Renault convoque son conseil jeudi pour tourner la page Ghosn

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Un conseil d'administration a été convoqué chez Renault ce jeudi. A l'ordre du jour, la succession de son patron Carlos Ghosn, emprisonné au Japon et résolu à démissionner de ses fonctions chez le constructeur français.

Bruno Le Maire, le ministre français l'Economie, a confirmé ce mardi soir la tenue d'une réunion du conseil d'administration de Renault . Elle aura lieu ce jeudi à 10 heures et devrait quelque peu apaiser les tensions avec Nissan deux mois après l'arrestation au Japon du patron de l'alliance, Carlos Ghosn.   

Jean-Dominique Senard, le président de Michelin est pressenti pour rejoindre le constructeur automobile. ©REUTERS

Le conseil d'administration, qui se réunira à partir de 10h00, va réfléchir à la désignation de Jean-Dominique Senard, actuel président de Michelin, à la présidence et à la promotion de Thierry Bolloré, actuel directeur général adjoint, au poste de directeur général, selon trois sources qui se sont confiées à l'agence Reuters. Ces noms ont, comme attendu, été proposés par le comité des nominations du constructeur automobile français. Sans confirmer explicitement ces informations, Bruno Le Maire, qui se contentait jusqu'ici de saluer sur les ondes de BFM les qualités du président de Michelin, a plus clairement affiché son soutien en déclarant que "Jean-Dominique Senard ferait un excellent président de Renault".

Il s'est également prononcé en faveur d'une gouvernance bicéphale, précisant que l'Etat actionnaire était "favorable à la dissociation des missions de président et de directeur général", le premier s'occupant de la stratégie de long terme et le second du fonctionnement de l'entreprise au jour le jour.

Une alliance à reconstruire 

Avec ces nominations, le constructeur français va officiellement tourner la page de deux décennies qui auront vu Carlos Ghosn superviser le sauvetage de Nissan par Renault en 1999 puis porter cette alliance au sommet du secteur automobile mondial par les ventes. Nissan a pour sa part évincé Carlos Ghosn trois jours seulement après son arrestation pour des soupçons de malversations financières. L'homme fort de la première alliance automobile mondiale a depuis été inculpé de trois chefs pour avoir minimisé sa rémunération pendant huit ans, pour un total de plus de 80 millions de dollars (70,5 millions d'euros), et transféré temporairement dans les comptes de Nissan des pertes personnelles.

Cette saga judiciaire a ébranlé l'alliance entre Renault et Nissan alors que le constructeur français est le premier actionnaire de son partenaire japonais avec 43,4% du capital. Ce dernier ne possède qu'une participation de 15% sans droit de vote chez son allié. Une fois réglée la succession de Carlos Ghosn, les autorités françaises semblent vouloir travailler à la consolidation de l'alliance entre Renault et Nissan via une nouvelle structure. Carlos Ghosn était censé mener cette réflexion conformément au mandat qui lui avait été confié l'an dernier lors du renouvellement de son contrat à la tête du groupe au losange. 

Ces projets suscitent toutefois la méfiance de Nissan. Hiroto Saikawa, directeur général du constructeur japonais, a déclaré la semaine dernière que l'évolution de la structure de l'alliance n'était "vraiment pas la priorité actuelle" malgré l'impatience de certains actionnaires face à la sous-valorisation de leur investissement. ( 

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