Surprise et inquiétude après le départ d'Axel Miller

©Jonas Roosens

Le marché encaisse mal l'annonce du départ inattendu d'Axel Miller qui quitte la direction de D'Ieteren. Chez les analystes, c'est la surprise qui domine.

"Une décision très surprenante et inquiétante". C’est le sentiment de Loïc De Smet de Kepler Chevreux ("conserver"; 40 euros) après l’annonce ce matin de la fin de la collaboration entre Axel Miller, ex-banquier, et D’Ieteren dont il était CEO depuis l'été 2013.

Une annonce d’autant plus étonnante que sur le plan opérationnel, tout roulait parfaitement chez le groupe de distribution automobile. Pour l’exercice 2018, les chiffres qualifiés de "splendides" par Cédric Duinslaeger de KBC Securities ont dépassé les attentes des analystes et le haut de la fourchette avancée par le groupe lui-même. L’analyste aussi a fait part de son étonnement ce matin face à cette décision.

La raison de ce divorce surprise n’est pas claire. Dans son communiqué, D’Ieteren se borne à préciser que le groupe et Axel Miller ont "constaté que leurs visions sur les développements futurs du groupe et sur le style de leadership ont cessé de coïncider."

Moleskine et Belron

Sous la direction d’Axel Miller qui a pris les rênes du groupe en août 2013 , D’Ieteren s’est transformé progressivement en société d’investissement sortant de son éco-système axé sur la voiture. Une première opération a été réalisée, fin 2016, avec le rachat de Moleskine, le fabricant de célèbres carnets de note.

Un an plus tard, un accord a été conclu avec Clayton, Dubilier & Rice pour la cession de 40% dans Belron - mieux connu sous sa dénomination commerciale de Carglass - valorisant l’entité à 3 milliards d’euros. Avant la vente de ce bloc, Belron a récolté 1,3 milliard d’euros d’emprunts pour se refinancer et payer un dividende de 450 millions d’euros.

Cette cession à l’issue de laquelle D’Ieteren conservait 60% des parts lui a permis de réduire la voilure de son exposition à l’automobile tout en remplissant ses caisses pour ses nouveaux projets.

Anne, ma soeur Anne...

Depuis lors, le marché attendait avec une certaine impatience la prochaine acquisition du groupe. Fin 2018, sa position de liquidités était estimée à 1,24 milliard d’euros par Cédric Duinslaeger. De quoi voir grand.

Mais, un an et demi plus tard, aucun projet dans ce sens n’a vu le jour. C’est fort probablement à ce niveau-là qu’un point de désaccord essentiel est apparu entre le CEO et le conseil d’administration provoquant la rupture que l’on sait.

En tout cas, le marché n’a guère apprécié l’annonce du départ inopiné d’Axel Miller qui a, pour le moins, donné une nouvelle impulsion au groupe: le titre cédait plus de 3% en fin matinée. Entre sa prise de fonction et son départ, soit en un peu plus de cinq ans, l’action D’Ieteren a grimpé de 16%.  

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