Une coentreprise aux capitaux belges se lance dans les vélos et les motos électriques

©Vanguard

Spark Racing Technology, qui appartient à 25% à des Liégeois, se lance dans les motos et les vélos électriques. Spark a créé une cosociété avec Vanguard pour lancer ses modèles. Les prototypes sortiront cet été. Le vélo électrique est prévu pour début 2019 à 3.299 dollars. La petite moto urbaine pour 2020 à 9.995 dollars, avec la batterie.

Spark Racing Technology tient peut-être son premier projet grand public et en dehors du racing. La société qui développe les bolides de Formula E se lance dans une nouvelle aventure: celle de la production de motos et de vélos électriques. Une aventure à l’accent belge alors que "Spark" est détenue à 25% par les Liégeois de Sodaphi.

Cette aventure, Frédéric Vasseur et Alexandre Dallemagne, propriétaires de Spark, ne la tentent pas seuls. Spark s’est en effet associé à Vanguard, une société basée aux Etats-Unis. Tout est né d’une rencontre entre trois hommes, celle de Frédéric Vasseur (actuel directeur de l’écurie de F1 Alfa Romeo Sauber et homme qui compte dans le sport auto), Erik Buell (un ingénieur innovant réputé dans le monde de la moto) et François-Xavier Terny, cofondateur de Vanguard, à la longue expérience dans le conseil et dans la chaîne d’approvisionnement.

Les trois parties ont créé une société nommé VanguardSpark, où ils seront "égaux autour de la table", comprenez que Spark, François-Xavier Terny et Erik Buell sont actionnaires à parts égales dans le projet.

Oublié le thermique

Vanguard est une jeune société qui voulait se lancer sur le marché des motos américaines. "Après avoir produit plusieurs concepts et certaines innovations, j’ai connu quelques difficultés techniques au moment de passer en production", avoue aujourd’hui Terny. Ses investisseurs estimaient qu’à l’heure actuelle, la voie à suivre n’était peut-être pas celle des motos thermiques. François-Xavier, qui a travaillé 25 ans dans le conseil, a bien compris qu’il valait mieux entendre cet avis. Lui qui connaissait Frédéric Vasseur depuis 25 ans lui a donc proposé au détour d’une conversation de réaliser des motos ensembles.

"On s’est concentrés sur l’élaboration de deux produits à vocation urbaine."
François-Xavier Terny
CEO de VanguardSpark

De son côté, Erik Buell a un passé de taille dans la moto. Sa propre marque Buell a écoulé quelque 150.000 motos depuis sa création. Elle a été rachetée un temps par Harley Davidson, qui a dû se séparer de la marque en pleine crise financière. Erik Buell se consacre aujourd’hui à l’innovation et l’engineering via son bureau d’étude.

C’est Terny qui est le CEO de la nouvelle entreprise. Il pourra se reposer sur les compétences en ingénierie des équipes d’Erik Buell dans la moto, et sur compétences de haut niveau dans les véhicules électriques de Spark. "On s’est directement dit que l’on ne voulait pas remplacer une moto thermique par une moto électrique, ça n’a pas de sens", dit Terny. Car dans une moto électrique, arriver à une autonomie pour faire des distances comparables à celles d’une Harley est très compliqué, voire impossible. "On s’est concentrés sur l’élaboration de deux produits à vocation urbaine. De beaux véhicules, performants et très maniables. On aura un speed bike, une sorte de vélo électrique avec les dernières innovations technologiques. Un beau vélo électrique qui pour moi peut remplacer un scooter. Ensuite, on aura un ‘Commuter’, un deux roues qui ressemble plus à une moto avec 150 à 180 kilomètres d’autonomie", détaille le patron de VanguardSpark. Avec les technologies de pointe de Spark, François-Xavier Terny pense pouvoir amener des technologies de batterie dernier cri avec des temps de recharge très courts.

D’ici l’été, VanguardSpark présentera ses prototypes. "L’engineering est fait à 80%. On est dans le raffinement. On avance sur le design", dit Terny.

8,5 millions d’euros

Pour arriver à l’étape des prototypes, il aura fallu mobiliser 500.000 euros sur les deniers des fondateurs. Ensuite, pour passer au volet production, VanguardSpark devra se refinancer. La société estime qu’un investissement cumulé de 8,5 millions d’euros sera nécessaire pour être en production. De petits investisseurs ont déjà rejoint l’aventure. Mais une fois que les véhicules concepts seront établis, VanguardSpark prendra son bâton de pèlerin pour convaincre des investisseurs plus conséquents. François-Xavier Terny pense avoir des arguments. "Nous pourrons leur montrer que nous avons pris nos responsabilités et que nous avons investi notre propre argent et notre temps. Nous sommes des gens sérieux", insiste-t-il.

Le plan prévoit de lancer le vélo électrique début 2019 puis la moto début 2020. "On vise le marché mondial. Dans nos projections, on se dit que le marché américain représentera 20% des volumes, l’Europe et l’Asie 80%. Le marché du scooter électrique se situe aujourd’hui entre 1 et 1,5 million d’unités par an", pointe Terny.

Production en Belgique?

La société devra encore choisir le lieu où l’assemblage aura lieu. La Belgique est dans la shortlist des localisations possibles grâce à son bon réseau de sous-traitants, le savoir faire technique que l’on y trouve et sa bonne position géographique. L’actionnaire belge de l’aventure, Alexandre Dallemagne, pousse en tout cas la candidature de notre pays.

Quand à la commercialisation, la jeune société se voudra ouverte aux nouveaux modes de vente en ligne. L’idée est surtout de garder l’esprit ouvert et de se montrer flexibles en fonction des opportunités.

Le prix visé pour le vélo sera de 3.299 dollars ou euros, selon le lieu de commercialisation. Tandis que la moto se commercialisera à 9995 dollars. Mais le patron envisage une location de batterie qui pourrait faire baisser le prix d’achat.

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