Accord conclu chez Brussels Airlines, 25% des emplois seront supprimés

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Quelque 1.000 emplois sur 4.000 sont menacés au sein de la compagnie aérienne. Cette réorganisation misera autant que possible sur les départs volontaires et la prépension afin de limiter les licenciements secs. De sources syndicales, on évoque 300 licenciements secs.

Ce vendredi, la direction de Brussels Airlines et le conseil d'entreprise ont conclu un accord sur des mesures structurelles visant à accroître la compétitivité de la compagnie aérienne. L'accord préserve trois quarts des emplois, répartis de manière égale entre les services, souligne la direction. 

Les mesures prises réduisent donc autant que possible le nombre de licenciements forcés. Il serait question de 300 licenciements secs, d'après des sources syndicales. Un soutien professionnel en termes de recherche d'emploi et de changement de carrière sera fourni au personnel devant quitter la compagnie. 

Les mesures décidées permettront d'augmenter la productivité et de réduire les coûts unitaires afin de créer à long terme un avenir durable pour Brussels Airlines, précise encore la compagnie. 

Une perte de 25% des emplois

L'accord préserve 75% des emplois, répartis de manière égale entre les services. Ce sont donc 25% du personnel qui perdront leur emploi.

"Grâce à des options alternatives, qui comprennent la retraite anticipée, le travail à temps partiel, le crédit-temps, le départ volontaire et le congé sans solde, le nombre de licenciements forcés peut être limité à un minimum."
Dieter Vranckx
CEO de Brussels Airlines

"La priorité de la direction et des syndicats a été d'examiner toutes les options possibles pour éviter autant que possible les licenciements forcés", explique Dieter Vranckx, le CEO de Brussels Airlines. "Grâce à des options alternatives, qui comprennent la retraite anticipée, le travail à temps partiel, le crédit-temps, le départ volontaire et le congé sans solde, le nombre de licenciements forcés peut être limité à un minimum."

La signature a été confirmée de source syndicale. "La première phase de la loi Renault sur les restructurations est ainsi terminée", a expliqué le représentant du syndicat libéral, Filip Lemberechts. "La direction informera le personnel dans les prochains jours." 

Des contrats saisonniers 

Après ces phases d'information et après avoir laissé le temps aux employés d'opter pour l'une ou l'autre formule, la compagnie devrait avoir une vue claire du nombre de départs volontaires et dans quels départements. Cela devrait prendre un mois, selon Bert Van Rompaey, directeur des ressources humaines au sein de Brussels Airlines. Des travailleurs pourraient également prétendre à une fin de carrière anticipée. Quelque 250 personnes entreraient en ligne de compte pour une telle solution.

La plupart des départs se fera au sein du personnel au sol, ce qu'a confirmé Bert Van Rompaey. "En recourant au travail à temps partiel et au travail saisonnier, nous pourrons éviter les départs forcés chez les pilotes et au sein du personnel de cabine", a-t-il précisé. Un pilote optant pour un contrat saisonnier par exemple travaillera à 100% à la haute saison, d'une durée de sept mois, et 60% à la basse saison. "En moyenne, cela représente une activité à 83% que nous rémunérerons à 85% tout au long de l'année", illustre le DRH de la compagnie. Les pilotes peuvent également opter pour un travail à temps partiel, à titre temporaire.

Brussels Airlines compte actuellement 460 pilotes et la direction espère que 20% d'entre eux seront intéressés par un contrat saisonnier.

Lufthansa attend un signal des autorités belges 

Pour Brussels Airlines, si le plan de redressement est indispensable afin de surmonter la crise qui touche la compagnie depuis plusieurs mois et devenir structurellement compétitif, "les discussions en cours pour assurer le financement de l'entreprise restent essentielles." Le transporteur national belge espère une issue positive des discussions en cours sur le soutien financier nécessaire pour surmonter les conséquences de cette crise sans précédent et pour restructurer l'entreprise. La situation politique actuelle, avec la fin des pouvoirs spéciaux du gouvernement Wilmès, rend toutefois complexe un atterrissage rapide d'une aide des autorités fédérales. Le Parlement pourrait alors être sollicité, ce qui risque retarder un accord sur une intervention des autorités belges pour soutenir la filiale de Lufthansa.  

De plus, le plan social est conditionné au financement du Fédéral. Lufthansa devrait prendre cette réorganisation à sa charge alors que des discussions sont encore en cours avec le gouvernement fédéral autour d'une aide devant permettre à Brussels Airlines de se relever de la crise du coronavirus. Cette aide d'État devrait s'élever au moins à 290 millions d'euros.

La direction de la compagnie "espère une issue positive des discussions en cours sur le soutien financier nécessaire pour surmonter les conséquences de cette crise sans précédent et pour restructurer l'entreprise". Le ministre des Finances Alexander De Croo a indiqué récemment qu'il s'attendait à ce que les négociations sur l'aide d'État entrent dans leur phase décisive une fois le plan social conclu et une fois le plan de sauvetage de 9 milliards d'euros approuvé par les actionnaires de la compagnie allemande. Ce qui a été fait jeudi.  

 

 

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