Boeing a caché les failles de son 737 MAX aux pilotes et régulateurs

©EPA

Une enquête de la Chambre des représentants des Etats-Unis met sévèrement en cause Boeing et l'Administration fédérale de l'aviation (FAA) pour leur implication dans les crashs de deux 737 MAX.

Nouvel épisode dans la saga des 737 MAX de Boeing, impliqués dans deux crashs en 2019 ayant tué un total de 346 personnes. La majorité démocrate de la commission des transports et de l'infrastructure de la Chambre des représentants a mené une enquête longue de 18 mois au sujet de ces accidents mortels. Leur rapport final de 250 pages soulignent de nombreuses erreurs dans le développement de l'avion en question.

"Boeing a échoué dans sa conception et son développement du MAX, et la FAA a échoué dans sa surveillance de Boeing et sa certification de l'avion", indique le rapport, pointant une série de problèmes dans sa conception et son approbation par le gouvernement.

"Les accidents ont été l'horrible point culminant d'une série d'hypothèses techniques erronées des ingénieurs de Boeing."

L'étude conclut que les crashs "n'étaient pas le résultat d'une défaillance singulière, d'une erreur technique ou d'un événement mal géré. Ils ont été "l'horrible point culminant d'une série d'hypothèses techniques erronées des ingénieurs de Boeing, d'un manque de transparence de la part de la direction de Boeing, et d'une surveillance grossièrement insuffisante de la FAA."

Le rapport précise que ces erreurs concernent notamment un système de sécurité essentiel, appelé MCAS, et lié aux crashs des avions de Lion Air et d'Ethiopian Airlines. Conçu pour aider à contrer une tendance du MAX à se cabrer, ce système pourrait s'activer après avoir reçu des données provenant d'un seul capteur.

Dissimulation d'informations à la FAA

Boeing a répondu dans un communiqué avoir "tiré de nombreuses et dures leçons des accidents en tant qu'entreprise et des erreurs que nous avons commises. Comme le reconnaît ce rapport, nous avons apporté des changements fondamentaux à la suite de ces accidents et nous continuons à chercher des moyens de nous améliorer". La FAA a déclaré de son côté qu'elle travaillerait avec les législateurs "pour mettre en œuvre les améliorations identifiées dans son rapport". Elle ajoute qu'elle est "axée sur la promotion de la sécurité aérienne globale en améliorant notre organisation, nos processus et notre culture".

"Les employés de Boeing n'ont pas divulgué à la FAA des informations importantes qui auraient pu améliorer la sécurité du 737 MAX."

Mais plus étonnant encore, ce rapport critique Boeing pour avoir caché "des informations cruciales à la FAA, à ses clients et aux pilotes de 737 MAX", y compris "la dissimulation de l'existence même du système MCAS aux pilotes". Le rapport cite notamment des cas où des employés de Boeing représentant les intérêts de la FAA "n'ont pas divulgué à la FAA des informations importantes qui auraient pu améliorer la sécurité du 737 MAX". Le rapport met en outre en cause la FAA qui "n'a pas assuré la sécurité des voyageurs". Celle-ci exige désormais un certain nombre de nouvelles garanties pour le MCAS avant d'autoriser la remise en service du MAX.

Les législateurs suggèrent par ailleurs que Boeing voulait réduire les coûts et agir (trop) rapidement pour mettre le 737 MAX sur le marché, entraînant donc ces deux accidents mortels. "C'est une tragédie qui n'aurait jamais dû se produire", a déclaré le président de la commission des transports de la Chambre des représentants, Peter DeFazio "Nous allons prendre des mesures dans notre législation pour faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais alors que nous réformons le système." Les législateurs ont ainsi proposé de nombreuses réformes, notamment une restructuration de la façon dont la FAA supervise la certification des avions.

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