"Taxer les voitures au kilomètre sera inéluctable"

Pour Thierry Van Kan, taxer les voitures au kilomètre et de manière intelligente sera inéluctable. ©Frédéric Pauwels / Collectif H

A l’heure de quitter la tête de la Febiac, le constat de Thierry van Kan est sans appel: taxer les voitures à l’utilisation sera inéluctable à l'avenir.

A l’heure de passer les clés de l’auto à son successeur, Thierry van Kan, le patron de la fédération belge de l’auto (la Febiac) revient avec nous sur un des gros sujets qui attend le secteur à l’avenir : taxer les voitures au kilomètre. C’est un projet qui est dans les cartons de l’association depuis 2013, mais qui gagne aujourd’hui en " momentum" comme on dirait de l’autre côté de l’Atlantique.

"La mobilité est la seule chose que l’utilisateur ne paye pas en fonction de son utilisation. On paye son électricité en kw et les minutes de téléphones. En voiture, au plus vous roulez, au moins le kilomètre vous coûte, c’est illogique. Nous avons lancé une étude avec PWC pour un prélèvement kilométrique pour tout le parc. Nous pensons que c’est la seule solution raisonnable qu’un état désargenté puisse prendre", explique Thierry van Kan.

"Pour la mobilité, c’est la seule solution raisonnable qu’un état désargenté puisse prendre"
Thierry Van Kan
Président en partance de la Fédération belge de l'automobile (Febiac)

Son idée est donc de remplacer les taxes existantes comme la taxe de roulage par de la taxation au kilomètre. "Quelqu’un qui fait entre 13 et 15.000 kilomètres payera la même chose", assure van Kan.

La Febiac insiste d’ailleurs que cette taxation ne doit pas être linéaire. "Il faut un prélèvement au kilomètre intelligent en fonction de la localisation et du timing. Rentrer à Bruxelles à 8h coûtera beaucoup plus cher qu’à 11h. J’ai expliqué à un ministre wallon de Bastogne, qui était a priori contre le projet, qu’entre Bastogne et Namur vous pouvez mettre le km à zéro, car il n’y a pas de file", détaille Thierry van Kan.

Une flexibilité dans les prix qui pourrait tenir compte de tous les critères souhaités par le législateur avec des kilomètres moins chers pour certains types d’usagers, un peu comme pour les abonnements de train.

©Photo News

Une telle taxe au kilomètre serait selon la Febiac le bon outil pour résorber les files. En rendant la mobilité plus chère aux moments critiques de la journée, certains utilisateurs adapteront leur comportement. A la Febiac, on rappelle que dans la plupart des cas, si on enlève 6% de voitures d’une file, celle-ci se résorbe.

La Flandre serait partante pou une telle taxe, Bruxelles aussi. La Wallonie serait pour l'instant plus méfiante en raison de sa géographie. Il s’agira en effet de voir quel prix cela pourrait coûter au kilomètre et dans quelles régions.

"La Wallonie ne va pas accepter qu’elle doive payer pour aller en Flandre et à Bruxelles  et qu’eux ne doivent pas payer pour venir en Wallonie", estime Thierry van Kan.

"Donnez-moi une autre manière pour l’état de récupérer ses accises quand les gens rouleront à l’électrique.
Thierry Van Kan

La Febiac estime que la taxe au kilomètre avec les camions est évidemment un plus. La plus grande partie de l’infrastructure et des softwares a déjà été mise en place.

Aussi, la taxe au kilomètre serait aussi tout indiquée pour l’avenir et les véhicules électriques. "Donnez-moi une autre manière pour l’état de récupérer ses accises quand les gens rouleront à l’électrique. En mettant des accises sur l’électricité ?  Les particuliers et les entreprises vont crier si vous décidez cela", tranche Thierry van Kan.

La Febiac aimerait faire aboutir le projet "à la prochaine législature"en 2020, 2022. Tout un programme donc pour son successeur.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés