Six Belges sur dix continuent à rouler au diesel

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Si le Belge se tourne de plus en plus vers les petits moteurs à essence plus performants et plus économiques, le gasoil reste populaire. Un succès qui s’explique historiquement.

Après l’Association des constructeurs européens (ACEA) dont "Le Soir" communiquait en début de semaine les dernières statistiques sur l’âge (toujours plus élevé) du parc automobile en Europe et en Belgique, c’est au tour du SPF Économie d’avoir mis à jour ses données autour de la mobilité. Et les habitudes ont la vie dure…

Selon le décompte de l’administration, 5,44 millions de voitures particulières sont en circulation sur le sol belge (chiffres arrêtés au 1er août 2012). Parmi elles, le SPF Économie dénombre 3,4 millions de véhicules roulant au diesel (contre 3,34 millions en 2011). Le nombre de voitures "essence" en activité est, de son côté, en légère baisse. La Belgique est passée de 2 millions à 1,98 million d’unités sur la dernière année.

Changement à l’achat

Bien que la différence de prix tende à s’effacer à la pompe, et malgré un coût plus lourd à l’achat et à l’entretien, le Belge (dans six cas sur dix) semble s’accrocher à l’usage d’un gazole devenu roi ces dernières années. La pénétration du diesel est même en faible augmentation à 62,4% mi-2012, contre 61,5% en 2011 et 60,2% mi-2010.

L’analyse — paradoxale sur le plan économique — s’affine lorsqu’on prend uniquement en compte les immatriculations en voitures neuves. En se référant aux données 2012 de la Fédération belge de l’automobile et du cycle (Febiac), les motorisations essence ont constitué l’an dernier 29,9% des achats (contre 23,4% en 2011) en Belgique. Ce ratio monte à 46% (essence) pour 53% (diesel) sur les ventes aux particuliers.

La Febiac l’explique par la disparition d’incitants qui ont rendu le gasoil si populaire, dont les fameuses primes offertes par le fédéral au client privé qui choisissait un véhicule aux émissions réduites. Bon nombre de modèles éligibles à la règle des 105 grammes de CO2 étaient des "diesels".

"Au-delà de cette considération, la plupart des constructeurs ont travaillé, ces dernières années, sur une meilleure efficacité de leur motorisation à l’essence", confie Guy Crab, secrétaire général de Federauto.

Il confirme, pour les professionnels de la vente automobile, que le consommateur se tourne de plus en plus vers ce type d’équipements, surtout lorsqu’il est question de véhicules de taille moyenne ou citadins. "Moins on parcourt de kilomètre, moins le diesel devient intéressant. Or, c’est la tendance actuelle", explique Guy Crab.

Il pointe les nouvelles technologies. "Quand on parle de motorisation hybride, c’est très souvent l’essence qui est couplée avec une propulsion électrique".

Le poids de l’occasion

Cette évolution sur le marché du "neuf" tarde à se ressentir dans l’océan bien plus large qu’est le parc automobile belge, en raison de son ancienneté et des spécificités du marché national de l’occasion.

Chaque année, entre 700.000 et 750.000 voitures sont remises en ventes à l’échelle du pays (727.403 unités en 2012).

"Ce marché est abreuvé de véhicules en provenance de flottes d’entreprises qui se renouvellent plus rapidement que les ventes domestiques", soulignent les experts. Il s’agit souvent de cylindrées plus lourdes, des berlines, des coupés, motorisées neuf fois sur dix au diesel, "ce qui biaise les statistiques".

La tendance à la décote pour les motorisations essence est néanmoins "de moins en moins marquée chez les citadines et les berlines compactes. Surtout, si le modèle diesel est très répandu", note Boursorama.com.

Plus compliqués à dépolluer que l’essence, les moteurs diesel "vont voir leur coût de fabrication augmenter, entraînant dans leur sillage une hausse du prix de vente de tous les modèles", résume Boursorama.

Le grand mérite du gasoil reste d’afficher un appétit moindre qu’une version essence.

Mais dans la pratique, il faudrait (déjà) que le Belge parcoure "plus de 20.000 kilomètres par an pour que l’investissement soit rentable", estime l’association flamande des automobilistes VAB. En 2013, il en effectue, en moyenne, moins de 15.000 par an.

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