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analyse

Les syndicats de Brussels Airlines envisagent de nouvelles actions, malgré les avancées

Suite aux actions menées par le personnel de cabine le 2 août, les tensions semblent s'apaiser entre la direction de Brussels Airlines et les syndicats. ©BELGAIMAGE

Les discussions qui ont eu lieu mardi entre les représentants du personnel de cabine et la direction de Brussels Airlines ont été fructueuses. Les syndicats jugent toutefois ces avancées insuffisantes.

Certaines propositions de la direction de Brussels Airlines (SN), formulées mardi, ont satisfait les représentants du personnel de cabine, mais les deux parties devront se revoir pour peaufiner les accords et en conclure d’autres. Selon le délégué Tim Roelandt (ACLVB), les propositions de mardi demeurent en effet "insuffisantes", l'impact immédiat de celles-ci sur la charge de travail étant jugé trop faible.

D'après lui, les syndicats envisagent d'ailleurs de mener de nouvelles actions. 'Notre objectif n'est pas de nuire aux passagers", précise-t-il toutefois.

Multiples propositions

La direction de Brussels Airlines a notamment proposé d’engager 20 équivalents temps-plein. Problème: il y a urgence. Or, nous explique Wencke Lemmes, porte-parole de la compagnie, "nous avons des mi-temps qui souhaitaient être engagés full time. Nous leur proposerons des CDI". Du côté des syndicats, on rétorque que cette proposition ne serait qu'une solution de secours pour les personnes qui décrochent.

Bien que volant encore à capacité réduite (75 à 80%) par rapport à 2019, cet été demeure la période la plus dense pour SN.

À ceci s’ajouteront des CDD de trois ou quatre mois, pour du personnel de cabine qui est généralement employé en appoint en haute saison. Ces propositions font partie des attentes les plus importantes du personnel volant. D’autres accords ont été trouvés et notamment dans les rotations des vols, organisation complexe s’il en est. Il a été décidé de réduire les rotations à hautes fréquences (avec peu de temps de repos) au strict minimum (une fois par mois). On progresse donc, mais d’autres réunions sont prévues. En effet, selon Tim Roelandt, les propositions concernant les combinaisons des vols n'ont aucun impact sur la majorité du personnel.

Bien que volant encore à capacité réduite (75 à 80%) par rapport à 2019, cet été demeure la période la plus dense pour SN. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle le personnel est mis à haute contribution. Au sol, il y a les formalités sanitaires administratives aux guichets (qui retardent les vols). En outre, dans les bureaux du marketing, on s’arrache les cheveux avec les variations des codes couleurs tandis qu'à la direction des opérations aériennes, il faut s’adapter au plus vite pour répondre à la demande ou aux annulations. Ce qui a, forcément, un impact significatif sur les rotations du personnel navigant de cabine (PNC).

Organe interne de contrôle

Lundi, les tracts qui étaient distribués à l’entrée de Brussels Airport évoquaient "des rotations de vols insensées, un manque de temps de repos" et puis aussi un sérieux couac dans l’organisation d’un hébergement en escale, ce qui réduisait encore le temps de repos déjà trop court.

Du coup, quelque 220 "rapports de fatigue" en deux semaines ont été envoyés à la direction, mais ils n’ont pas pu être analysés, s’inquiète Didier Lebbe (CNE). "La seule chose que nous avions demandée lors des discussions de l’année dernière sur la restructuration où le personnel a jeté beaucoup de lest parce que Brussels Airlines était en difficulté, était un organe interne de contrôle des conditions de travail et ce fut accepté. Un an plus tard, il n’a toujours pas été mis sur pied."

Wencke Lemmes reconnaît le retard, souligne que les rapports de fatigue sont analysés, mais que le nouvel organe interne de contrôle sera prêt avant la fin de l’année.

Le personnel a plutôt l’impression que la direction s’inquiète surtout de l’attitude de la maison mère Lufthansa à son égard.

La colère s’apaise, mais le personnel de cabine reste attentif à la suite des événements, y compris celui en congé. «Des hôtesses et stewards reçoivent des SMS du management leur demandant de venir travailler en urgence; la pression est énorme», s’indigne Luc Martin (CNE). Et les représentants syndicaux de regretter l’absence de représentants de la direction sur le terrain: «On ne les voit jamais!» C’est sûr que cela tranche avec l’ère Gustin !

Pour le dire autrement, le personnel a plutôt l’impression que la direction s’inquiète surtout de l’attitude de la maison mère Lufthansa à son égard. Avant la pandémie, la compagnie allemande avait clairement donné l’ordre à Brussels Airlines de retrouver les bénéfices en 2022. Fort bien, mais le Covid a changé la donne pour tout le monde. Qui plus est, SN a obtenu un prêt de 290 millions d’euros de l’État belge et, là aussi, la menace est réelle. En cas de non-remboursement, l’État belge pourrait reprendre des parts (majoritaires?). On ne sait pas trop qui aurait à y gagner.

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