat était arrivé à échéance sur le marché de l’occasion. Cette excellente rentabilité attire de nouveaux acteurs en Belgique. D’après son directeur Karel Vall, la firme néerlandaise Terberg Leasing proposera ses services en Belgique dès le 1er février prochain. FCA Bank, la coentreprise du constructeur FCA (Fiat, Chrysler) et de la banque française Crédit Agricole, a lancé en novembre sa nouvelle branche de leasing, Leasys. Avec Free2Move Lease, le constructeur PSA (Peugeot-Citroën) souhaite renforcer sa position sur le marché du leasing.

En Belgique, 54% des voitures en leasing sont des voitures haut de gamme, des marques Audi, BMW, Mercedes ou Volvo. "Nous devons également proposer des marques françaises et allemandes aux clients, sinon notre offre est trop limitée", explique Danny Meulenberghs de Leasys. Le secteur très rentable du leasing doit en tout cas faire face à de nombreux défis:

1. Y a-t-il encore de la place pour de nouvelles sociétés de leasing?

Le marché belge du leasing est déjà passablement encombré. Les cinq grands acteurs, en partie aux mains de puissantes banques, détiennent déjà 70% du marché. Ces dernières années, plusieurs constructeurs automobiles se sont aussi lancés dans le leasing.

Avec l’émergence de nouveaux concepts – comme les voitures partagées et les voitures sans chauffeurs – et de nouveaux concurrents – comme Tesla et Google – les constructeurs traditionnels recherchent de nouvelles manières d’augmenter leur rentabilité. Alors que les particuliers gardent généralement leur voiture plus de dix ans, les contrats de leasing se terminent après trois à cinq ans, ce qui permet aux constructeurs d’écouler de nombreuses voitures de leasing.

2. Qui aura encore recours au leasing?

Les sociétés belges disposant d’une flotte importante – comme les consultants et le secteur pharmaceutique – sont aujourd’hui engagés dans des contrats de leasing à long terme. Où se situe le potentiel pour de nouveaux entrants? Leasys croit dur comme fer dans le marché des PME, entre autres avec les fourgonnettes de Fiat.

Avec sa marque Justlease.be, la société néerlandaise Terberg Leasing mise sur le marché émergent du leasing privé, où les particuliers peuvent disposer d’un véhicule moyennant un montant fixe mensuel. Des chaînes comme Carrefour (Direct Lease) et Mediamarkt (LeasePlan) font déjà des offres promotionnelles. Aujourd’hui, le marché belge du "private lease" est très limité, avec près de 10.000 voitures. Aux Pays-Bas, ce marché est dix fois plus important, ce qui explique l’intérêt de nos voisins du nord pour ce marché.

3. Qui roulera encore en voiture?

Suite au nombre croissant d’embouteillages, les travailleurs se tournent de plus en plus vers des solutions alternatives. Le gouvernement fédéral planche notamment sur une réglementation permettant aux travailleurs d’échanger leur voiture de société contre du cash. D’après Horsten, le marché du leasing a connu un dernier trimestre 2017 assez difficile à cause des incertitudes sur ce projet de loi.

Malgré tout, il ne s’attend pas à ce que l’intérêt pour le leasing baisse rapidement. "Dans nos enquêtes, nous constatons que la demande de cash-for-car est limitée car les travailleurs n’ont pas de solution alternative à la voiture." Plusieurs sociétés de leasing continuent à miser sur d’autres solutions comme des vélos. Par exemple, KBC Autolease détient déjà 1.600 vélos en leasing dans son portefeuille. C’est tout de même assez maigre comparé aux 46.000 voitures en leasing.

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