Uber lève un milliard de dollars au Japon

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Uber semble avoir su séduire les Japonais Toyota, SoftBakn et Denso avec ses projets de véhicules autonomes. De bon augure pour la future IPO de l'enseigne.

Uber semble avoir lancé sa ronde de financement en vue de son introduction sur les marchés. Le numéro un mondial des plateformes de réservation de voitures avec chauffeur affirme avoir levé un milliard de dollars auprès de trois investisseurs japonais: le constructeur automobile Toyota, le fonds d'investissement SoftBank et le fabricant de pièces détachées pour le secteur automobile, Denso.

→ 667 millions pour Denso et Toyota
→ 333 millions du SoftBank Vision Fund 

 

Cette opération valorise désormais Uber à 7,25 milliards de dollars.

Cet investissement devrait par ailleurs permettre à Uber d'accélérer le développement de ses voitures autonomes, grand point d'attention des constructeurs automobiles, des entreprises technologiques et des services de taxi.

Néanmoins, un tel développement coûte cher. L'an dernier, cela s'était soldé chez Uber par une perte opérationnelle de 3 milliards de dollars.

Avec cette opération, les trois acteurs renforcent leur participation dans Uber, signe de confiance pour la compagnie malgré ses déconvenues. Elle avait dû interrompre ses essais plusieurs mois l'an dernier, après un accident mortel en mars 2018, quand une voiture sans chauffeur avait mortellement percuté une piétonne.

En outre, Toyota annonce qu'elle déboursera 300 millions de dollars de plus sur les trois prochaines années. Le constructeur nippon avait déjà investi 500 millions de dollars en août 2018, tandis que SoftBank Group est déjà le premier actionnaire du groupe américain à hauteur de 16%.

Le Graal de la voiture autonome 

Dara Khosrowshahi, nommé en 2017 pour succéder au fondateur Travis Kalanick poussé vers la sortie après une série de scandales, a salué cet investissement et "ce fort partenariat avec Toyota".

Dara Khosrowshahi ©AFP

"Le développement des technologies de conduite autonome va transformer les transports tels que nous les connaissons, rendant nos rues plus sûres et nos cités plus agréables à vivre."

Les annonces se multiplient dans ce domaine en ébullition, vu comme l'avenir des transports, même si les constructeurs sont désormais plus prudents, se voyant contraints de repousser les produits spectaculaires initialement annoncés pour 2020 face à la complexité et au coût des technologies.Toyota, qui avait tardé à prendre le virage, a mis les bouchées doubles en s'alliant avec Uber.

Il a aussi créé avec SoftBank une coentreprise baptisée Monet Technologies pour développer des services de mobilité et sans chauffeur, et pousser les autorités japonaises à lever les nombreuses contraintes réglementaires qui freinent les tests sur les routes publiques. Honda s'est joint à cette initiative fin mars.

Dans une industrie en pleine mutation, les constructeurs traditionnels redoutent la concurrence des géants technologiques, en premier lieu de Google qui a pris de l'avance avec sa start-up américaine Waymo (Google). Ses automobiles dépourvues de conducteur ont déjà avalé des millions de kilomètres sur les routes américaines, et elle a annoncé en janvier un projet pour ouvrir sa propre usine de production.

Une IPO en mai?

Pour Uber, cet apport de fonds japonais arrive donc à point nommé. La semaine dernière, Uber a introduit auprès de la SEC son prospectus en vue de son IPO. Aucune date ni aucun montant n'a été évoqué, mais des rumeurs circulent. On parle d'une valorisation de 100 milliards et d'une IPO en de mai, compte tenu du lancement dans 2 semaines du roadshow de la société.

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