Boeing accusé de ne pas être transparent avec son régulateur

Le 737 MAX de Boeing a effectué trois jours de vols tests en présence du régulateur américain, la FAA. ©via REUTERS

Le Boeing 737 MAX vient de terminer trois jours de vols tests en vue d'obtenir la certification des modifications apportées à son système anti-décrochage. Un inspecteur dénonce déjà des manquements dans le chef de l'avionneur.

Le groupe Boeing a terminé, mercredi, ses vols de certification en vue de pouvoir renvoyer dans les airs son 737 MAX. Le redécollage de l'appareil, actuellement cloué au sol, n'est toutefois pas encore autorisé par le régulateur de l'aviation américain (FAA).

"La FAA et Boeing ont complété les vols d'essais de certification sur le Boeing 737 MAX. Durant trois jours de tests cette semaine, les pilotes et ingénieurs de la FAA ont évalué les modifications faites par Boeing en lien avec le système automatisé des commandes de vol", précise-t-on à la FAA.

Le temps qu'il faut

La FAA n'a donné aucun détail sur la façon dont les vols se sont déroulés, mais a pris la peine d'insister sur le fait que l'agence "ne lèvera l'interdiction de vol que quand les experts en sécurité de la FAA seront certains que l'avion remplit les critères de certification".

Un rapport de l'inspecteur général du département américain des Transports souligne les manquements de Boeing dans la présentation, à la FAA, des changements apportés au 737 MAX.

Elle ajoute qu'il fallait encore analyser les données des vols effectués au cours des trois jours de tests et effectuer d'autres tâches.
Dans un communiqué, elle a déclaré suivre un processus particulier et qu'elle prendrait "le temps nécessaire pour examiner minutieusement le travail de Boeing".

Un rapport de l'inspecteur général du département américain des Transports souligne, lui, les manquements de Boeing dans la présentation, à la FAA, des changements apportés au 737 MAX.

Carnet de commande en berne

Un dysfonctionnement du système anti-décrochage, le MCAS, avait provoqué l'accident d'un avion de la compagnie indonésienne Lion Air en octobre 2018 que celui d'un appareil d'Ethiopian Airlines en mars 2019. Les avions de ce modèle avaient alors été cloués au sol.

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Fin avril, le groupe avait annoncé la suppression de 10% de ses effectifs, soit 16.000 emplois.

Depuis des mois, Boeing tente de remettre en service son moyen-courrier, dont les ventes constituaient, avant cette crise, sa principale source de revenus. Cet avion représente en effet plus de deux tiers du carnet de commandes.


Fin avril, le groupe avait annoncé la suppression de 10% de ses effectifs, soit 16.000 emplois. Dans la foulée, S&P avait dégradé sa note de solidité financière de A- à BBB, la reléguant désormais à un cran de la catégorie spéculative.

La liste des conditions

Pour Boeing, il y a donc urgence à faire revoler son avion pour s'extirper d'une crise historique. Mais, dans son communiqué, la FAA a détaillé encore une demi douzaine de conditions à remplir pour une éventuelle certification. Elle n'a donné aucun calendrier.

L'agence elle-même a été mise en cause au cours des enquêtes lancées après les accidents. Elles ont notamment mis au jour une relation de connivence entre les agents de la FAA et les équipes de Boeing qui a pu mener à une certification trop rapide de l'avion et du MCAS.

Les compagnies dans l'attente

Les déboires du 737 MAX ne sont pas sans conséquences sur les compagnies aériennes en attente de leur commande ou face à des appareils forcés à rester stationnés sur le tarmac.

Ryanair indiquait ainsi, en début de semaine, espérer voir arriver ses premiers Boeing 737 MAX en novembre. La compagnie low cost a commandé pas moins de 210 appareils. Elle discute actuellement avec Boeing pour obtenir des compensations.

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