Un Grand Prix électrique à Bruxelles ?

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Les promoteurs de la Formule E, pour électrique, veulent organiser un Grand Prix à Bruxelles. A la Ville, on est ouverts mais prudents et on attend les détails d’un projet "à 25 inconnues".

La Formule électrique va-t-elle bientôt poser ses valises dans la capitale de l’Europe? Selon nos informations, c’est une piste sérieuse étudiée par la Ville de Bruxelles et qui intéresserait grandement les instances de la Formule E. Plus de cinquante ans plus tard, Bruxelles pourrait donc accueillir un nouveau Grand Prix automobile"La ville de Bruxelles a eu des Grands Prix dans les années 40 à 60. On ne peut évidemment pas imaginer la même chose aujourd’hui, ce serait mal vu. Par contre, développer des voitures électriques non polluantes, c’est un peu dans la tendance", nous dit Alain Courtois, Premier échevin à la Ville de Bruxelles, notamment en charge des Sports.

Après avoir reçu les promoteurs du projet, il se dit ouvert pour un projet "qui n’en est qu’à ses balbutiements", précise-t-il d’emblée. "Avant de prendre quoi que ce soit comme décision, il faut d’abord voir comment ça se passe et ce qu’on demande à la Ville".

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"Honnêtement, la Ville devra intervenir", avoue le promoteur du projet, Stephan Uhoda, administrateur-délégué de Cecoforma, même s’il est encore difficile de dire la forme que cette aide prendra car une étude de faisabilité est en cours de réalisation. "Je ne vois pas la Ville dépenser des centaines de milliers d’euros", insiste Alain Courtois, qui sait que la ville devrait le cas échéant être mise à contribution pour encadrer l’événement en termes de logistique. Une des idées du premier échevin serait, pour les grands événements, d’avoir des forces de l’ordre "secondées par des volontaires formés par nous-mêmes. Un policier c’est bien, mais c’est mieux d’avoir des stewards", dit-il.

L’autre piste des promoteurs serait de voir la Région et même peut-être l’Europe participer au projet. Le patron de la Formule électrique, Alejandro Agag, est un ancien parlementaire européen. Le principal client de Cecoforma est la Commission européenne, de quoi peut-être voir les institutions européennes s’impliquer dans le projet. "On pourrait à la limite en faire le Grand Prix de l’Europe à Bruxelles", sourit Uhoda.

Dans quel quartier?

La localisation d’un tel Grand Prix est la première question qui fuse quand on évoque ce projet. Les tracés ne sont pas trop gourmands car dans une compétition automobile qui a une vocation urbaine, le circuit ne doit faire que 2,5 kilomètres environ. À la Ville, on est très prudents et on se garde bien de mettre une localisation en avant. On y estime qu’il reste encore "25 points d’interrogation" et qu’il est bien trop tôt pour parler d’une localisation pour un projet qui n’est pas encore sûr d’aboutir.

2,5 kilomètres
C'est la distance que doit faire un circuit de Formule E.

Chez Cecoforma, on ne cache par contre pas sa préférence pour le Heysel"Il y a la place nécessaire pour installer le circuit, on peut facilement fermer le quartier, il y a de nombreuses places de parking, les palais où l’on pourrait organiser des événements en parallèle et la place pour faire une grande fête", détaille ainsi Stephan Uhoda.

Le problème c’est que le chantier du projet NEO de réaménagement au Heysel va débuter en 2017, année pendant laquelle les promoteurs du circuit voudraient voir s’organiser le premier Grand Prix d’une série de cinq. Pour mettre la course dans le calendrier FIA 2017, il faudrait en effet boucler le dossier dès l’année prochaine.

Calendrier serré

"Bruxelles ne doit pas forcément faire ce type d’événement, ce n’est pas une vocation, même s’il faut être à la pointe", temporise pour sa part Alain Courtois, qui explique que le projet est "par exemple bien moins avancé que notre candidature pour le grand départ du tour de France 2019. On a déjà vu les organisateurs à Paris, ils sont venus ici. On sait ce que l’on veut, ce que le Tour de France peut nous offrir…" Il attend donc "un dossier détaillé en bonne et due forme pour le passer au collège."

"On n'est bien moins avancé que pour notre candidature pour le grand départ du tour de France 2019."
Alain Courtois
Premier échevin à la Ville de Bruxelles

Le promoteur explique, lui, que beaucoup de villes seraient sur la balle, une "quarantaine" dans le monde avec des places limitées pour l’Europe. Certaines villes des Pays-Bas et de Suisse seraient ainsi prêtes à se lancer dans l’aventure. "On ne peut pas laisser passer cette occasion historique. Le projet a bien plus de points positifs que négatifs. […] L’idée est d’en faire une grande fête populaire qui va plus loin que le grand prix. En faire un événement autour des énergies alternatives dont le Grand Prix serait l’apothéose", explique encore Stephan Uhoda.

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Le championnat de Formule électrique est déjà un peu une histoire belge. Le pilote Jérôme D’Ambrosio est pilote de l’écurie Dragon Racing. Pierre Delettre est lui directeur de course du championnat FIA de Formule E.

Dans une semaine, les deux hommes se retrouveront à Londres, où la prochaine manche du championnat électrique aura lieu le long de la Tamise. Une délégation belge composée des promoteurs et des membres de la Ville de Bruxelles feront le déplacement pour mieux appréhender l’organisation d’un tel événement. Est-ce que la ville de Londres paye quelque chose? S’occupe-t-elle de toute la logistique? Qui finance les infrastructures ? Qu’en est-il du sponsoring? L’événement est-il vraiment un événement pour les Londoniens ? Voici quelques-unes des nombreuses questions auxquelles les équipes bruxelloises vont tenter de répondre.

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