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analyse

Renault enclenche la relocalisation du véhicule électrique

Emmanuel Macron lors de sa visite à Douai avec le CEO de Renault, Luca de Meo. ©Photo News

Renault fait la part belle au nord de la France dans le déploiement de son écosystème industriel autour du véhicule électrique.

Renault a été un des premiers à croire dans le véhicule électrique il y a 10 ans (avec son cousin japonais Nissan). De nombreuses marques s’engouffrent aujourd'hui dans cette transition à coups de milliards, Volkswagen en tête. Renault se devait d’afficher des ambitions à l'occasion de son "eWays".

90%
de véhicules purement électriques
Renault se fixe comme objectif que 9 véhicules sur 10 vendus en Europe en 2030 seront purement électriques. 65% de ses ventes doivent être électrifiées (hybrides y compris) en 2025.

Pas de fin du moteur à combustion annoncée ce mercredi cependant, mais un objectif ambitieux de ventes en Europe à 65% pour les véhicules électrifiés (avec les hybrides) dès 2025 et à 90% de purement électriques dès 2030.

Volkswagen a indiqué que la fin de la vente de véhicules thermiques en Europe serait pour 2033-2035. Ford ne veut plus vendre de véhicules thermiques pour particuliers en Europe dès 2030.

Dans le Premium, des marques comme Jaguar (2025) Audi (2033 à l'exception de la Chine) et Volvo (2030) ont communiqué des dates de fin de production des véhicules thermiques.

Qu'à cela ne tienne, Renault a de beaux arguments à faire valoir et va mettre sur pied une chaîne entière de la voiture électrique dans le nord de la France. Trois usines (Douai, Ruitz et Maubeuge) vont ainsi produire des voitures électriques, de quoi produire quelque 400.000 véhicules électriques par an. Soit l'équivalent de la production de véhicules électriques de Renault sur les 10 dernières années. "Nous avons investi 5 milliards d'euros en 10 ans dans l'électrification et nous allons investir 10 milliards en plus dans les 5 prochaines années", a détaillé Luca de Meo, le patron de Renault.

Un million de moteurs

Il explique que 700 emplois seront créés en plus des 5.000 existants dans les trois usines d'assemblage. Dans le même temps, l'usine de Cléon va booster sa production de moteurs électriques pour la porter à un million par an. Pour rappel, Renault a misé sur les moteurs électriques sans aimant ni terres rares, un choix qui avec le recul paraît des plus judicieux.

Annoncée en grande pompe avec la visite présidentielle d'Emmanuel Macron, une nouvelle usine de production de cellules de batteries va être construite à Douai en partenariat avec le groupe chinois Envision AESC. Sa capacité sera de 9 GWh en 2024 a pour objectif d'atteindre 24 GWh en 2030. L'usine devrait créer 1.000 emplois.

"Nous avons divisé par deux le prix des batteries et nous le ferons encore dans les 10 prochaines années."
Luca de Meo
CEO du groupe Renault

Renault entend mettre le paquet sur les batteries. "Nous avons divisé par deux le prix des batteries et nous le ferons à nouveau dans les 10 prochaines années", a insisté Luca de Meo. La stratégie de Renault consistera à développer deux types de batteries, une la plus abordable possible pour les plus petits véhicules comme la Zoé ou la Renault 5 et une autre avec de meilleures performances.

Pour diminuer le prix des batteries, Renault compte aussi sur la valeur qui pourra être créée autour de celle-ci. Clotilde Delbos, la N°2 de Renault, détaille ainsi que la technologique "Vehicule To Grid" ou "V2G" qui permet aux batteries de redonner de l'énergie au réseau en cas de besoin "passera à grande échelle dès 2024".

Elle rappelle qu'une batterie électrique d'une voiture en fin de vie possède encore deux tiers de ses capacités qui sont utilisables pour d'autres applications de stockage. Ceci lui confère une valeur de 500 euros. Les coûts annuels peuvent ainsi diminuer de 1%. Enfin, le recyclage d'une batterie coûte aujourd'hui plus de 1.000 euros et pourrait coûter trois fois moins cher d'ici 2030 grâce aux métaux récupérés. "On se protège de la sorte du manque de fiabilité de la chaîne d’approvisionnement mondiale", dit de Meo.

Rappelons que sur ce dernier point, Renault s'est associée à Solvay et Veolia. Son usine de Flins va devenir une usine spécialisée sur le repackaging/recyclage.

Le résumé

  • Pas de fin du véhicule thermique annoncé par Renault, mais un objectif de 90% de ventes de véhicules électriques pour 2030.
  • De nombreux sites français sont reconvertis pour créer un écosystème autour de la voiture électrique en France.
  • À Douai, une gigafactory va voir le jour. Renault veut maîtriser toute la chaîne de valeur des batteries et privilégier une économie circulaire.

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