Air Belgium n'est pas près d'abandonner

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Contrairement à ce que certains ont annoncé, il n’a jamais été question de dissolution d’Air Belgium. Toutefois la compagnie belge a des ratés à l’allumage et cela entame la confiance de la clientèle. Ce qui n’est pas réconfortant à la veille du début de la saison d’hiver.

Petit émoi dans les rédactions mercredi soir à la rumeur d’un "conseil d’administration extraordinaire" d’Air Belgium ce jeudi. Comme nous le confirmait ce jeudi soir Niky Terzakis, CEO d’Air Belgium, le conseil n’avait rien d’"extraordinaire", il était prévu depuis six mois! Et devait préciser les développements des discussions (en voie d’aboutissement) avec un tour-opérateur (T-O) chinois qui pourra remplacer le défaillant UTour. "Aucune raison de s’inquiéter", nous a-t-il même ajouté.

La suppression des vols sur Hong Kong a entraîné le remboursement des vols réservés et peut-être installé le doute au sein de la clientèle.

Du reste, mercredi, Terzakis a signé, en présence du Premier ministre et de son homologue chinois Li Keqiang, un accord avec le groupe d’investissement public HNCA. Henan Civil Aviation Development & Investment n’est pas une compagnie aérienne, comme écrit çà et là, ni un tour-opérateur, mais c’est quand même l’outil d’investissement public de la province de Henan, au capital de 6 milliards de renminbis, soit de l’ordre de 750 millions d’euros. Et qui, par exemple, dispose de 35% des actions de Cargolux. Comme on le sait, Air Belgium ne vise pas que Hong Kong, mais d’autres villes chinoises, dont la plus importante, dans la province de Henan, est Zhengzhou (9,4 millions d’habitants…).

"Usual business"? Pas tout à fait quand même. La suppression des vols sur Hong Kong a entraîné le remboursement des vols réservés et peut-être installé le doute au sein de la clientèle. Si ce doute n’est pas compensé à terme par la clientèle chinoise, il y aura du souci à se faire. Il faut donc croiser les doigts. Rappelons que le business plan prévoyait trois phases: Hong Kong d’abord; d’autres escales chinoises ensuite; les Etats-Unis enfin. Avec des Airbus A340 un peu gourmands en carburant (mais il faut voir les coûts de location) et une piste à Charleroi qui ne permet pas de décoller (pour l’instant) à pleine charge.

Les retards pris à l’accomplissement du business plan érodent-ils le capital? Oui. Au point d’être en situation délicate? Niky Terzakis nous l’a confirmé: "Nous sommes parfaitement dans les clous".

Partir sur de nouvelles bases

L’annonce d’un conseil extraordinaire a suscité bien des inquiétudes   et des commentaires un peu précipités   de la part des observateurs. Avec, comme de juste, deux approches. Celle des pessimistes qui prévoyaient une cessation rapide des activités d’Air Belgium, voire une liquidation de l’entreprise. Et puis celle des optimistes qui se disent qu’après tout, ce qui ne tue pas rend plus fort.

Depuis le lancement du projet Air Belgium, les déconvenues n’ont pas manqué.

Il est vrai que depuis le lancement du projet Air Belgium, les déconvenues n’ont pas manqué. Il y a d’abord eu des licences d’exploitation (AOC) qui ont été attribuées tardivement, oblitérant la commercialisation de la saison d’été; ensuite le tour-opérateur chinois a eu, dit-on, des problèmes avec son système de réservation informatisé (GDS); puis, ce sont les Russes qui s’en sont mêlés en refusant le survol de la Sibérie, entraînant de coûteux remboursements de billets à ceux qui avaient déjà réservé (le feu vert russe n’a eu lieu que le 17 mai!); et puis se sont avérés des problèmes de capitaux car les Chinois étaient majoritaires, ce qui entravait la réglementation sur les droits de trafic. Air Belgium s’est donc renforcée en Belgique, avec l’appui, notamment, de la Région.

Convenons que ces déboires, pas toujours de la responsabilité des investisseurs, faisaient désordre, au point de susciter l’inquiétude de la clientèle. Convenons tout autant que si la presse annonce "un conseil d’administration extraordinaire pour décider de la liquidation ou non", elle ne rend pas vraiment service aux services commerciaux de la compagnie. Dans ce cas, la communication doit être réactive à brève échéance. Et ce ne fut pas le cas.

On pensait au début de l’été, au moment du vol inaugural sur Hong Kong, que les ratés au décollage étaient un mauvais souvenir, mais malheureusement, le T-O chinois UTour n’a pas rempli ses obligations, alors qu’en Belgique tous les sous-traitants avaient fait des efforts (Charleroi Airport, Sabena Aerospace, etc.). Du coup, arrêt des opérations sur Hong Kong et retour à des activités ACMI (Aircraft, Crew, Maintenance, Insurance   soit la location-service complet des avions) auprès de clients de renom, certes rentables, mais peut-être pas suffisamment pour stabiliser le long terme.

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