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analyse

Aviapartner fait face à des difficultés financières

©ID Photo Agency

D’après le rapport annuel du groupe, la branche belge du bagagiste Aviapartner, en grève depuis jeudi dernier, affiche de lourdes pertes, ne dispose d’aucune marge pour les compenser, et est fortement endettée.

L’an dernier, sur un chiffre d’affaires de 61,5 millions d’euros – en hausse par rapport à 2016 – Aviapartner Belgium affichait des pertes de 3,6 millions d’euros. Le résultat avant impôts était également dans le rouge. En 2016, Aviapartner était bénéficiaire en Belgique, mais en 2015, elle était également en perte.

Propriétaire américain

Pour l’actionnaire HIG Capital – un investisseur américain de type "private equity" qui a remplacé le fonds d’investissement 3i au capital d’Aviapartner en 2014 – la branche belge est un cas difficile. Lors de l’arrivée d’HIG, Aviapartner naviguait depuis des années dans des eaux tumultueuses, entre autres à cause d’un endettement élevé et des conséquences de la crise de 2008.

Le rapport annuel nous apprend également qu’Aviapartner Belgium traîne derrière elle des pertes reportables de plus de 24 millions d’euros.

Les fonds propres – qui doivent jouer le rôle d’amortisseur en cas de difficultés financières – sont négatifs, à -15,4 millions d’euros. Et l’endettement est toujours bien présent: à la fin de l’an dernier, Aviapartner affichait une dette de 49 millions d’euros, dont 26,2 millions viennent à échéance cette année.

Un proche du dossier nous a indiqué qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter de cette mauvaise passe financière. "Ces dettes ne doivent pas être remboursées à des banques, mais à la maison mère d’Aviapartner. Et dans la situation actuelle, la branche belge était bénéficiaire au cours des douze derniers mois."

Duopole

Pour Luk De Wilde, expert en aéronautique, ces mauvais résultats sont au contraire très inquiétants. Il fut le premier à pointer cette situation sur Twitter. "A l’aéroport de Zaventem, Aviapartner et Swissport travaillent dans le cadre d’un duopole pour le traitement des bagages. Aviapartner ne s’en sort pas et Swissport ne fait guère mieux. Cette dernière est détenue par la société chinoise HNA, qui cherche un repreneur."

"A l’aéroport de Zaventem, Aviapartner et Swissport travaillent dans le cadre d’un duopole pour le traitement des bagages. Aviapartner ne s’en sort pas et Swissport ne fait guère mieux. Cette dernière est détenue par la société chinoise HNA, qui cherche un repreneur."
Luk De Wilde
expert en aéronautique


"Cette situation fragilise l’aéroport de Zaventem. Alors qu’à Schiphol, cinq manutentionnaires travaillent avec du matériel mis à leur disposition par l’aéroport, à Bruxelles nous en avons deux qui ne s’en sortent pas, n’investissent pas, et s’échangent du matériel obsolète. La qualité des services en souffre depuis des années. Sur ce point, les syndicats ont raison."

"Lors de troubles sociaux, comme c’est le cas actuellement chez Aviapartner, cela a un impact négatif sur le fonctionnement de l’ensemble de l’aéroport. Nous pouvons donc nous adresser au gouvernement et à Brussels Airport, dont l’Etat est actionnaire. Ce sont eux qui ont créé le cadre dans lequel Aviapartner et Swissport se sont partagé le marché. Je me demande si, au cours de ce processus, ils ont suffisamment contrôlé le fonctionnement interne et la situation financière de ces entreprises."

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