Air Berlin entrevoit le bout du tunnel avec Lufthansa et Easy Jet

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Insolvable, la compagnie allemande Air Berlin a fait son choix devant les nombreuses offres de reprise arrivées sur son bureau. Le duo Lufthansa-Easy Jet se partagera donc sa flotte de 140 appareils et doit tenter de rassurer les 8.500 employés d'Air Berlin inquiets pour leur avenir.

Rien n'est encore formellement signé, mais la compagnie aérienne Air Berlin, déclarée en faillite depuis la mi-août, a officialisé ce lundi son choix pour confier la reprise de ses activités à ses concurrentes Lufthansa et Easy. 

Le conseil de surveillance d'Air Berlin se donne jusqu'au 12 octobre pour se concentrer sur les offres de rachat de la compagnie allemande Lufthansa pour ses filiales Niki, LGW et d'une partie de la flotte Air Berlin, et sur celle de la compagnie britannique Easy Jet intéressée par plusieurs appareils estampillés Air Berlin. On parle ici d'une flotte totale de 140 avions.

Lufthansa a déclaré vouloir maintenir les 38 avions (avec équipages) qu'elle loue déjà à Air Berlin et accroître sa flotte de 20 à 40 appareils vendus par la berlinoise.
Le montant du chèque proposé par Lufthansa n'est pas confirmé par les parties, mais la presse allemande évoque une proposition de 200 millions d'euros pour reprendre les actifs et 100 millions supplémentaires pour assurer les coûts d'exploitation d'Air Berlin.

8 emplois sur 10 sauvés?

Quant aux 8.500 salariés d'Air Berlin, le flou demeure, même si un accord est sur le point d'être bouclé pour "offrir de bonnes perspectives à 80% de nos collègues", selon le patron d'Air Berlin Thomas Winkelmann.

Mais il en faudra plus pour apaiser l'inquiétude des employés de la compagnie insolvable, notamment les pilotes. Lâchée par son principal actionnaire, la compagnie du Golfe Etihad, Air Berlin a été fortement secouée par une action collective de ses pilotes entamée début septembre.

Un 'coup allemand'

Sur les offres déposées mi-septembre, plusieurs n'ont pas été retenues: celle de la holding IAG (British Airways et Iberia), qui s'était manifestée à la dernière minute, de Condor, la compagnie du groupe Thomas Cook, du champion de formule 1 Niki Lauda, et les offres distinctes de trois investisseurs privés allemands et chinois.

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Air Berlin assure ne s'être intéressé, comme le prévoit la loi, qu'à deux considérations: l'offre la plus susceptible de satisfaire ses créanciers et celle qui pourrait garantir un maximum d'emplois - sachant qu'aucun concurrent ne pourra reprendre seul la compagnie, règles anti-monopole obligent.

Pourtant le géant européen des vols à bas coût, Ryanair, s'était retiré de la course début septembre, s'estimant victime d'un "coup monté" allemand pour privilégier Lufthansa. Car le géant allemand de l'aviation est la première compagnie du pays, quand Air Berlin est la deuxième: les autres candidats à la reprise ont dénoncé une tentative d'OPA de Lufthansa sur les précieux créneaux de décollage et d'atterrissage allemands qui aurait été soutenue en coulisse par Berlin. "Les rumeurs voulant que des considérations politiques aient influencé le choix des investisseurs sont complètement absurdes", s'est défendu l'administrateur d'insolvabilité d'Air Berlin, Lucas Flöther.

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