Ça sent le non des pilotes chez Brussels Airlines

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Les premières indications du vote en ligne des pilotes de Brussels Airlines laissent entrevoir une victoire du non aux propositions de la direction.

Des nuages commencent à s’amonceler dans le ciel de Brussels Airlines. Selon nos informations, des pilotes se sont déjà prononcés massivement sur les propositions mises sur la table par la direction de la compagnie aérienne belge en vue de rencontrer les exigences du personnel navigant. Ce dernier demande une nouvelle organisation des prestations pour pouvoir mieux concilier leur activité avec leur vie professionnelle. Il souhaite aussi une amélioration de leur pouvoir d’achat par l’intermédiaire d’une augmentation de salaire.

"Si le non devait l’emporter, on va devoir se remettre autour de la table des négociations avec les organisations syndicales et les représentants des pilotes."
Wencke Lemmes-Pireaux
Porte-parole de Brussels Airlines

Selon des sources proches du dossier, c’est le non qui l’emporte pour l’instant à quelques jours de la clôture du vote fixée à lundi 25 juin. Certains échos indiquent que deux tiers des votants se seraient prononcés contre les propositions de la direction et le tiers restant les aurait avalisées. "Le référendum est toujours en cours et on ne sait rien pour l’instant. Il faut attendre le résultat final lundi, mais si le non devait l’emporter, on va devoir se remettre autour de la table des négociations avec les organisations syndicales et les représentants des pilotes. On ne peut pas rester comme ça", nous a confié Wencke Lemmes-Pireaux, porte-parole de Brussels Airlines.

Réunion filmée

Pour assurer une large diffusion de ses propositions et se donner les chances d’emporter l’adhésion du personnel navigant, la direction de la filiale de Lufthansa, désormais accrochée à Eurowings, a initié des réunions d’information avec les pilotes. Une première rencontre a eu lieu jeudi matin au siège de Brussels Airlines à Zaventem en présence de la nouvelle CEO, Christina Foerster. Mais l’assemblée n’était pas particulièrement fournie. Seulement une quinzaine de pilotes aurait assisté à la réunion à b.house. "Nous communiquons au maximum pour que les pilotes soient au courant de nos propositions. Ils sont soit en vol, soit en repos et pas dans les bureaux. Ce n’est pas toujours facile de les toucher", précise-t-elle. La réunion était filmée et la vidéo sera mise sur l’intranet de la compagnie. Visiblement, les ouvertures de la direction ne semblent pas convaincre les pilotes. "Les propositions de la direction ne sont pas aussi solides que ça. Elles sont joliment présentées, c’est comme une belle peinture sur un mur, mais derrière il n’y a pas grand-chose", nous a confié un membre du personnel navigant. "On sait bien que la direction fait avec ce que lui donne Lufthansa, mais pour l’instant les avancées sont maigres quand on plonge dans les détails des propositions", renchérit un autre.

D’après les tenants du non, le 13e mois annoncé pour les pilotes n’en est pas vraiment pas un. Une partie serait payée via la CCT90 (avantages non récurrents liés aux résultats de l’entreprise) et une autre serait liée à un plan cafétéria (intervention de l’entreprise dans l’achat de divers biens: smartphone, PC, etc.). Ils rappellent que le personnel au sol bénéficie lui d’un vrai 13e mois.

"On sait bien que la direction fait avec ce que lui donne Lufthansa, mais pour l’instant les avancées sont maigres quand on plonge dans les détails des propositions."
Un pilote

Ils descendent en flèche le paiement des heures supplémentaires à 150%. "Les 15 premières heures continueront à être payées à 70%. Par ailleurs, les mesures avancées ne seront pas appliquées immédiatement. Elles entreront en vigueur en 2019, voire en 2020. La direction veut imposer à ceux seront promus commandants ou copilotes d’accepter des contrats temporaires pendant une période qui n’est pas déterminée. C’est inacceptable", critiquent de nombreux pilotes qui nous ont confié leur dilemme.

Certains reconnaissent cependant une avancée dans les temps de service pour garantir un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle (abandon du système de 7 jours de travail suivis de 3 jours de repos, augmentation des périodes de repos, etc.), mais relèvent-ils, "c’est insuffisant". Si le vote négatif se confirme, c’est une grève qui pend au nez de Brussels Airlines. Mais plusieurs pilotes se demandent s’il faut vraiment lancer un mouvement social en juillet et août, car ils redoutent que la maison mère (Lufthansa) utilise le blocage pour leur imposer des mesures drastiques. "Peut-être que les dirigeants de Lufthansa font exprès de ne rien donner pratiquement et de se servir d’un mouvement de grève  pour se débarrasser de la compagnie ou l’intégrer totalement dans Eurowings", analysent certains pilotes.

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