Belgocontrol en perte

Belgocontrol vient de publier son rapport annuel 2009 et présente une perte pour la première fois. La baisse du trafic n'explique qu'en partie les mauvaises performances de l'année dernière...

Belgocontrol vient de publier son rapport annuel 2009 et présente une perte pour la première fois. Elle se situe à 4,9 millions d'euros, alors que l'année 2008 s'était terminée par un bénéfice de 1,5 million. Le chiffre d'affaires (199 millions) est en recul de 0,97%. L'entreprise publique autonome a enregistré un peu plus de 1 million de mouvements d'avions (un atterrissage, un décollage ou un passage au-dessus du territoire), soit 5,81% de moins qu'en 2008. Le trafic en route (survol à plus de 8.000 mètres) géré par le centre de contrôle Canac était en recul de 8%. Et si le trafic aux aéroports régionaux a augmenté de 3%, celui à Bruxelles a chuté de 10%.

La baisse du trafic (qui s'est poursuivie au cours des cinq premiers mois de 2010, notamment à cause du volcan islandais Eyjafjöll) n'explique qu'en partie les mauvaises performances de l'année dernière. Comme l'explique Jean-Claude Tintin, administrateur-délégué de Belgocontrol, "non seulement le secrétaire d'Etat aux Transports n'a pas pris les mesures nécessaires pour nous mettre en ordre avec la réglementation européenne, mais de surcroît, il nous a ponctionné deux fois de 10 millions d'euros pour aider le budget de l'Etat, ce qui nous a obligés à emprunter une somme identique pour faire face à nos besoins en liquidités".

Ainsi, par exemple, Belgocontrol enregistre un déficit de 10,4 millions d'euros à Brussels Airport en raison de la non-indexation des redevances depuis maintenant six ans. Le gouvernement devait adopter de nouvelles formules de calcul de redevances, rien n'a été fait. Immobilisme aussi dans le dossier des dédommagements pour les vols exonérés de redevances (vols militaires, humanitaires, d'Etat ou d'ONG). Dont coût, quelque 3,2 millions d'euros.

Rien n'a bougé non plus au niveau des Régions qui coûtent quelque 21,2 millions à Belgocontrol (estimation pour 2010: 35 millions en raison de l'accroissement du trafic et du départ des militaires de Liège-Bierset qu'il faudra remplacer).

A ceci s'ajoute le fait que la Commission européenne a publié une directive en 2006 qui devait entrer en vigueur chez nous au plus tard le premier janvier 2010 et qui prévoit, pour éviter des distorsions de concurrence entre aéroports, qu'"un fournisseur de services de navigation doit être payé pour tous les services rendus".

"Quant au dossier de survol des espaces militaires pour éviter de coûteux détours aux compagnies, on a vainement attendu qu'Etienne Schouppe prenne contact avec Pieter De Crem (Défense nationale)." De là à ce qu'on se félicite à Belgocontrol que Schouppe n'ait pas été réélu, il n'y a qu'un pas. Qui a été franchi.

Parmi les points positifs, signalons que Belgocontrol a inauguré l'année dernière son nouveau centre Canac, un des plus modernes d'Europe, et qu'elle a poursuivi avec fruit sa politique de limitation des dépenses en particulier au niveau des fournisseurs. Mais cela n'a pas suffi et il n'en reste pas moins que l'entreprise attend beaucoup du nouveau gouvernement et de celui qui sera en charge des transports. Un nouveau gouvernement? Les convoyeurs vont encore attendre…

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés