Le personnel irlandais de Ryanair interdit de grève

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Le personnel portugais, anglais, espagnol... de la compagnie low cost part en grève dès ce mercredi. En Belgique, la CNE met en garde le personnel de "ne pas entrer dans le jeu de la direction" qui cherche à affaiblir le mouvement. En Irlande, un juge a bloqué la grève prévue.

La tension sociale remonte d'un cran chez Ryanair . Les nouvelles grèves annoncées la semaine dernière se confirment.

Ce mercredi, c'est le personnel portugais qui ouvre la voie pour une période de 5 jours. Il effectuera des arrêts de travail. Si le personnel portugais basé en Belgique ne participe pas à cette grève, des perturbations pourraient toutefois toucher les vols au départ et à destination des aéroports belges.

Nous devons malheureusement conclure que Ryanair a décidé d'importer le conflit du Portugal vers la Belgique.
CNE-ACV

Le syndicat chrétien (CNE et ACV) déplore que dans cette situation, la direction de la compagnie low cost a demandé au personnel basé en Belgique de remplacer les hôtesses et stewards grévistes portugais sur plusieurs vols. Bref, de "casser" le mouvement.

Dans une lettre adressée au personnel, il les appelle à ne pas jouer le jeu de la direction. "Nous devons malheureusement conclure que Ryanair a décidé d'importer le conflit du Portugal vers la Belgique. Nous ne pouvons pas accepter cette situation et nous demandons à nos membres de ne pas opérer sur ces vols." Le syndicat belge couvrira toutefois "tout employé qui refusera de casser cette grève au Portugal" et appelle à une conciliation urgente en Commission paritaire.

Au Portugal, un porte-parole du syndicat SNPVAC indique avoir reçu comme information de la direction que les vols seraient bel et bien opérés par des membres d'équipage d'autres bases. Il évoque une "violation du droit de grève".  

Grève bloquée par la justice en Irlande

Dès le 1er septembre, la grogne s'étendra à l'Espagne. Les représentants du personnel de cabine y annoncent une grève de 10 jours.

"Après plus de sept heures de réunion avec les représentants de la compagnie irlandaise, qui s'est terminée sans accord, les syndicats USO et Sitcpla ont déposé le préavis de grève sur les treize bases de Ryanair en Espagne", indique le syndicat dans un communiqué.

Les dates fixées pour ces mouvements de grogne sont:

> les 1er, 2, 6, 8, 13, 15, 20, 22, 27 et 29 septembre, soit dans la plupart des cas des vendredis et dimanches.

Des grèves sont aussi annoncées dès ce jeudi et en septembre au Royaume-Uni et en Irlande. La Haute Cour de justice irlandaise a toutefois accordé à la direction de Ryanair le droit de s'opposer à la grève de 48 heures prévue de ses pilotes. Ryanair avait argumenté auprès du juge que le syndicat Forsa n'avait pas permis la tenue d'une médiation avant d'annoncer son préavis de grève. Pour la direction, cette grogne rompait également un accord conclu l'an dernier entre la compagnie et les syndicats.   

La compagnie a également introduit une démarche judiciaire du même genre au Royaume-Uni afin d'y empêcher une grève de pilotes prévue là aussi ces jeudi et vendredi. La justice anglaise n'a toutefois pas suivi le juge irlandais. La grève aura donc bien lieu. 

La Belgique devrait être épargnée par cette grogne sociale. 

Pourquoi cette grogne sociale?

À l'origine de ces nouveaux mouvements de protestation du personnel de Ryanair se cachent encore et toujours les conditions sociales et en particulier les salaires. À cela s'ajoutent les mesures annoncées par le plan social de Ryanair.

Fin juillet, la compagnie low cost annonçait la suppression potentielle de 1.500 emplois sur les 13.000 de la compagnie. Des fermetures de bases sont aussi programmées. En Espagne, il est ainsi question de fermer les bases aéroportuaires sur les îles touristiques de Tenerife et Grand Canarie. L'avenir de la base de Gérone est selon le syndicat USO aussi incertain.  

Il est question de fermer les bases aéroportuaires espagnoles de Tenerife et Grand Canarie. L'avenir des bases de Gérone ou de Faro au Portugal est incertain.

En Portugal, c'est la base de Faro qui est menacée. Les bases belges (Bruxelles et Charleroi) semblent, elles, préservées.

Un air de déjà vu

Rappelons que l'été 2018 avait déjà été périlleux pour la compagnie low cost. Elle avait été paralysée à plusieurs reprises dans toute l'Europe par des grèves. Ryanair avait donc été contrainte d'ouvrir des négociations avec les syndicats

En Belgique, elles s'étaient soldées par un accord. En octobre dernier, Ryanair avait en effet convenu que l'entreprise appliquerait désormais le droit belge à ses salariés. 


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