Renault veut annuler la retraite et le salaire variable de Ghosn, qui démissionne

Carlos Ghosn ©REUTERS

Le conseil d'administration de Renault a décidé de supprimer la retraite annuelle et le salaire variable de 2018 de son ex-PDG Carlos Ghosn. Ce dernier a par ailleurs décidé de démissionner de son mandat d'administrateur.

La retraite annuelle de 770.000 euros et les 224.000 euros de salaire variable au titre de 2018 vont passer sous le nez de l'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn. C'est ce qu'a décidé le conseil d'administration de Renault qui s'est réuni ce mercredi.

Et ce n'est pas tout puisque le constructeur automobile avait déjà décidé en février de ne verser à Carlos Ghosn ni d'indemnité liée à sa clause de non-concurrence de deux ans, ni les actions qui lui avaient été attribuées de 2015 à 2018, le PDG n'ayant pu exercer ses fonctions à partir de novembre à cause de son arrestation au Japon sur des présomptions de malversations financières. L'homme a par ailleurs décidé de démissionner de son mandat d'administrateur. 

Ghosn a également annoncé une conférence de presse via un compte Twitter créé à cette occasion, au moment où, selon les médias, il est menacé de nouvelles poursuites par le parquet. "Je me tiens prêt à dire la vérité à propos de ce qui se passe. Conférence de presse jeudi 11 avril", a-t-il écrit dans un court message.

Une porte-parole a plus tard confirmé l'authenticité de ce compte certifié (@carlosghosn), qui a gagné en quelques heures plus de 23.000 abonnés. Elle a précisé qu'il était "administré par ses avocats japonais, ainsi que le prévoient les conditions de sa libération conditionnelle" lui interdisant tout accès à internet.

Depuis qu'il a été relâché le 6 mars, moyennant le paiement d'une caution, après plus de 100 jours de détention pour des malversations financières présumées, le Franco-Libanais-Brésilien de 65 ans ne s'est pas exprimé devant la presse, impatiente d'entendre sa version des faits. La chute brutale de ce patron naguère tout-puissant a fasciné la planète et fait vaciller l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors qu'il a hissée en 20 ans au premier rang mondial, et les questions sont nombreuses.

Ghosn nie toute malversation et dénonce "un complot" ourdi par Nissan pour faire échec à son projet d'intégration plus poussée du groupe avec Renault.

Actuellement assigné à résidence dans la capitale japonaise, Ghosn nie toute malversation. Lors d'un entretien accordé fin janvier à l'AFP dans la prison où il était détenu, il avait dénoncé "un complot" ourdi par Nissan pour faire échec à son projet d'intégration plus poussée du groupe avec Renault.

L'ex-grand patron fait l'objet de trois inculpations, dont deux pour avoir omis de déclarer une grande partie de ses revenus, sur la période cumulée 2010-2018, dans des documents de Nissan remis aux autorités boursières. Il est également poursuivi pour abus de confiance. Selon le parquet, il a tenté de faire couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008.

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