Brussels Airlines va consulter son personnel

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Une nouvelle proposition va être présentée aux pilotes de Brussels Airlines, soit une nouvelle étape dans le conflit social qui mine la compagnie belge.

Direction et syndicats au sein de Brussels Airlines sont tombés d'accord ce lundi soir sur une proposition afin d'améliorer les conditions de travail des pilotes. Ces derniers ont désormais une semaine afin d'évaluer le texte.

"Nous allons soumettre cette proposition de la manière la plus neutre possible aux pilotes."

Les syndicats n'ont pas souhaité évoquer un "projet d'accord". "Il s'agit d'une proposition", ont-ils souligné. "Nous allons la soumettre de la manière la plus neutre possible aux pilotes."

Le contenu du texte n'a pas été détaillé, mais des progrès ont été réalisés concernant les salaires et l'équilibre vie professionnelle-vie privée. "Nous espérons parvenir à un accord sur base de cette offre", a réagi la direction. Au total, Brussels Airlines occupe environ 550 pilotes dont 20% de pilotes contractuels. Le résultat du vote sera connu au début de la semaine prochaine.

Abolir le régime de travail 7/3

Le 11 juin est la date limite fixée par les pilotes pour évaluer les propositions de la direction de Brussels Airlines pour rencontrer leurs revendications avant de décider d’éventuelles actions. Le personnel navigant réclame une revalorisation salariale, mais surtout des temps de service permettant aux pilotes d’avoir un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Selon nos informations, un protocole d’accord est sur la table et les discussions tournent autour de ses dispositions.

Selon nos informations, un protocole d’accord est sur la table et les discussions tournent autour de ses dispositions. Il proposerait un plan de carrière avec des critères basés sur l’ancienneté (3 ans ou 4 ans, etc.). Il est aussi question d’abolir le régime actuel de prestation imposé aux pilotes. Mais par quoi va-t-on le remplacer? Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne veulent plus voler dans un régime de 7 jours de prestations suivis de 3 jours de repos alors que dans les autres compagnies aériennes, leurs confrères évoluent dans un régime de 5-6 jours de travail suivis de 4 jours de repos.

Il y a quelques jours, un accord semblait se dessiner sur les heures supplémentaires. Il est question de les rémunérer à 150% sur base d’un calcul qui devrait se faire après un mois. Depuis le plan d’économies "Beyond 2012-2013" d’il y a 5 ans, les heures supplémentaires sont payées à 70% et le calcul se fait après 6 mois. Par ailleurs, il arrive souvent que, lors du calcul des heures supplémentaires après les 6 mois, Brussels Airlines troque celles-ci contre des jours de congé plutôt que de les payer aux pilotes.

L’autre proposition sur la table est la CCT 90 (avantages non récurrents liés aux résultats). La direction offre aux pilotes un montant de 2.700 euros pour les commandants de bord et 1.700 euros pour les copilotes. Or, le maximum autorisé est fixé à 3.300 euros. Mais comme on dit dans ce genre de négociations, tant qu’il n’y a pas accord sur tout, il n’y a accord sur rien.

Se positionner fin juin

D’après des sources proches du dossier, les ouvertures de la direction sur la table sont jugées très faibles, d’où la longueur des discussions. Reste à savoir si la filiale de Lufthansa, désormais adossée à Eurowings, ira encore plus en avant dans ses propositions pour satisfaire les pilotes. En attendant, plusieurs d’entre eux quittent la compagnie aérienne belge pour chercher leur bonheur dans d’autres cockpits. Certains rejoignent Air France-KLM et d’autres ont pris place dans le cockpit de la nouvelle compagnie aérienne Air Belgium.

La question est aussi de savoir si Brussels Airlines arrivera à éviter la menace de grève des pilotes qui lui pend au nez. Il faut dire que les déclarations de Carsten Spohr, le patron de Lufthansa n’a pas apaisé les esprits. Il a menacé de ne pas consentir au renouvellement de la flotte si Brussels Airlines n’améliore pas ses résultats ou si une grève devait paralyser les opérations. Certains responsables syndicaux estiment qu’il faut attendre le plan stratégique annoncé pour la fin du mois de juin par le comte Étienne Davignon, président de la compagnie pour prendre position. D’autres sont motivés pour débrayer avant cette échéance.

En attendant, d’autres corps de métier pourraient entrer dans l’arène des revendications. "Le personnel de cabine affilié à la CSC va tout faire pour soutenir les pilotes dans leurs revendications, notamment en matière d’équilibre vie privée-vie professionnelle. Le personnel de cabine est aussi concerné", nous a confié Didier Lebbe, permanent à la CNE.

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