Smart ou le gros coup de mou électrique de la pionnière

En 2010 déjà, le CEO de Daimler Dieter Zetsche présentait une Smart électrique sans jamais trouver la véritable recette du succès. ©EPA

Le passage de Smart vers les véhicules entièrement électriques s'accompagne d'une grosse claque dans les ventes et d'une fermeture d'usine.

"Une nouvelle génération veut contribuer à une meilleure qualité de vie dans les villes. On est sold-out, on n’arrive pas à répondre à la demande pour nos Smart EQ." C’était le discours d'Annette Winkler, alors CEO de Smart, lors du salon de Genève 2018.

Officiellement, tout allait bien pour Smart. Pourtant, c’était un secret de polichinelle, la marque n’avait jamais été vraiment rentable et avait plutôt coûté cher en développement. Smart avait pourtant redoublé d'efforts pour réduire les coûts. Sa quatre places est par exemple produite chez Renault en Slovénie sur la même base que la Twingo.

Avec la promesse d'un marché électrique, la voie était toute trouvée. La marque urbaine par excellence de Daimler deviendrait entièrement électrique.

70
immatriculations
Pour sa première année uniquement électrique, les immatriculations de Smart sont en baisse de 94,95% sur 8 mois en Belgique, soit 70 voitures.

Aujourd’hui, cette stratégie montre certaines limites. Smart coûte trop cher. En mars 2019, 50% de la filiale ont donc été vendus au groupe chinois Geely (Li Shifu). Le groupe, notamment propriétaire de Volvo, est aussi un des plus gros actionnaires de Daimler avec près de 10% des parts.

Le soutien à Smart au sein de Daimler est aussi une question de personne. Dieter Zetsche, l’ancien CEO de Daimler, est un fervent défenseur de la marque. Son successeur, Ola Källenius, verrait les choses de manière plus pragmatique.

Ventes en chute libre

Au premier semestre, les immatriculations européennes de Smart étaient en chute libre de 87,9% (dans un marché en baisse de 38%) suite au passage à l'électrique pour à peine 5.657 Smart immatriculées. C'est même pire en Belgique, où il n'y a pas de prime à l'achat de véhicules électriques en 2020, avec des immatriculations en baisse de près de 95% sur 8 mois, soit 70 voitures.

"On a toujours des concessionnaires qui vendent des Smart et ils ont les voitures nécessaires", tempère Bastien Van den Moortel, porte-parole de Mercedes-Benz Cars. "On attend la nouvelle gamme qui va venir sous l’ère Geely", ajoute-t-il.

En attendant, le passage sous pavillon sino-allemand est une mauvaise nouvelle pour les travailleurs de l'usine d'Hambach en Moselle, qui emploie 1.600 personnes. Daimler veut y stopper la production de la Smart pour produire en Chine. La firme allemande négocie actuellement avec le groupe pétrochimique britannique Ineos pour lui revendre le site. Des centaines de jobs passeront à la trappe. Ineos veut y produire des 4X4 Grenadier et assurerait la fin de la production de la petite citadine.

Smart n'a pas le choix et doit réduire ses coûts. Avec une deux places électrique qui débute à 24.000 euros, la société est moins compétitive, surtout avec l'afflux de nouveaux modèles électriques de moins en moins chers.

Vendre des Smart reste important pour Daimler. Ses véhicules à "0 gramme de CO2" comptent double dans les moyennes pour éviter les amendes européennes.

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