Airbus termine l'année en beauté mais ne lève pas l'incertitude sur l'avenir de l'A380

©REUTERS

L’avionneur européen a multiplié les commandes pour la famille A320 ces derniers jours. Mais 2018 sera décisive pour l’A380, tandis que les enquêtes sur des soupçons de fraude se poursuivent.

Airbus a terminé l’année en beauté avec une série de commandes impressionnantes qui relèguent temporairement au second plan les problèmes de gouvernance, plusieurs enquêtes sur des soupçons de fraude et l’incertitude qui continue de planer sur l’avenir du programme A380.

Le groupe européen a enregistré récemment des commandes pour 100 appareils de la part de Delta Air Lines, pour 50 chacun de la part des loueurs aéronautiques AerCap et China Aircraft Leasing (CALC) et pour 75 de la part de deux autres compagnies aériennes. Airbus a également confirmé la finalisation d’une commande géante, de près de 50 milliards de dollars au prix catalogue, pour 430 moyen-courriers de la famille A320neo de la part de la société américaine Indigo Partners pour le compte de quatre compagnies aériennes.

Avant ce rush inédit de fin d’année, Airbus avait recensé un total de 705 commandes de monocouloirs à la fin novembre. L’avionneur pourrait donc passer d’ici la fin de l’année la barre des 1.000 unités pour les moyen-courriers. Sur ce segment, il est au coude-à-coude avec son rival Boeing. Au-delà de ces chiffres colossaux, certains s’inquiètent des répercussions sur les marges bénéficiaires en raison des rabais importants consentis par Airbus. Des efforts sur les prix que le groupe répercute sur ses sous-traitants – dont de nombreux belges – priés eux aussi de faire des efforts de compétitivité.

Le contexte mitigé n’a pas empêché Airbus de battre des records en Bourse.

En revanche, l’année a été mauvaise pour les commandes de gros porteurs. Le constructeur en a vendu 46 depuis le début de l’année et a été battu sèchement par Boeing, qui en a vendu trois fois plus en raison du succès de son Dreamliner dont les ventes sont à leur plus haut niveau depuis 2013.

Et surtout, il y a l’incertitude qui plane sur l’avenir de l’A380, le plus gros avion commercial du monde. Airbus espère toujours décrocher une commande de 36 de ces appareils auprès d’Emirates, qui permettrait de prolonger, voire relancer le programme.

Les discussions avec la compagnie du Golfe se poursuivent. Si elles échouent une nouvelle fois, le scénario d’un arrêt progressif de la production de l’A380 est évoqué dans les couloirs du groupe aéronautique.

L’année 2017 aura par ailleurs été particulièrement éprouvante pour Airbus, le moral de ses commerciaux étant ébranlé par les enquêtes judiciaires en France et au Royaume-Uni sur l’utilisation d’intermédiaires par une entité du groupe aujourd’hui dissoute.

Ce contexte mitigé n’a pas empêché Airbus de battre des records en Bourse. L’action affiche une progression de plus d’un tiers début janvier, la quatrième plus forte de l’indice CAC 40 à Paris. 

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