Une Volvo sans volant pour concurrencer les avions

©Volvo

Volvo vient de présenter sa 360c, un véhicule conceptuel sans volant qui promet de rendre le temps perdu au passager. De quoi, selon Volvo, diminuer le prix de l’immobilier ou même concurrencer les vols court-courriers.

La voiture n’a ni volant ni pédale, elle n’est pourtant pas imaginée par Google ou Apple, mais bien par Volvo qui présentait cette semaine la 360c aux médias. Il s’agit d’une voiture conceptuelle autonome et électrique.

La voiture autonome promet de rendre le temps passé en voiture aux utilisateurs et c’est justement ce à quoi s'engage la 360c. La voiture est présentée en différentes versions en fonction des commandes du passager abonné au service. La voiture est soit un bureau mobile, un salon ou un espace de divertissement, voire une vraie cabine VIP de voyage.

Hakan Samuelsson pense que l'expérience en voiture autonome sera bien plus agréable que celle en avion. ©REUTERS

Comme le temps passé dans la voiture devient plus agréable, les usagers pourraient décider d’habiter plus loin de leur lieu de travail, estime-t-on chez Volvo. De quoi résoudre une partie des problèmes liés à la congestion dans les pôles urbains.

"Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’impact de la disparition des temps de trajet improductifs", affirme Mårten Levenstam, en charge de la Stratégie corporate de Volvo Cars. "Le bureau mobile 360C est tout à fait viable pour les personnes qui vivent en grande périphérie des villes surpeuplées et utiliseront leur temps d’une manière à la fois plus plaisante et plus productive".

Ce qui pourrait notamment réduire la pression sur les prix de l’immobilier, imagine-t-on chez Volvo.

Concurrent de Boeing

La voiture autonome électrique pourrait également devenir un concurrent des vols court-courriers. "Un secteur qui pèse plusieurs milliards de dollars et englobe les compagnies aériennes, les constructeurs d’avions et d’autres prestataires de services", rappelle-t-on chez Volvo. "Transformé en couchette, le 360c permet de voyager en cabine privée première classe, de porte à porte, sans subir les inconvénients des transports aériens liés à la sécurité, à l’attente, au bruit et au manque d’espace dans les avions", ajoute encore le constructeur suédois, filiale du chinois Geely.

Le véhicule autonome deviendrait donc un concurrent des vols Munich-Berlin ou Stockholm-Göteborg par exemple. "Si vous voulez aller à Stockholm depuis Göteburg. Il vous faut une heure pour arriver à l’aéroport, une heure d’expérience relativement pénible à l’aéroport, 55 minutes de vol et puis encore une heure pour quitter l’aéroport et vous rendre à votre destination. En tout, c’est 4 heures; presque autant que pour y aller en voiture", explique Levenstam.

"Cela veut dire que Volvo se verrait comme une compagnie aérienne dans le futur? Nous serons plutôt un Boeing qu’un Lufthansa", pointe Hakan Samuelsson.

Le design de la 360c a été entièrement pensé en fonction de son type d’utilisation. 4 designs intérieurs ont été réalisés. Des clients fournisseurs de services de mobilité comme Uber et consorts commanderaient par exemple 50% de voitures-couchettes, 30% de voitures-bureaux, etc. selon les besoins. Au final, le client serait abonné et en fonction de ses demandes les voitures seraient dispatchées. En parallèle, ce type de voiture nécessiterait un nouveau travail sur la sécurité des véhicules et donnerait une importance accrue au design intérieur.

Comme les voitures voyageraient de nuit, elles ne créeraient pas de problèmes de congestion et Volvo rappelle que l’on pourra mettre davantage de voitures sur des routes dédiées aux voitures autonomes.

Économique et écologique

Mårten Levenstam pense qu’il y a un business model pour remplacer des courts trajets en avion par de la conduite autonome. Un avion coûte environ un million de dollars par siège passager, une voiture autonome coûtera bien moins cher par siège. De plus, l’énergie dépensée pour les court-courriers est colossale. Remplacer ces trajets par des voitures autonomes électriques rechargées avec de l’énergie verte, offrirait un gain en CO2 évident, selon le patron de la stratégie de Volvo.

Volvo 360c ©Volvo

Évidemment, le timing pose question. Une voiture comme la 360c "ce ne sera pas dans les 15 prochaines années" avoue Hakan Samuelsson. Mais il promet déjà une voiture dédiée "ride hailing" dans les années 2020. Quant à la prochaine architecture Volvo, elle sera déjà prête au niveau matériel pour la conduite autonome.

Volvo estime que peu d’acteurs travaillent actuellement sur les promesses amenées par le véhicule autonome. La société aimerait que de nombreuses entreprises s’impliquent dans ce qui s’annonce comme une révolution. "Comme la voiture au début ou le smartphone, les gens ne se rendent pas compte de la façon dont la voiture autonome va changer leurs vies", insiste Levenstam.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content