Volkswagen mise à fond sur l'électro-mobilité

Un modèle entièrement électrique chez VW comptera quelque un milliard de codes, au lieu de 50 à 100 millions aujourd’hui pour une classique Golf. ©Bloomberg

Dans le cadre d’un ambitieux programme de développement de l’électro-mobilité, VW a annoncé la suppression de 5.000 à 7.000 emplois. En parallèle, il annonce la création de 2.000 emplois dans l’architecture électronique et l’informatique.

Le constructeur allemand Volkswagen a annoncé mercredi jusqu’à 7.000 suppressions d’emplois – rien que pour la marque VW – dans le cadre d’un ambitieux programme de développement de l’électro-mobilité. Le groupe VW a en effet revu ses ambitions à la hausse. Le constructeur entend développer d’ici 10 ans 70 nouveaux modèles électriques, au lieu des 50 annoncés jusqu’ici. La plateforme e-mobile du groupe doit produire dans les prochaines années 22 millions de véhicules (au lieu de 15 millions) et l’électro-mobilité doit représenter 40% des ventes d’ici 2030.

Trente milliards

40%
L’électro-mobilité doit représenter 40% des 22 millions de véhicules que de Volkswagen veut vendre d’ici 2030.

Trente milliards d’euros seront investis d’ici là dans ce programme qui doit permettre au groupe d’accroître sa rentabilité de 5,9 milliards d’euros par an à partir de 2023. Revers de la médaille, le prix social en sera élevé. "L’entreprise part du principe que d’ici 2023, 5.000 à 7.000 emplois (rien que pour la marque VW) seront supprimés, du fait de l’automatisation de postes de travail. Les départs en retraite ne seront pas remplacés", a expliqué mercredi Herbert Diess, le président du directoire, rappelant que la construction d’une voiture électrique nécessite "30% de salariés de moins que pour un modèle à combustion classique".

Développeurs de logiciels

Les effectifs doivent également fondre de 15% dans l’administration. En contrepartie, VW devra recruter dans les nouvelles technologies. "Nous allons nous transformer en développeurs de logiciels", précise Herbert Diess, en annonçant en parallèle la création de 2.000 emplois dans l’architecture électronique et l’informatique. "Un modèle entièrement électrique comptera quelque un milliard de codes, au lieu de 50 à 100 millions aujourd’hui pour une classique Golf", estime Herbert Diess.

La direction, liée par l’engagement pris lors des dernières négociations collectives de garantir l’emploi jusqu’en 2025, doit éviter les licenciements secs. "Il ne faut pas oublier que l’Etat, en l’occurrence le Land de Basse-Saxe, est actionnaire à hauteur de 20% du capital de VW. Politiquement, il faut à tout prix éviter les plans sociaux, contrairement à ce qui se faisait couramment dans l’automobile dans les années 70 ou 80", rappelle Frank Schwope, analyste chez Nord LB. Les salariés allemands seront donc relativement épargnés. Mais dans l’usine tchèque de Bratislava, 3.000 emplois doivent disparaître, 800 contrats à durée déterminée ne seront pas renouvelés et dans le secteur des 4x4, le retour aux trois-huit (au lieu des quatre-huit à l’heure actuelle) est envisagé. "Les suppressions de poste ne concernent cette fois que la marque VW, mais le groupe ne va pas en rester là, estime Frank Schwope. À mon sens, le prochain constructeur du groupe à annoncer des mesures similaires pourrait être Audi, dont le nouveau chef a déjà évoqué la possibilité de réduire les effectifs." Seat et Skoda pourraient suivre le mouvement.

Combler le retard sur Renault-Nissan

VW entend ainsi combler le retard pris sur Tesla au niveau technologique, et surtout sur Renault-Nissan. "Tesla n’est pas vraiment un concurrent direct pour VW, rappelle Frank Schwope. La marque serait plutôt un concurrent pour BMW ou Audi. Renault-Nissan est numéro 1 en Europe pour les voitures électriques, mais pour VW le retard n’est pas tel qu’il soit impossible à rattraper. Dans le passé déjà, VW a fait preuve de sa capacité à s’adapter, par exemple sur le segment des 4x4 ou avec le Touran."

L’inconnue aux yeux de Frank Schwope reste le comportement du marché. "Les principaux points d’interrogation concernent le prix de vente des véhicules et le développement des bornes de rechargement des batteries." Angela Merkel avait promis 1 million de voitures électriques sur les routes allemandes d’ici 2020, pour permettre à l’Allemagne de respecter ses ambitions en termes de réduction des émissions de CO2. "L’objectif, assure Frank Schwope, ne sera pas atteint."

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