Un coup de pouce fédéral pour sauver Aviapartner

Un dépôt de bilan d'Aviapartner risquerait de mettre les aéroports de Bruxelles, Ostende et Anvers à l'arrêt. ©BELPRESS

Le gouvernement belge a approuvé un prêt de 25 millions d'euros pour aider Aviapartner à surmonter la crise du Covid-19.

Déjà précaire depuis plusieurs années, la situation financière du groupe d’assistance aéroportuaire Aviapartner s'est fortement dégradée avec la crise du Covid-19. Le problème, c'est que la faillite de Swissport, prononcée la semaine dernière, fait du groupe belge le seul acteur disposant de la licence de traitement des vols passagers à Brussels Airport. Un aéroport national qui assure au groupe Aviapartner environ 12% de ses revenus.

Désormais 100% belge - son président, Laurent Levaux, a racheté avec des associés les parts du fonds HIG Capital, actionnaire depuis 2015 -, Aviapartner, qui gère l'enregistrement des passagers, le traitement des bagages et la prise en charge des avions au sol, est donc incontournable. Un dépôt de bilan risquerait de mettre l'aéroport national à l'arrêt. Même chose pour les aéroports d'Ostende et d'Anvers, où Aviapartner assure toute l'assistance au sol.

"Avec ce prêt convertible, la SFPI garantit qu'Aviapartner Belgium pourra reprendre ses activités et que l'aéroport de Bruxelles pourra continuer à fonctionner."
Alexander De Croo
vice-premier ministre et ministre des Finances

Prêt convertible via la SFPI

Cette situation a levé un vent d'inquiétude au sein du gouvernement. Mercredi soir, le Conseil des ministres a donc approuvé un prêt d'un montant maximal de 25 millions d'euros. Il s'agit d'un prêt convertible accordé par le biais de la Société fédérale de participations et d'investissement (SFPI). Si le prêt n'est pas remboursé dans le délai prévu, il sera automatiquement converti en actions, explique le ministre des Finances Alexander De Croo. 

"Une telle initiative prise quelques semaines plus tôt aurait pu sauver 1.500 emplois chez Swissport."
Fouad Bougrine
Secrétaire du syndicat libéral (CGSLB)

"Maintenant que l'aviation redémarre lentement, il est crucial que tous les services nécessaires soient également garantis à l'aéroport de Bruxelles-National. La manutention au sol est essentielle. Sans chargement, déchargement, remorquage, nettoyage et ravitaillement en carburant, aucun avion ne peut décoller. Avec ce prêt convertible, la SFPI garantit qu'Aviapartner Belgium pourra reprendre ses activités et que l'aéroport de Bruxelles pourra continuer à fonctionner", a déclaré le vice-premier ministre et ministre des Finances Alexander De Croo.  

Mais l'initiative gouvernementale donne aux syndicats un sentiment mitigé. "Ce soutien arrive tard. Une telle initiative prise quelques semaines plus tôt aurait pu sauver 1.500 emplois chez Swissport", réagit Fouad Bougrine, secrétaire du syndicat libéral (CGSLB).

Interdiction de verser des dividendes

Le prêt convertible est destiné à renforcer la position de liquidité et de solvabilité de l'entreprise et à permettre la reprise des activités, peut-on lire dans un communiqué de presse.

Le prêt a initialement une durée prévue de six ans.  

Il y a aussi des conditions:
• Aviapartner ne peut pas verser de dividendes tant que le prêt n'a pas été remboursé.
• Aviapartner Belgique ne peut utiliser l'argent que pour financer ses activités belges.
• La société n'est pas autorisée à racheter des actions.  
• L'actuel actionnaire principal d'Aviapartner convertira en actions la totalité du prêt de 25 millions qu'il a accordé à la société, "et contribuera ainsi de manière substantielle au renforcement de la solvabilité d'Aviapartner".

1.800
personnes
Aviapartner emploie 1.800 personnes dans différents aéroports belges.

Prise en charge d'une partie des activités de Swissport

Suite à la crise liée au Covid-19, Aviapartner a vu ses revenus chuter de 95% au cours des derniers mois. La société a pris contact dès le mois de mars avec les autorités fédérales pour solliciter un prêt lui permettant d'amortir le choc de la crise du Covid, très vorace en liquidités. Et un redémarrage des activités coûte aussi très cher, d'autant que les compagnies ne paient les services aéroportuaires que 60 jours plus tard.

Aviapartner prenait en charge 40% de l'activité d'assistance au sol à Zaventem, Swissport assurant les 60% restants. Dans l'immédiat, le groupe belge reprendra pour six mois une partie des services de Swissport à Brussels Airlines, qui était son plus gros client. La compagnie prend en charge le check-in, Aviapartner assurant la gestion des activités sur le tarmac. La société emploie 1.800 personnes dans différents aéroports belges. 

Ce prêt doit encore recevoir l'aval de la Commission européenne.

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