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Panne chez Belgocontrol: les 3 explications

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Une combinaison de trois facteurs est à l'origine de la panne qui a paralysé l'ensemble du ciel belge le 27 mai dernier. Un audit externe sur tous les systèmes critiques a été commandé par l'entreprise publique. Les coûts engendrés par cet incident ne sont pas encore connus. Belgocontrol s'attend déjà à payer la note alors que plusieurs opérateurs sont tombés d'accord pour réclamer une indemnisation.

Selon les résultats préliminaires des analyses menées, la coupure de l'alimentation électrique d'une partie de l'équipement de Belgocontrol découle d'une combinaison de 3 facteurs:

  • la vérification mensuelle des générateurs de secours prévue par le plan de maintenance
  • un défaut électrique non-exceptionnel dans un moteur du système de refroidissement
  • le raccordement d'un générateur non-adapté à l'installation électrique de Belgocontrol
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Il semble que ce troisième point soit la cause principale de la panne. "Pour une raison encore à déterminer, il s'est avéré que les neutres des générateurs de secours n'étaient pas raccordés à la terre. Ce type de raccordement est régulièrement utilisé pour des installations très spécifiques, dont les quartiers opératoires dans les hôpitaux. Mais les équipements complexes comme ceux de Belgocontrol ne sont pas conçus pour ce type de raccordement", a détaillé le patron de Belgocontrol, Johan Decuyper. D'après lui, "cette incompatibilité n'a pas posé de problème pendant 10 ans, grâce à l'absence de défaut électrique pendant la vérification mensuelle des générateurs de secours".

Un audit et du travail pour les assurances

Le CEO de Belgocontrol est en train d'élaborer un plan d'action pour éviter une pareille mésaventure dans le futur ©Photo News

La direction de Belgocontrol souhaite à présent faire toute la lumière sur les causes de cet incident. "Le jour de la panne et les jours qui ont suivi, nous avons fait tout ce qui était nécessaire pour garantir la sécurité", a précisé Johan Decuyper, l'administrateur délégué de Belgocontrol. "Depuis, nous avons lancé un audit externe afin de faire vérifier nos systèmes critiques par une source extérieure et nous sommes en train d'élaborer un plan d'action" a-t-il poursuivi.  

Quant aux dommages et intérêts, la Belgian Travel Organisation (BTO) attend Belgocontrol au tournant. L'association qui regroupe les agences de voyages belges exige un dédommagement. Elle enverra lundi prochain un courrier signé au CEO de Belgocontrol, au président du conseil d'administration ainsi qu'à la ministre compétente Jacqueline Galant (MR). Un entretien sera également demandé. Les membres de l'association n'ont pas encore chiffré le surcoût liè à la panne. Il s'agit  avoir déjà pu dégager un montant précis. Il s'agit notamment des frais liés au personnel supplémentaire ainsi que la mise en place de services alternatifs pour les voyageurs

Chez Belgocontrol, on reste serein. Le gestionnaire du trafic aérien explique être "assuré pour faire face à ce genre de chose." Quant à l’initiative de la BTO, Belgocontrol n'a "encore reçu aucune demande officielle" selon Johan Decuyper.

En 2014, Belgocontrol a renoué avec les bénéfices. Ce n'était plus arrivé depuis 2008.

L'entreprise publique autonome chargée de la sécurité aérienne dans le ciel belge a terminé 2014 sur un bénéfice de 976.000 euros, dopé par des résultats exceptionnels liés notamment à la reprise de provisions passées.

L'administrateur délégué, Johan Decuyper, s'est par ailleurs réjoui, malgré l'incident de mercredi passé qui a paralysé le trafic aérien en Belgique, de l'année satisfaisante enregistrée par l'aviation belge, marquée par une progression "notable" du nombre de vols et de passagers, principalement à Brussels Airport et à l'aéroport de Liège. Les autres aéroports régionaux, eux, se sont affichés en léger recul.

"En un an et demi, nous avons déjà atteint un certain nombre d'objectifs. A compter de cette année, nous assurerons un nouveau souffle à nos finances, grâce à la rémunération correcte de nos prestations, ce qui nous permettra d'investir en ressources humaines - 75 postes sont à pourvoir en 2015 - et matérielles", a signalé Johan Decuyper. Depuis 2010, les effectifs de Belgocontrol ont chuté de 15%, pour se fixer à 787 travailleurs fin 2014.

 

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