Renault confirme son intérêt pour Fiat, mais...

©AFP

Le conseil d'administration de Renault qui devait statuer sur la proposition de FCA se prolonge ce mercredi. Même si l'Etat français soutient le projet, tout n'est pas simple.

C’est peu de dire que le conseil d’administration de Renault qui se tenait ce mardi après-midi était important, puisque les administrateurs du groupe automobile devaient se prononcer sur le projet de fusion proposé par Fiat Chrysler Automobiles (FCA). Le conseil a finalement été ajourné mardi en début de soirée et reprendra mercredi, preuve que les discussions n’étaient pas simples.

7,5%
La participation de l'Etat sera ramenée de 15% dans Renault à 7,5% au sein du nouveau groupe
La participation de l'Etat sera ramenée de 15% dans Renault à 7,5% au sein du nouveau groupe

Mais même si l’Etat français qui détient 15% de Renault a dit tout le bien qu’il pensait du projet, ce n’est pas gagné pour autant. En cas d’issue favorable, le conseil devrait lancer les négociations pour créer le troisième groupe automobile mondial derrière Toyota et Volkswagen.

Jusqu’à ce mardi matin encore, l’Etat français et Fiat négociaient fermement. Notamment sur la question de la représentation de la France au sein des organes de décisions du nouveau groupe.

Pour l'Etat français, pas question que Renault passe sous pavillon italien

Dans le nouveau groupe qui sera chapeauté par une holding détenue à 50-50 par les actionnaires actuels des deux constructeurs, la participation de l'Etat français sera réduite à 7,5%. En face, la famille Agnelli détient 29% de Fiat. Elle se retrouvera donc avec 14,5% du nouveau groupe dont elle sera le premier actionnaire. Pour la France, pas question que Renault passe sous pavillon italien.

L'Etat français insistait pour avoir son propre siègeau sein du conseil d'administration de l'éventuelle nouvelle entité ainsi qu'un droit de veto sur le choix des dirigeants.

Mais, selon des sources, à l'issue de discussions avec John Elkann, président de FCA, le gouvernement a accepté un compromis selon lequel il occuperait l'un des quatre sièges alloués à Renault, FCA en disposant pour sa part de quatre.

L’Etat occupera un des deux sièges de Renault au sein d'un comité de nominations. Il aura son mot à dire sur le choix du successeur de Jean-Dominique Senard, aujourd'hui âgé de 66 ans et préssenti pour prendre la durection du nouveau groupe sous la présidence d’Elkann.

Un dividende exceptionnel? 

C’est un premier écueil évité. Pressé par les analystes financiers, Renault devait encore tenter d’obtenir un dividende exceptionnel pour ses actionnaires. Il est en outre question de garanties pour l’emploi et l’obtention du siège opérationnel à Boulogne alors que le siège social de la holding sera localisé à Amsterdam.

Mais Renault doit encore composer avec son partenaire japonais Nissan. Le groupe français en détient 43% et Nissan contrôle 15% de Renault. Mais depuis le scandale Ghosn et les malversation imputées à l’ancien patron de Renault, les relations entre Nissan et Renault sont plutôt froide et les Japonais ne seraient pas contre reprendre leur autonomie. Les administrateurs de Nissan au sein de Renault étaient censés s'abstenir lors du vote sur le projet de fusion. 

11 millions d'euros de dépenses supectes de Ghosn

Renault envisage des poursuites contre son ancien patron emblématique Carlos Ghosn après avoir révélé mardi soir qu'il avait engagé 11 millions d'euros de "dépenses suspectes" au sein d'une filiale commune avec Nissan basée aux Pays-Bas.

Le constructeur français finit ainsi le ménage dans ses comptes et clôt définitivement un chapitre qui a empoisonné durant plusieurs mois ses relations avec l'allié japonais Nissan, à l'origine des révélations qui ont conduit à l'arrestation de Ghosn au Japon le 19 novembre dernier.

L'audit interne, mené conjointement depuis des mois par Renault et Nissan au sein de leur filiale néerlandaise RNBV, a identifié 11 millions d'euros de dépenses suspectes qui engagent la responsabilité de Carlos Ghosn, patron déchu, mis en examen au Japon pour des malversations présumées.

"Ces conclusions ont confirmé des déficiences au sein de RNBV au plan de la transparence financière et des procédures de contrôle des dépenses, qui avaient déjà été relevées par les auditeurs dans leurs conclusions intermédiaires de début avril", ont expliqué les administrateurs dans un communiqué.

Les 11 millions d'euros recouvrent des "surcoûts de déplacement de M. Ghosn par avion", qui pourraient être des trajets personnels en jet privé, "certaines dépenses engagées par M. Ghosn" et "des dons ayant bénéficié à des organismes à but non lucratif", ont-ils précisé.

"Sur la base de ces constats, le conseil d'administration a décidé (...) de demander aux représentants de Renault de se rapprocher de leurs homologues de Nissan dans les instances de gouvernance de RNBV en vue de la mise en oeuvre des actions judiciaires disponibles aux Pays-Bas."

De son côté, le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire a assuré que "l'Etat déposera tous ces éléments à la justice et il y aura une plainte. Elle sera instruite et la justice tranchera". "Quand l'Etat est actionnaire de référence d'une entreprise (...) et bien son rôle est de s'assurer que sa gouvernance fonctionne bien", a-t-il déclaré.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect