Un prêt de 4 millions de la Sogepa ira à la rescousse d'Air Belgium

©BELGA

La Sogepa accordera un prêt à court terme à Air Belgium en attendant la conclusion d’un accord avec un tour-opérateur chinois. C’est celui-ci, en tant qu’actionnaire, qui en remboursera une partie. Le prêt sera accordé sur fonds propres de la Sogepa et doit encore obtenir l’aval de son conseil d’administration.

Pour résumer, chez Air Belgium, ça traîne. Le remboursement des sièges réservés et qui n’ont pas pu être honorés, suite à l’annulation des vols sur Hong Kong a coûté cher et la signature des accords avec le (ou les) tour-opérateur chinois qui doit remplacer le défaillant UTour prend du retard. La direction d’Air Belgium avait dit qu’elle compenserait le manque à gagner par des vols ACMI (vols avec équipages, maintenance et assurances), mais cela n’est sans doute pas suffisant pour supporter longtemps les frais de fonctionnement avec le personnel qui avait déjà été engagé. 

Air Belgium a multiplié les déconvenues et il faut louer la résistance du staff, Terzakis en tête

Si bien que l’entreprise dirigée par Niky Terzakis a besoin de liquidités et a fait appel, pour ce faire, à la Sogepa. Le gouvernement wallon a été informé hier par le ministre Jeholet de la situation. C’est sur fonds propres que la Sogepa va accorder un prêt à court terme de 4 millions d’euros à Air Belgium, moyennant un accord formel de son conseil d’administration qui doit se réunir la semaine prochaine. 

Ce prêt sera divisé en deux, 2 millions étant sous la forme d’un crédit-pont qui sera remboursé par le nouveau partenaire d’Air Belgium, soit, si nous comprenons bien, le nouveau T-O chinois. Cela ne sera donc officiel qu’au moment de la signature finale du deal avec tous les actionnaires de la compagnie. Et effectivement, cela devrait se passer assez vite, puisqu’Air Belgium avait annoncé la suspension de ses vols vers la Chine jusqu’à la prochaine saison aéronautique. Or celle-ci démarrera officiellement le premier avril prochain.

Chi va piano…, mais pas toujours! 

Il sera plus que temps de repartir sur de nouvelles bases car, du côté des investisseurs (sous-traitants, aéroport…), on sent une certaine nervosité. Rien qu’en soi, lorsqu’on évoque la Sogepa, certains osent dire que "ça sent le roussi". Nous n’irons pas jusque là, parce qu’il faut toujours donner une chance aux investisseurs, malgré les tuiles qui peuvent leur tomber sur la tête, mais soit: à un moment donné, il faut quand même donner des preuves de crédibilité, sinon la confiance s’étiole.

Traiter avec les Chinois n’est pas une chose facile, nous en savons quelque chose. Mieux vaut traiter avec des maquignons, pour qui le "top-là" vaut contrat ferme et définitif. Il faut quand même admettre que, malgré les déboires avec UTour (qui a aussi fait faux bond à Liège), Terzakis a signé un accord important avec le groupe d’investissement HNCA, outil d’investissement public de la province de Henan, au capital de 750 millions d’euros. Or Air Belgium ne vise pas que Hong Kong, mais aussi d’autres villes chinoises, dont la plus importante, dans la province de Henan, Zhengzhou, fait tout de suite de l’ordre de 9,4 millions d’habitants.

Niky Terzakis, la patron d'Air Belgium ©Anthony Dehez

Depuis ses débuts, Air Belgium a multiplié les déconvenues et il faut louer la résistance du staff, Terzakis en tête: licences d’exploitation retardées, système de réservation chinois inopérant, interdiction de survol de la Sibérie par les autorités russes, problèmes de capitaux pour respecter la législation européenne et puis le non-respect de ses obligations commerciales par le T-O chinois UTour. Il fallait les nerfs bien accrochés pour résister à tout cela.

On dit que ce qui ne tue pas rend plus fort, mais parfois on aimerait que les épreuves cessent pour atteindre le vol de croisière. C’est ce qu’on doit se dire aujourd’hui chez Air Belgium. 

 

 


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