Rouleriez-vous en "Kei car"?

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Pour les Européens, cette voiture paraît sortir tout droit de l’univers des Playmobil. Pour les Japonais, elle représente depuis longtemps un accès bon marché et fonctionnel à l’automobile, auquel s’est ajouté avec les années un côté émotionnel.

Au Japon, la Kei car ou la "kei jidōsha" (pour véhicule léger) est un best-seller depuis l’après-guerre. Son premier avantage? Le fait que dans certaines préfectures, on puisse acheter ce type de véhicule bon marché sans prouver que l’on a un emplacement de parking, ce qui n’est pas possible au Japon pour les plus gros véhicules. La Kei car a donc des caractéristiques très précises coulées dans une loi. Elle peut atteindre maximum 3,4 mètres de long, 1,5 mètre de large, 660 cm³ et développer 64 chevaux. Elle n’a par contre aucune limite de hauteur, ce qui lui a très vite donné cette forme hors du commun.

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Deux millions par an

En 2014, 2.173.011 Kei cars ont été vendues au Japon. Une légère baisse par rapport à 2013. Il n’empêche, ce segment, appelé la "Kei class", représente plus de 40% du marché local. En un an, "la part de marché des Kei Car est passée de 39,3% à 40,9%" pour être précis. Ces voitures, on ne peut pas les rater au salon de Tokyo. Une marque comme Daihatsu (Toyota) en propose toute une panoplie sur un des stands les plus délirants du salon.

Source: Suzuki ©Patrick Pdhaeyere

Car depuis le cube du passé, la Kei car est aujourd’hui déclinée dans des centaines de versions que l’on peut diviser en deux catégories: les Kei cars classiques, fonctionnelles et sans fioritures, et les Kei cars plus fun. Dans cette deuxième catégorie, les possibilités sont infinies. Au salon, nous prenons place dans une Kei car au look sportif de Honda. Suzuki propose un modèle dit "Lapin". Une version auscultée sous toutes ses coutures par le chief designer de BMW en personne, Adrian van Hooydonk, lors de notre passage sur le stand. "On vend quand même davantage de Kei cars fonctionnelles", nous dit Bart Hendrickx, PR chez Suzuki Belgique.

©Honda, G. Dewulf

Plus connu chez nous pour ses Grand Vitara ou ses Jimny, Suzuki livre la bataille pour la première place de la Kei car au Japon. En 2014, Daihatsu était n°1 avec 687.000 Kei cars écoulées. "Suzuki est n°9 mondial avec ses 2,9 millions de voitures vendues", rappelle Bart Hendrickx. Un chiffre évidemment aidé par les 679.357 Kei cars écoulées au Japon en 2014. Le n°3, c’est Honda avec ses 381.424 véhicules vendus, selon les chiffres que nous a fournis par Suzuki.

Typiquement japonaise

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"À une époque, la Kei car était regardée avec un peu de dédain", nous dit une responsable communication de chez Honda. Sa présence massive au salon prouve que le véhicule reste néanmoins dans le cœur des Japonais. Ici, on nous explique que les taxes annuelles sont très basses pour une Kei car. La taxe de roulage est par exemple de 10.000 yens environ (environ 75 euros) contre 39.000 yens pour une autre petite voiture avec un moteur 1,1 litre. il coûté également moins cher pour une Kei Car d'aller sur l'autoroute et les contrôles techniques sont également meilleurs marchés. "C’est une voiture très populaire dans les banlieues et à la campagne qui permet à chaque foyer d’avoir une voiture", ajoute un autre responsable japonais sur le stand Honda. 

"60% des conducteurs de ce type de voitures sont des femmes, les coûts de maintenance sont plus bas et la consommation est plus basse en raison de son poids plus léger", nous détaille-t-on encore chez Honda où ce type de véhicule a représenté 47,4% sur le marché domestique en 2014.

Les prix attractifs des modèles de base des Kei cars sont évidemment pour beaucoup dans son succès. Mais la Kei car est aussi la preuve que le marché automobile n’est pas encore totalement globalisé. Ce type de voiture souligne enfin une autre qualité des constructeurs japonais: celle d’adapter au mieux leurs gammes aux différents marchés.

À Tokyo, ne vous attendez pas à partir en trombe au feu rouge. Les Japonais respectent la législation dans les villes. Un simple tour dans une école de conduite tokyoïte permet de mieux apprécier cette prudence japonaise sur les routes. Nous sommes sur un toit de Tokyo, au-dessus d’un supermarché de la chaîne Seven Eleven. Ici pas de dérapage contrôlé, mais plutôt des professeurs en uniforme, gants blancs et des élèves disciplinés. Pour ces derniers, la route sera longue: 26 heures de cours théoriques puis 38 heures de pratique.

Qui plus est, si un élève rate l’examen pratique, il est bon pour repasser les 36 heures de cours pour une formation qui lui coûtera 300.000 yens soit environ 2.500 euros. Pas étonnant si, parmi les jeunes Japonais, seul un tiers passe son permis entre 18 et 24 ans. A contrario, seuls 10% des étudiants ratent leur permis. La plus grosse cause d’échec: "les déplacements dans des rues étroites". 

Après 70 ans, les Japonais doivent passer un test tous les trois ans. Il s’agit surtout de voir "s’ils ont encore les capacités physiques de conduire", nous explique-t-on.

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