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Un défi CO2 décisif pour l'automobile

Les constructeurs automobiles ont entamé leur grande chasse au CO2 à coups de véhicules électrifiés. BMW et PSA affirment être dans les clous, alors qu'en 2019, les émissions de CO2 de nombreux constructeurs ont augmenté.

"Merci pour cette interview neutre en CO2." Cette blague d’un communicant allemand caractérise bien le salon de l’automobile "virtuel" de Genève qui a eu lieu ce mardi pour les médias. Le salon étant annulé pour cause de coronavirus, les patrons de l’automobile ont néanmoins dévoilé leurs modèles, très souvent électrifiés, en ligne. Il en allait de même pour les entretiens avec la presse. Car coronavirus ou pas, 2020 et 2021 sont des années charnières pour le secteur automobile qui va devoir diminuer drastiquement ses émissions de CO2 sous peine d’amendes européennes.

Les chiffres publiés par Jato Dynamics pour 2019 laissent entendre que les émissions des voitures neuves ont en effet augmenté pour l’essentiel des constructeurs automobiles (voir infographie). Dans les 23 marchés européens étudiés par les analystes de Jato, à peine 7 pays ont vu leurs émissions de voitures neuves diminuer en 2019, la Belgique se situant du mauvais côté avec des émissions en hausse de 1,7%.

Une marque comme BMW affiche un score de 129 grammes dans les chiffres de Jato. Les chiffres de BMW en Union européenne sont eux de "120 et doivent passer à 104", nous rappelle Oliver Zipse, le CEO de BMW depuis Munich par téléphone. Il promet de diminuer de 20% le CO2 cette année par véhicule, et ce "sans compromis pour le consommateur. Nous avons les bons produits pour atteindre ces objectifs".

L’électrification bat son plein chez tous les constructeurs européens. Pour BMW, en plus de la présentation du concept de l’i4 (qui préfigure la voiture électrique de taille moyenne qui entrera en production en 2021), cela passe surtout par des X1, X2 ou série 3 plug in-hybrid toutes présentées ce mardi en ligne.

"Le nombre de ventes de véhicules électrifiés est en hausse de 40% sur le début d'année."
Oliver Zipse
CEO de BMW

"Nous sommes déjà au-delà des objectifs officiels et de nos objectifs en interne pour les mois de janvier et février. Nous sommes en avance sur nos objectifs pour 2020. Le nombre de ventes de véhicules électrifiés est en hausse de 40% sur le début d'année", détaille Zipse.

Il rejoint les propos d’autres patrons comme Carlos Tavares, CEO de PSA. "Pour janvier et février, nous avons respecté les objectifs de CO2 de l’année. Nous nous sommes imposé de le faire mois par mois pour que cela devienne naturel. Nous allons poursuivre dans cette voie", nous explique le patron par téléphone.

Jato explique que si le CO2 a augmenté, on le doit au passage du diesel vers l'essence et au succès des SUV qui ne sont pas encore disponibles en version électrique. Ce qui est en train de changer avec Volkswagen, Peugeot et consorts qui s'attaquent au segment.

Les constructeurs ont beaucoup critiqué la législation européenne par le passé, Carlos Tavares également. Néanmoins, plusieurs d'entre eux affirment aujourd'hui être parés pour atteindre ces objectifs CO2 et continuent de vendre des véhicules. Cette pression européenne n'était-elle donc pas légitime? "Il faut pouvoir distinguer le patron de PSA qui prépare l’avenir de sa société du citoyen. Ma passion et ma mission, c’est de porter mon entreprise au niveau de compétitivité le plus haut possible, d’avoir une stratégie très agressive au sens noble du terme sur la dimension de CO2.

Nous ne sommes pas restés les deux pieds dans le même sabot pour développer différentes briques technologiques", rappelle le CEO. PSA qui affiche par ailleurs une forme économique insolente avec une marge opérationnelle 2019 de 8,5%.

"Le jugement sur l’efficacité de la démarche européenne, nous le porterons dans 10 ou 20 ans. Si nous voulons maximiser, il y a d’autres choses à faire que de simplement imposer des limites de CO2 aux constructeurs automobiles. Je veux que mes collaborateurs quand ils rentrent le soir à la maison puissent dire à leurs enfants qu’ils travaillent chez un constructeur automobile qui se fait un devoir et une responsabilité éthique d’apporter sa contribution au traitement du problème du réchauffement climatique", insiste-t-il.

©Mediafin

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