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Renault initie une alliance logicielle de la mobilité

"Je rêve de piloter Renault pour qu’elle devienne une boîte tech qui intègre des véhicules et pas le contraire", a indiqué Luca de Meo. ©AFP

Dassault Systèmes, Atos, STMicroelectronics, Thales et Renault lancent la "Software République" pour garantir la "souveraineté" logicielle européenne dans la mobilité.

Faire du logiciel un pilier des affaires de Renault, c'était l'une des annonces importantes lors de la présentation de la nouvelle stratégie de Renault sous l'ère Luca de Meo, elle prend aujourd'hui corps. Renault impulse une alliance européenne technologique baptisée "Software république".

Cet écosystème en devenir compte déjà 5 membres et non des moindres: Atos, Dassault Systèmes, Groupe Renault, STMicroelectronics et Thales. Dès septembre, des ingénieurs et équipes de ces différentes sociétés se retrouveront sur le plateau de Saclay (si la pandémie le permet) à 20 kilomètres au sud de Paris pour développer des solutions de mobilité intégrées de demain. "On parle en milliers d'ingénieurs plutôt qu'en dizaines", a assuré de Meo.

"C'est un enjeu de souveraineté important pour créer de la valeur et des emplois."
Luca de Meo
CEO du groupe Renault

L'enjeu est de taille, il s'agit de développer des systèmes logiciels de mobilité complets, afin que la valeur générée par cette mobilité de demain reste en Europe. "C'est un enjeu de souveraineté important pour créer de la valeur et des emplois", a insisté Luca de Meo, le CEO du groupe Renault. "Notre QG sera le plateau de Saclay. Il faut imaginer comme une espèce de laboratoire géant en plein air avec des labos. On a libéré une partie de notre centre d’ingénierie pour ce projet", détaille-t-il.

Cette "Software République" se veut ouverte et appelle de nouveaux parrenaires de ses vœux, de la start-up à l'acteur plus établi. "Nous avons tout ce qu'il faut en Europe pour créer cette mobilité intelligente", a pointé Elie Girard, CEO d'Atos. "Nous voulons être maîtres de notre destin. Nous mettons donc ensemble des savoir-faire du meilleur niveau mondial", a abondé Patrice Caine, PDG de Thales.

"Nous avons tout ce qu'il faut en Europe pour créer cette mobilité intelligente."
Elie Girard
CEO d'Atos

Pour l'instant, il n'y a pas encore de véritable structure économique autour de cette initiative, qui consiste surtout en une volonté de rechercher des nouveaux business ensemble. "On devra faire les calculs en fonction des projets. Il faudra trouver un modèle de gouvernance agile", indique Luca de Meo.

Ce dernier aimerait par exemple pouvoir arriver dans le futur chez un dirigeant d'une ville et lui proposer une solution complète pour améliorer la mobilité. "On devrait être capable de lui dire par exemple qu'en 6 mois, on peut faire le mapping de tout, diminuer le CO2 de 20% et augmenter la fluidité de 15%", a-t-il détaillé.

"Notre expérience montre que la rentabilité de ces services de mobilité est très différente d'une ville à l'autre."
Luca de Meo
PDG de Renault

Les équipes des partenaires étudient actuellement différentes villes européennes. "Notre expérience montre que la rentabilité de ces services de mobilité est très différente d'une ville à l'autre", nous a répondu Luca de Meo, qui se dirigera donc d'abord vers les villes avec une rentabilité plus facilement accessible.

Plug and Charge

Si le projet n'en est qu'à ses débuts, il possède néanmoins déjà quelques développements concrets. La "Software République" travaille ainsi à une solution Plug and Charge qui doit permettre aux utilisateurs de recharger leurs voitures électriques directement sur les bornes en se branchant et sans aucune autre manipulation (carte ou autre).

La nouvelle alliance, qui a aussi la connectivité intelligente et sécurisée ainsi que l'optimisation de l'utilisation des données à l'agenda, veut mettre sur pied un fonds d'investissement pour "financer les start-ups les plus prometteuses et un incubateur pour héberger des start-ups dans le domaine des technologies pour la mobilité intelligente". Un "data challenge" pour inclure jeunes pousses et universités est donc au programme.

40%
des profits
Les technologies de nouvelle mobilité devraient générer 40% des profits de l'industrie d'ici 2035, selon le Boston Consulting Group.

L'enjeu est de taille. Renault cite le Boston Consulting Group qui indique que 40% des profits de l'industrie en 2035 proviendront des technologies de nouvelle mobilité.

Le résumé

  • Atos, Dassault Systèmes, Groupe Renault, STMicroelectronics et Thales s’unissent pour créer la "Software République".
  • Cet écosystème veut mettre l'Europe logicielle au cœur des solutions de mobilité de demain et se dit ouvert aux autres partenaires.
  • Une solution de recharge électrique sans aucune manipulation est à l'étude et un fonds pour start-ups sera mis sur pied.
  • Connectivité intelligente et sécurisée ainsi que l'optimisation de l'utilisation des données sont aussi à l'agenda.

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