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Davantage de pilotes belges mobilisés contre Ryanair

©AFP

Les pilotes de la Belgian Cockpit Association (BeCA) rejoignent le syndicat chrétien et rejettent la contre-proposition de convention collective envoyée par Ryanair. Ils se croiseront les bras le 28 septembre prochain. Dans le même temps, les actionnaires de Ryanair ont tapé sur les doigts du président de la compagnie irlandaise.

Le CEO de la compagnie low cost, Michael O'Leary, reste en place. Les actionnaires lui ont accordé leur confiance à 98,5%, tout en lui exprimant leur frustration après l'enchaînement des grèves ces derniers mois. A noter que la cote de popularité de l'emblématique patron recule très légèrement: elle était à 99% lors du précédent vote de l'assemblée générale des actionnaires.

Michael O'Leary, le patron de Ryanair ©REUTERS

Le président de la compagnie garde aussi la confiance des actionnaires. Réélu avec 70,5% des voix, David Bonderman n'est cependant pas parvenu à rééditer son score de 89% atteint l'an dernier. Autrement dit, les actionnaires possédant un total de presque 30% des titres n'ont pas voté pour sa reconduction, soit un sérieux signal d'alarme en direction du président Bonderman. Il faut dire que Ryanair vit la pire période de son histoire alors que ses travailleurs réclament des changements en matière de droit du travail.

L'association LAPFF, qui représente des fonds de pension présents au capital de Ryanair, s'est félicité du "petit" score de David Bonderman contre lequel elle avait appelé à voter. "Ryanair n'a pas pris à bras le corps les inquiétudes autour de la relation troublée de l'entreprise et de ses employés et de son impact potentiel sur l'activité", a jugé le président du LAPFF, Ian Greenwood. "Les problèmes de l'entreprise avec ses employés mettent en exergue des inquiétudes de longue date à propos de la gouvernance de l'entreprise et en particulier de la volonté et de la capacité de M. Bonderman à superviser son conseil d'administration et à influencer son directeur général, Michael O'Leary", a-t-il ajouté.

Le bras de fer continue

Les pilotes et le personnel de cabine veulent que la compagnie à bas prix applique les législations nationales sur le travail ainsi que la législation européenne, des exigences appuyées par les autorités européennes. Ce bras de fer a entraîné plusieurs grèves ces derniers mois et a soudé 5 syndicats européens. Ceux-ci prévoient à présent de reconduire leurs mouvements à raison d'une journée par mois jusqu'à ce que leurs demandes soient satisfaites.

La prochaine grève aura lieu le vendredi 28 septembre. En Belgique, c'est la CNE qui joue les premiers rôles dans la contestation. Le syndicat chrétien a rejeté la proposition des Irlandais de reconnaître des délégations syndicales en Belgique et d'inscrire la législation nationale sur le travail dans les futures conventions collectives, une proposition conditionnée par l'annulation de la grève du 28 septembre. À l’opposé de la CNE, le SETCa et la CGSLB estiment que la proposition de Ryanair ouvre enfin la voie vers la construction d’un semblant de concertation sociale.

Mais, ce jeudi, un autre syndicat s'est joint à la contestation. L'organisation de pilotes Belgian Cockpit Association (BeCA) dit suivre le syndicat chrétien et rejette donc la contre-proposition envoyée par Ryanair. "Après une analyse détaillée du texte, nous devons hélas conclure que cette nouvelle version n'est pas acceptable", indique la BeCA dans un communiqué. L'association va donc soutenir les actions de grève organisées par les membres d'équipage le 28 septembre. "Ryanair veut postposer l'application du droit du travail belge jusqu'à mars 2020. C'est inacceptable", explique l'organisation, affirmant que cette application est "un prérequis à tout processus de négociations". "Nous pensons que la réponse de Ryanair n'est qu'une nouvelle tentative visant à gagner du temps et ainsi éviter toute autre action."

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