Volvo Gand assemblera dès 2018 le SUV compact XC40

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Une nouvelle plateforme de production automobile verra le jour en 2018 à Gand. Volvo y produira un SUV, tout comme Audi s’apprête à le faire à Bruxelles avec la Q6 électrique.

"Un futur plein de promesses", voilà comment on parle de l’usine de Gand chez les cadres de Volvo Cars au salon automobile de Genève. Et pour cause, en pleine transformation, l’usine de Gand accueillera la toute nouvelle plateforme CMA (Compact Modular Architecture) en 2018. Une plateforme qui se concentrera sur les plus petits modèles de Volvo de la série 40 et qui nécessitera des investissements de 200 millions d’euros sur le site. "Les voitures basées sur le CMA sont sur le segment qui connaît le plus de croissance", assure Lars Wrebo, senior vice-président en charge du manufacturing chez Volvo Cars.

La première voiture produite sur cette plateforme sera un SUV compact (XC40). Un développement logique alors que c’est ce segment des SUV compacts que Volvo veut attaquer. Avec la production de la Q6 électrique à Audi Brussels, notre pays deviendra donc fortement orienté SUV.

Du pain bénit pour Gand

À Gand, une période de transition sera nécessaire. L’usine a produit presque 250.000 voitures en 2015 et va recevoir la V60 depuis Torslanda (Gothenburg) début 2017. L’usine produira ensuite tous les V60 de Volvo à partir de la 17e semaine de 2017. Car en Suède, le SUV XC 90, le tout nouveau break V90 et la grande berline S90 prendront toutes les capacités.

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L’arrivée du modèle à Gand est donc du pain bénit pour une usine qui emploie 5.500 personnes et qui fonctionne en trois shifts (dont un la nuit). Les modèles actuellement produits à Gand, la S60, la XC60 et la V40 vont en effet perdre en volumes en attendant leurs nouvelles versions. Il ne faudra donc pas engager pour produire la V60 en 2017, mais l’arrivée de ce modèle permettra par contre de limiter le chômage économique.

Puis, plus tard en 2017, Gand arrêtera de produire cette série 60 pour se concentrer vers cette nouvelle plateforme. Trois plateformes vont néanmoins coexister pendant une période limitée sur le site. Pas impossible, mais un beau défi pour le site gantois.

Plug-in Hybrid

L’une des grosses annonces ici à Genève, c’est le break V90. Quelle importance a ce véhicule pour le groupe Volvo?

C’est une voiture très importante pour l’Europe. Avec cette voiture, notre gamme est complète. Les trois modèles de base ont été révélés. L’année passée, nous avons franchi le cap du demi-million de voitures vendues avec une profitabilité qui a bien augmenté, à 4%. Maintenant on doit s’atteler à la transformation de la société, qui est loin d’être achevée. Nous devons encore accroître notre profitabilité. C’est mieux qu’avant mais c’est loin d’être suffisant. On est content avec nos résultats, mais pour 2020, ce n’est pas assez.

Qu’est-ce qui sera suffisant et comment comptez-vous augmenter ces marges?

Nous devrions doubler notre rentabilité et être en ligne avec nos concurrents dans le Premium. Principalement sur les nouvelles voitures. Il faudra aussi développer le processus de vente et de services dans la direction du Premium. Il faudra arriver à convaincre nos clients du caractère pertinent et Premium de nos nouvelles voitures et de nos services.

Les "grandes voitures" de Volvo fonctionnent bien. Est-ce que l’objectif des 800.000 voitures par an sera atteint surtout avec les plus petites voitures qui arrivent dans la gamme?

En partie, oui. Mais la part de marché en Europe continentale est cruciale. Nous avons 1% de part de marché et nous voulons la doubler d’ici 2020. Notre entrée dans le segment des plus petites voitures va nous aider à y arriver, mais nous devons aussi être plus forts dans le segment des berlines et des breaks.

Ce segment de la série 40 (qui sera produit à Gand, NDLR) n’est-il pas plus difficile que celui des voitures de luxe?

Tous les segments sont difficiles. Nous nous spécialisons dans le Premium Volvo. C’est la même valeur de marque que pour les séries 60 et les séries 90.

La plupart des marques ont aujourd’hui des SUV compacts. Ne craignez-vous pas d’arriver trop tard dans ce segment?

Non, la voiture doit être prête dans cette période de trois ans.

Vous dites que vous devez avoir une gamme plus large dans la série 40. On va donc voir une S40 aussi?

On a déjà une V40 et notre première ambition est d’avoir d’abord un SUV.

La XC 90 en version "Plug-in Hybrid" a été un très grand succès depuis le lancement. Comment cela s’est-il passé en 2015?

C’est trop tôt pour donner des chiffres, mais on a dit que 10% de nos voitures seraient des "Plug-in Hybrid" d’ici 2020. Les chiffres que j’ai vus vont dans ce sens, mais nous devrons revenir sur cela plus tard. Au début, il y a toujours des pourcentages plus élevés pour les versions les plus haut de gamme.

 

Pendant la période de transition, le Plug-in Hybrid (véhicule à deux moteurs dont un électrique rechargeable) va également arriver à l’usine de Gand sur la V60, et quand l’usine passera à la nouvelle plateforme elle sera "hybrid-ready". Les procédures de tests, de sécurité, les besoins pour travailler avec ce type de voiture seront tous déjà maîtrisés dans l’usine. De nombreux employés devront ainsi être formés, notamment dans la logistique et l’assemblage, pour manipuler en toute sécurité des pièces à haut voltage.

"Avec la CMA, on aura plus ou moins le même niveau de production même si la capacité peut aller jusqu’à 300.000 véhicules par an", explique Lars Wrebo. "La CMA amène une valeur ajoutée à l’usine et nous ferons davantage nous-mêmes", ajoute Lars Wrebo, alors que certaines tâches devaient auparavant être externalisées.

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