Publicité

Rolls-Royce dévoile la voiture neuve la plus chère de l'histoire

La "Boat Tail", le nouveau modèle de Rolls Royce, n'existe qu'en trois exemplaires. ©AFP

Vendue à 28 millions de dollars, la "Boat Tail", dernier modèle en date de Rolls Royce, détrône la célèbre "Voiture Noire" de Bugatti comme automobile neuve la plus chère.

Dire que Rolls-Royce ne connaît pas la crise serait un bel euphémisme. On pourrait bien souligner que le constructeur automobile a souffert au début de la pandémie, perdant l'an dernier 20 à 25% de volume de ventes. Mais il a depuis redémarré en trombe, semblant avoir retrouvé sa vitesse de croisière.

Preuve de sa santé retrouvée, Rolls-Royce a dévoilé jeudi un modèle destiné aux ultra-riches, la "Boat Tail". Baptisé en hommage au monde marin, avec ses courbes arrières qui rappellent celle d'un bateau (de luxe, toujours), ce véhicule sur mesure n'existe qu'en trois exemplaires et offre un niveau de luxe presque insolent.

Les pans de l'arrière de la nouvelle voiture se lèvent latéralement pour former comme une table abritée par un parasol. ©AFP

Jugez par vous-mêmes: les pans de l'arrière se lèvent latéralement pour former comme une table abritée par un parasol, afin de pouvoir déjeuner ou dîner en plein air depuis son véhicule, si l'envie prend à leurs très fortunés propriétaires. Mais pas avec n'importe quel service puisque l'on retrouve des couverts en argent gravés "Boat Tail" et signés Christofle. Et pas à n'importe quelle température non plus, un double petit frigo étant intégré à la machine pour savourer son champagne Armand de Brignac bien frais. Sous le capot, on retrouve un moteur V12 d'une puissance de 570 chevaux. Le luxe, oui, mais sous stéroïdes.

Le bar de la "Boat Tail" comprend de l'argenterie signée Christofle, un double petit frigo et un champagne Armand de Brignac. ©AFP

Nouveau record?

Au-delà de l'apparat, c'est surtout le prix de l'engin qui impressionne. Avec ses 28 millions de dollars (près de 23 millions d'euros), la "Boat Tail" rafle la place de la voiture neuve la plus chère à la "Voiture Noire" de Bugatti, vendue 18,7 millions de dollars, soit presque 10 millions de moins. Si Rolls-Royce reste relativement discret sur le prix de ses véhicules, la "Sweptail" de 2017 était jusqu'ici le modèle le plus cher du constructeur, avec ses 12,8 millions de dollars.

"La 'Sweptail' a attiré l'attention de quelques clients qui voulaient quelque chose de similaire, mais encore plus spectaculaire. "
Torsten Müller-Ötvös
CEO de Rolls-Royce

"Nous avons accepté ce projet il y a quatre ans. Pour nous, c'est le summum de toute notre activité chez Rolls-Royce", explique le CEO Torsten Müller-Ötvös, depuis le siège de la filiale de BMW à Goodwood, au sud de l'Angleterre.

"Les clients viennent vers nous avec en tête une idée, c'est exactement ce qui se passait il y a cent ans. Ce retour aux sources remonte à la "Sweptail" en 2017 quand nous avons lancé le premier projet de l'unité Coachbuild ("sur mesure", ndlr) des temps modernes. Ça a attiré l'attention de quelques clients qui voulaient quelque chose de similaire, mais encore plus spectaculaire. Nous avons l'intention de continuer et recommencer tous les deux ans", ajoute-t-il.

Les voitures de luxe ont la cote

Depuis le dernier trimestre 2020, le constructeur bénéficie d'un rebond et a enregistré le "meilleur trimestre de ses 116 ans" début 2021, avec une "forte demande" pour sa berline au plafond étoilé, la New Ghost, et son SUV de 2,6 tonnes, le Cullinan. "La production pour cette année est déjà totalement réservée. Le délai d'attente normal pour une Rolls-Royce est d'environ six mois", indique le CEO de la marque.

Les voitures de luxe s'arrachent comme des petits pains, comme si les super-riches souhaitaient retrouver la fièvre de l'avant-crise.

Si la pandémie a partout accru les inégalités, le patron du constructeur de ces voitures exclusives constate "qu'il y a beaucoup d'argent prêt à être dépensé". "C'est un contexte mondial prometteur et je pense que c'est le cas pour toute l'industrie du luxe."

Rolls-Royce n'est en effet pas le seul à profiter de l'engouement post-coronavirus. Les voitures de luxe s'arrachent comme des petits pains, comme si les super-riches souhaitaient retrouver la fièvre de l'avant-crise, "des clients qui ont compris qu'ils pouvaient mourir demain et que c'est maintenant qu'il faut profiter de la vie", dixit Torsten Müller-Ötvös.

Lamborghini, Ferrari et consorts

Chez Lamborghini, l'énorme SUV Urus (autour de 200.000 euros) a fait exploser les ventes depuis son lancement en 2018: 7.430 voitures ont été écoulées dans le monde en 2020, la marque du groupe Volkswagen améliorant son record de 2019.

Ferrari avait vu ses ventes reculer de 10% en 2020, avec 9.119 bolides vendus, mais le cheval s'est cabré à nouveau début 2021, avec des ventes tirées par la SF90 Stradale, sa première sportive hybride rechargeable, vendue un peu moins de 450.000 euros, et la Monza, sa biplace sans pare-brise estimée à 1,7 million d'euros. Ferrari a désormais un "carnet de commandes à un niveau record", a indiqué sa direction début mai. Dernière marque de luxe à ne pas proposer de SUV, elle espère passer la barre des 10.000 ventes avec son "Purosangue" prévu pour 2022.

La Ferrari SF90 Stradale est la première sportive hybride rechargeable, vendue à 450.000 euros. ©REUTERS

Au Royaume-Uni, Bentley (groupe Volskwagen) a affronté la crise en licenciant des milliers de salariés au début de la pandémie. Mais le constructeur a fini par remonter la pente et enregistrer, lui aussi, un record historique de ventes sur l'année avec plus de 11.000 véhicules écoulés. Des ventes dopées par le SUV Bentayga (un peu moins de 200.000 euros).

Si les marques de luxe ont surtout vu leurs ventes accélérer en Chine, où l'économie n'a pas été paralysée pendant des mois, comme dans le reste du monde.

Tout autant touchée en 2020, McLaren compte sur sa supercar hybride, l'Artura (230.000 euros) pour se relancer. Aston Martin, sauvée de la faillite début 2020, a vu, pour sa part, ses ventes remonter au premier trimestre 2021 avec son SUV DBX.

Si ces marques de luxe ont la cote en Europe et en Amérique du Nord, elles ont surtout vu leurs ventes accélérer en Chine, où l'économie n'a pas été paralysée pendant des mois, comme dans le reste du monde. "Avec de plus en plus de millionnaires et de milliardaires (chinois) chaque année, cette tendance devrait se maintenir", conclut Felipe Munoz, expert pour le cabinet Jato Dynamics.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés