"Une Renault sur dix vendues en 2020 sera électrique"

Le constructeur français était à Bruxelles mercredi pour présenter ses premières voitures "aux volts". Objectif belge: le Salon 2012.

À chaque pays son tour. Depuis le grand show du Salon de Paris et la confirmation de l’arrivée de l’armada électrique en Europe en 2011, Renault multiplie les kilomètres de test. Mercredi matin, six Kangoo et Fluence propulsées aux volts ont fait arrêt à Bruxelles.

Entre deux essais, Christine Tissot, directrice du développement électrique chez Renault, est revenue pour "L’Echo" sur les grands axes qui doivent faire du Français "le leader des solutions de mobilité électrique de masse". Les premières voitures sont attendues, chez nous, lors du Salon de Bruxelles de janvier 2012.

Renault-Nissan a débloqué 4 milliards d’euros pour l’électrique. Pourquoi cette technologie? Pourquoi maintenant?

Christine Tissot: L’électrique ne date pas d’aujourd’hui. Notre 1ère voiture zéro émission, une Clio, remonte aux années nonante. Il était trop tôt. L’infrastructure ne s’est pas déployée. L’intérêt n’est pas né. Mais avec les nouvelles normes d’émissions européennes, la prise de conscience du besoin de protéger notre environnement, l’incertitude qui encadre l’évolution du marché pétrolier, le contexte n’a, en 2010, jamais été aussi propice à la mobilité alternative.

D’autres préfèrent l’hybride.

Tissot: L’hybride convient aux voitures haut de gamme. C’est une solution. Nous ne l’écartons pas. L’électrique, c’est un cran au-dessus en termes de réduction d’émissions. C’est une solution de masse qui correspond à la mobilité urbaine d’aujourd’hui. 87% des Européens parcourent moins de 60 kilomètres par jour.

Votre argument est le prix, mais la batterie coûte cher...

Tissot: Notre modèle repose sur la location de cette batterie à 7 euros par mois. Zoé, qui sera notre 1er véhicule 100% conçu électrique, coûtera le même prix qu’une Clio, primes déduites. Il faut 2-2,5 euros pour recharger à domicile et s’offrir 160 kilomètres d’autonomie. L’entretien revient beaucoup moins cher. Au rythme de 12.000 kilomètres par an, rouler électrique sera plus intéressant que rouler au diesel.

Qu’en est-il des batteries? Dispose-t-on de réserves de lithium suffisantes pour éviter une flambée des prix?

Tissot: 14 à 17 millions de tonnes de lithium ont été recensées sur la Terre. Nos ingénieurs en utilisent 3 kilos par batterie. Le matériau est recyclable. Nous pourrons produire 475.000 batteries par an. La recherche fera plutôt baisser les prix.

Quid du prix de l’électricité?

Tissot: Il faudra la produire. Nous sommes en discussions ouvertes avec les énergéticiens. Notre plan n’exclut pas une augmentation. La seule certitude, c’est que le pétrole, lui, va flamber.

L’objectif de Renault, c’est 1 voiture sur 10 électrique en 2020. Pourquoi personne d’autre n’avance de tels chiffres?

Tissot: L’important est que tout le monde parle désormais "électrique". Personne ne nous prend plus pour des fous. Dans nos gammes, la Kangoo et son côté utilitaire, la Clio, la Twingo (qui sont des voitures d’appoint au sein du ménage) collent à la mobilité électrique. Vendre 6 millions de voitures électriques en 2020 n’est plus une utopie.

Reste l’infrastructure…

Tissot: La plupart des navetteurs rechargeront à domicile. Des initiatives de recharge rapide, en 30 minutes, permettent de contrecarrer l’incertitude d’un trajet. L’idéal, c’est le remplacement sur plateforme en 3 minutes de la batterie, le projet "Better Place". Nous le testons mais l’investissement demande de pouvoir compter sur une flotte électrique conséquente. La situation politique belge complexifie l’initiative publique en termes d’infrastructure et d’incitants. Vous avez cependant cette culture de flottes. De plus en plus d’entreprises pensent vert. Elles sont intéressées par l’électrique et sont ouvertes à l’idée de placer des bornes sur le lieu de travail.

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