interview

"Le rachat de l'américain LMI stabilisera les activités et l'emploi chez Sonaca"

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Après avoir bouclé les négociations pour le rachat de la société américaine LMI Aerospace, le groupe wallon Sonaca attendait encore la fin de toute une série de procédures aux USA avant d’en prendre officiellement les commandes. Selon nos informations, celles-ci viennent d’être clôturées avec succès. Une nouvelle aventure démarre maintenant pour Bernard Delvaux, CEO de Sonaca et ses équipes.

Bernard Delvaux, quel sentiment éprouvez-vous aujourd’hui?
En réalité, il y a 4 ou 5 procédures qui ont été clôturées. La société des autorités de bourse devait donner son aval, de même que les autorités de la concurrence. Les actionnaires devaient aussi accepter de vendre au prix proposé. Les autorités américaines devaient aussi vérifier que les intérêts stratégiques et sécuritaires du pays n’étaient pas menacés. Toutes ces procédures sont désormais closes et nous venons de transférer l’argent de l’achat aux USA grâce à une augmentation de capital qui a été faite hier. Sonaca est désormais officiellement propriétaire de LMI Aerospace. Depuis le "signing" en février, nous avions bon espoir que l’opération se réalise. Nous allons maintenant avoir accès à des informations que nous n’avions pas en raison du fait que LMI était cotée en bourse (Nasdaq).

A combien s’élève l’augmentation de capital?
Il s’agit d’une augmentation de capital de 100 millions d’euros dont 85 millions apportés par Wespavia (SRIW/Région wallonne) et 15 millions par la SFPI (Société fédérale de participations et d’investissement, NDLR). A l’issue de cette opération, la Région wallonne devient actionnaire à 93% et la SFPI à 7% (3% précédemment). La Sabca a une action.

Comment va se passer l’intégration de LMI?
Nous avons déjà élaboré un plan d’intégration piloté par un responsable de projets qui est un membre du personnel de Sonaca. Il va gérer 13 projets dont la moitié des leaders seront aux USA et la moitié en Région wallonne pour avoir un équilibre. Ils concernent notamment les finances, l’informatique, les opérations, le commercial, etc. Ils travailleront sous la supervision d’un comité que je présiderai. Des Synergies sont attendues entre les deux entreprises. Sur base des premières analyses, des synergies financières seront déjà présentes dès le 1er janvier 2018. LMI gardera son nom et restera aux USA, mais la société changera son visuel pour adopter celui de Sonaca. Elle sera retirée du Nasdaq. Le CEO et le management restent en place et ont accepté de signer un nouveau contrat avec nous.

Les synergies attendues ne risquent-elles pas d’avoir un impact négatif pour l’emploi?
Non, au contraire. Nous allons pratiquer l’insourcing, c’est-à-dire que des produits qui étaient initialement achetés par LMI à l’extérieur seront désormais fabriqués à Sonaca et inversement. Grâce à LMI, nous aurons désormais accès à des clients comme Boeing et Gulfstream. Grâce à nous, l’entreprise américaine touchera des clients européens (Airbus, Dassault, Bombardier, etc.). Il y aura des synergies commerciales importantes. Ce serait présomptueux d’affirmer qu’il y aura une augmentation de l’emploi, mais le rachat de LMI permettra au moins de stabiliser les activités et fournira une masse critique d’activités aux ateliers. Il nous rendra moins dépendants du dollar. La moitié de nos coûts sera en dollar et l’autre moitié en euro.

Que répondez-vous à certains membres du conseil d’administration de Sonaca qui ont fait entendre des voix divergentes sur l’opération?
Ils nous ont poussés à faire des analyses détaillées et je respecte les opinions divergentes. Mais il faut aussi respecter le vote de la majorité. A nous de prouver maintenant que l’acquisition de LMI était une bonne décision et de la transformer en succès économique.

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