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Les actionnaires belges de Brussels Airlines refusent l'offre de Lufthansa

©BELGA

Les actionnaires belges ont envoyé un courrier de refus de l’offre actuelle de Luthansa sur Brussels Airlines. Ils s’inquiètent aussi pour l’emploi. Le groupe allemand enclenchera la levée de l’option d’achat ce mercredi.

Les actionnaires belges de SN Air Holding, propriétaire à 100% de la compagnie Brussels Airlines se lancent dans un bras de fer avec Lufthansa. Le groupe allemand 45% de SN Air Holding et, conformément aux conventions, veut désormais s’emparer des 55% restants. Mais le prix proposé (2,6 millions d’euros) n’enchante guère les actionnaires belges. Selon nos informations nos informations, les Belges auraient envoyé un courrier aux dirigeants de Lufthansa pour leur signifier qu’ils ne sont pas d’accord avec le prix proposé et signaler leur inquiétude en matière d’emploi.

"Que Brussels Airlines soit en situation de rembourser le prêt en 2015 ne change rien."
source proche du dossier

Le conseil de surveillance de Lufthansa se réunit ce mercredi et selon toute vraisemblance, il donnera le feu vert au comité de gestion du groupe allemand d’exercer l’option d’achat des 55% de SN Air Holding. "Il doit être question de lancer les discussions pour la réalisation du rachat d’ici la fin de l’année. Donc, ce n’est pas pour maintenant", nous a confié une source proche du dossier.

Les actionnaires belges se demandent pourquoi Lufthansa active maintenant la "crisis call" maintenant à un moment où la compagnie aérienne belge va bien et dispose d’une trésorerie de plus de 200 millions d’euros. Ils s’interrogent aussi sur l’attitude des représentants de Lufthansa qui ont participé fin 2015 à la réunion du conseil d’administration de SN Air Holding et en s’y prononçant contre le remboursement d’un prêt de 45 millions à Lufthansa.

D’où l’accusation de juge et partie et de conflit d’intérêt. Aujourd’hui, ils se servent de ce prêt pour justifier l’application de la "crisis call" (exercice de l’option d’achat en situation de crise). En "normal crisis", Lufthansa doit débourser environ 150 millions d’euros!

Deux interprétations

En décidant d’appliquer la "crisis call", Lufthansa ne fait que respecter de la convention de 2008. Elle stipule que la "crisis call" s’applique sur base de la situation de Brussels Airlines en 2014. Or, il y a deux ans, la compagnie aérienne belge était endettée et n’était pas en mesure de rembourser le prêt de 45 millions. "Que Brussels Airlines soit en situation de rembourser le prêt en 2015 ne change rien, c’est la situation de 2014 qui prime", analyse une source proche du dossier.

"C’est une question d’interprétation. Si Lufthansa était aussi sûr de son analyse, le groupe allemand n’aurait pas demandé à avoir l’accord individuel de chaque actionnaire belge pour se prémunir contre toute action juridique à l’avenir", rétorque-t-on dans l’entourage des actionnaires belges.

Contacté par nos soins, Etienne Davignon, président de Brussels Airlines s’en tient à la convention.

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