Air Belgium prépare son arrivée au Congo

©Air Belgium

Air Belgium prépare son grand retour. La compagnie aérienne, qui opère depuis Charleroi, va bientôt desservir la Guadeloupe et la Martinique avant d'attaquer le marché africain et Miami. Ce redécollage n'aurait pas été possible sans de nouveaux capitaux.

Après la fin des aventures d’Air Belgium à Hong Kong, en septembre dernier, et le gel des opérations depuis l’aéroport de Charleroi, la compagnie aérienne prépare son grand retour. Au tableau des départs, on annonce quatre destinations. Outre la Guadeloupe et la Martinique, qui seront reliées depuis Charleroi dès décembre, Air Belgium envisage de relier l'Afrique.

Le projet est d’opérer deux vols hebdomadaires vers Kinshasa.
Renaud Witmeur
Président du comité de direction de la Sogepa

Sur les terres de Brussels Airlines

D’après le business plan rediscuté entre les différents actionnaires d’Air Belgium, dont la Sogepa, le bras financier de la Région wallonne, et Sabena Aerospace, Charleroi pourrait bientôt être reliée au Congo. Air Belgium s’apprêterait ainsi à titiller Brussels Airlines sur ses terres africaines. "Le projet à l’étude est d’opérer deux vols hebdomadaires vers Kinshasa", explique Renaud Witmeur, le président du comité de direction de la Sogepa. Si elle se confirme, la route congolaise d’Air Belgium ne devrait cependant pas s’arrêter à Kinshasa. Les plans prévoient qu’un opérateur local prenne le relais depuis Kinshasa pour permettre au passager de continuer sa route vers d’autres grandes villes du pays, comme Goma.

L’ambition est donc de retour! Et à côté des Dom Tom et de l’Afrique, Air Belgium prépare également son atterrissage à Miami sans délaisser la route chinoise.

4 millions d'euros de nouveaux capitaux

Ce redécollage n’aurait cependant pas été possible sans une remise à plat du business plan de la compagnie, une négociation entre actionnaires et un refinancement de la compagnie. La Sogepa a, par exemple, converti son prêt de 4 millions d'euros en capital. Les autres actionnaires (SRIW, SFPI et Sabena Aerospace) ont, de leur côté, réinjecté un million d’euros.

Le refinancement de la compagnie va aussi pousser les propriétaires à ouvrir le capital de la compagnie à de nouveaux actionnaires privés basés en Chine ou au Congo. On parle de trois millions d’euros. Le choix de cet actionnaire devrait se faire en fonction des prochaines destinations qui seront desservies. "Ce sera soit un acteur congolais ou chinois", souligne un proche du dossier. "La décision finale n’est pas encore prise."

Airbus abandonne sa créance

Outre l’abandon de la dette, Airbus a accepté de diminuer le prix du leasing des avions de 200.000 euros par mois.
Renaud Witmeur

Cette bouée d’oxygène aurait cependant été insuffisante pour redémarrer les opérations sur des bases solides sans une renégociation de la dette de 5 millions d’euros que doit Air Belgium à Airbus. Les discussions ont visiblement été concluantes car, au final, le constructeur européen d’avions a accepté d’abandonner sa créance.

L’autre sujet d’attention concerne la flotte d’avions composée de 4 Airbus A340. Ces avions, loués à Airbus pour 1 million d’euros par mois, consomment énormément de kérosène avec leurs 4 moteurs. Ils ont également 20 à 30 sièges de moins que les A330. "Outre l’abandon de la dette, Airbus a accepté de diminuer le prix du leasing des avions de 200.000 euros par mois. Air Belgium a également la possibilité de renoncer à la location d’un des avions dans les 5 ans sans pénalité. La compagnie pourra également échanger un A340 contre un A330 moins gourmand en carburant", explique Renaud Witmeur.

A côté de la relance des activités phares de la société, Air Belgium va poursuivre ses vols "ACMI". En gros, il s’agit d’opérer avec ses avions des vols pour d’autres compagnies aériennes. Un accord avec des croisiéristes va aussi permettre à Air Belgium de vendre des voyages clé sur porte.   


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