1,5 million remboursé aux voyageurs de Thomas Cook

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Près de 22.000 dossiers ont été ouverts concernant 70.000 voyageurs du tour-opérateur. Près d’un millier ont abouti. 90% des dossiers devraient être traités d’ici le mois de mai.

Le Fonds de Garantie Voyages (GFG en acronyme bilingue) a publié le bilan des dossiers traités jusque fin 2019 dans le cadre de la faillite du voyagiste Thomas Cook. Il en ressort que, dès l’annonce de la faillite, 13.000 voyageurs ont été aidés car ils étaient déjà à destination. Par ailleurs, 22.000 dossiers ont été ouverts concernant 70.000 voyageurs à rembourser.

À la fin de l’année, environ 1.000 dossiers complets ont été traités et 2.069 passagers ont été remboursés (un dossier peut contenir plusieurs voyageurs) pour un montant total d’environ 1,5 million d’euros. Cela peut paraître peu de cas traités, mais cela est dû à la présentation des dossiers eux-mêmes. Ceux-ci doivent être complets, avec toutes les pièces justificatives, et il faut s’assurer de leur authenticité. Des anciens de Thomas Cook sont arrivés en renfort au GFG pour traiter tout le volet du tour-opérateur.

Fin 2019, 1.000 dossiers ont été traités et 2.069 passagers remboursés.

La faillite est intervenue le 24 septembre et il avait été promis que les premiers remboursements se feraient dans les trois mois, ce qui a donc été le cas. Notons que, contrairement à ce qui s’est passé en Grande-Bretagne ou en Allemagne, le contribuable belge n’a pas été sollicité car le GFG est financé et géré par le secteur du voyage belge lui-même. C’est dire qu’il ne rembourse que les voyageurs qui sont passés par des agences de voyages ou des tour-opérateurs agréés.

Or, à en croire Mark De Vriendt, directeur général du Fonds de Garantie, "environ 75% des Belges voyagent sans cette protection". Le voyageur qui a tout organisé tout seul ne sera en aucun cas couvert par le GFG et devra se débrouiller seul aussi en cas de faillite.

Toujours selon Mark De Vriendt, à l’horizon mai 2020, quelque 90% des dossiers auront été traités. On verra alors ce que cela aura coûté au GFG qui, rappelons-le, est lui-même réassuré auprès d’autres compagnies, comme c’est souvent l’usage dans le secteur des assurances.

Vingt-trois compagnies aériennes, dont neuf européennes, ont été déclarées en faillite l’année dernière. En Europe, Adria Airways (Slovénie), Aigle Azur et XL Airways (France), Germania (Allemagne), Wow Air (Islande), Fly BMI et Thomas Cook Airlines (Royaume-Uni) sont concernées, ainsi que les deux filiales espagnole et danoise de cette dernière.

Parmi les grandes compagnies mondiales, on citera notamment Avianca (en Argentine et au Brésil), Peruvian Airlines (Pérou) ou Jet Airways (Inde). En France, la faillite d’Aigle Azur et de XL Airways, qui ont laissé en rade respectivement 13.000 et 1.500 passagers, a relancé l’idée d’un fonds de garantie des compagnies aériennes.

Si les passagers de Thomas Cook ont été ou sont en voie de remboursement en Belgique, c’est parce qu’il s’agit d’un tour-opérateur et qu’il était assuré au Fonds de Garantie Voyages (GFG) à ce titre. De surcroît, les opérations de Thomas Cook Airlines avaient été reprises par Brussels Airlines.

Cela dit, les grandes compagnies aériennes sont peu enclines à participer à l’assurance de leurs concurrents low-cost, qu’elles voient comme des"cow-boys qui viennent piétiner leurs plates-bandes en les forçant à baisser les tarifs à la limite du raisonnable", pour reprendre les termes utilisés en juin dernier à Séoul par un directeur de compagnie européenne.

Dans son bilan financier annuel, l’Association du transport aérien international (Iata) relève que "de nombreuses compagnies aériennes sont tout juste au seuil de rentabilité ou subissent des pertes, ce qui explique la série de faillites de compagnies européennes observée en 2019".

Malgré les incertitudes qui pèsent sur le plan géopolitique (conflit Iran-USA, guerre commerciale Chine-USA, Brexit…) et leurs conséquences sur les prix du fuel et sur le trafic aérien, l’Iata reste optimiste pour l’année en cours. Les compagnies européennes devraient enregistrer un bénéfice net global de 6,2 milliards de dollars en 2019 et de 7,9 milliards en 2020.

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