Total déploie des pompes électriques en Belgique

Le pétrolier va installer 12 stations de recharge dans le grand Bruxelles. Symbolique.

Le sujet est tendance: la voiture a-t-elle un futur électrique? La prise de courant remplacera-t-elle un jour la pompe à essence? Nombreux sont, aujourd’hui, les constructeurs à plaider "pour". Dans les allées du Salon de Paris, les voitures roulant au Volt ne sont plus au stade du projet. Les Peugeot I-on, Opel Ampera, Renault Zoe, Nissan Leaf font parties des modèles vedettes. Des modèles destinés au grand public dont l’arrivée sur nos routes n’est plus qu’une question de mois voire de semaines.

L’enjeu de ce défi technologique, la France l’a bien saisi. Le gouvernement Sarkozy (poussé par le lobby de ses constructeurs, il faut bien l’avouer) indiquait récemment vouloir investir pour le placement, d’ici 2015, d’un million de bornes de recharge sur son territoire.

Si un tel projet fait son chemin en Allemagne et aux Pays-Bas, le pouvoir politique reste, chez nous, immobile; le Fédéral, les Régions, les communes se renvoient la balle sur leur rôle dans la mobilité de demain.

Cher, ce plein

C’est dans ce contexte particulier, que Total Belgium inaugurait lundi à Ruisbroek la 1re borne de recharge électrique de Belgique.

Au total, le groupe pétrolier compte déployer douze stations électriques, appelées Plug and Drive, dans le grand Bruxelles. "Ces stations, compatibles aux différents standards, doivent promouvoir une mobilité urbaine plus verte, calquée sur les préoccupations du moment. Elles nous permettront de juger des usages des conducteurs qui se laisseront séduire par ce qui représente une réelle solution d’avenir", précisait dans son introduction Patrice Brès, président de Total Belgium.

À 4 euros les dix minutes de recharge (il en faut trente pour faire un plein électrique à du 400 Volt), l’initiative de Total coûte cher: 12 euros pour une autonomie de 100 à 150 kilomètres.

À Paris, Renault — qui fait de l’électrique "son" défi — a indiqué que le prix de ses voitures au Volt n’excéderait pas celui de ses voitures "thermiques". La location de la batterie - 75 euros/mois - doit correspondre au prix payé pour deux pleins d’essence.

Si, chez Total, l’électricité s’achète finalement au prix de l’essence (1 euro les 10 kilomètres), l’addition finale est salée…

Plutôt un coup de pouce

"Des études réalisées en interne démontrent que l’européen qui roulera à l’électricité réalisera la majorité de ses recharges à domicile ou au travail. Les testeurs de nos Mini électriques branchent leurs véhicules à la prise toutes les nuits. Un plein coûte 2,5 euros", note Christophe Weerts, BMW Belgique, qui retient d’abord la symbolique du soutien de Total.

"Ce qu’offre Total, c’est une extension de l’autonomie de mon véhicule. Si je dois faire plus de kilomètres que prévu, j’ai désormais la certitude de disposer de l’infrastructure me permettant d’éviter de tomber à plat".

Depuis le Salon Automobile de Bruxelles en janvier dernier, 64 voitures 100% électrique sont immatriculées en Belgique.

Des constructeurs comme Citroën (150 voitures) et Peugeot (130) s’apprêtent à rapatrier, début 2011, leurs premières flottes à destination des entreprises.

"La Belgique dispose d’incitants fédéraux: jusqu’à 9.000 euros de déduction fiscale pour une voiture électrique", répétaient lundi, les secrétaires d’État Schouppe (mobilité) et Clerfayt (fiscalité).

"Avec l’embryon d’infrastructure qui vient d’être posé, la technologie dispose d’un terrain d’expression quasi balisé", se réjouissait-on chez Total Belgium.

"Les prévisions parlent d’une place de 5 à 10% pour l’électrique sur le marché européen en 2020. Le consommateur décidera", conclut Stéphane Le Guevel, directeur général de Peugeot Belux.

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