Bras de fer total entre Ryanair et syndicats

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Les syndicats menacent d'aller au tribunal contre Ryanair si la compagnie ne répond pas aux questions posées dans le cadre de la loi Renault.

Le bras de fer est total entre Ryanair et les syndicalistes belges. Les deux parties étant engagées dans la phase 1 de la procédure Renault depuis plus de deux mois, Ryanair a pris les travailleurs par surprise vendredi en annonçant qu’elle comptait licencier deux fois plus de personnes que prévu en début de crise.

"C’est la première fois que ça nous arrive. Normalement, dans une procédure Renault, on annonce un maximum de licenciements et on essaye ensuite de le diminuer. Ici, ils augmentent le nombre. On va dire qu’ils innovent", soupire Didier Lebbe, secrétaire permanent de la CNE, le seul syndicat présent chez Ryanair.

Michael O’Leary, le CEO, avait expliqué dans nos colonnes mercredi dernier que, l’évolution de la crise sanitaire, les restrictions de voyage et les aides étatiques à ses concurrents le pousseraient probablement à devoir licencier davantage.

"Si Ryanair licencie sans répondre à nos questions dans le cadre de la loi Renault, nous irons au tribunal. S'ils perdent, ils devront payer les salaires jusqu'au jugement."
Didier Lebbe
Secrétaire permanent de la CNE

Ryanair ne joue pas le jeu selon Didier Lebbe. "On a beau leur poser la question, ils ne veulent pas répondre sur la situation financière en Belgique, ce qu'on est en droit de demander dans la phase d'informations. Ils crachent à la figure du système de concertation belge", déplore Didier Lebbe. Il y a bien eu des chiffres sur la rentabilité de Charleroi pour Ryanair qui ont circulé, mais Michael O'Leary les dément.

172 postes menacés

Un tiers du personnel en Belgique est maintenant menacé de perdre son emploi, soit 172 postes au lieu de 84. Les propositions des syndicats, à savoir diminuer les salaires des pilotes d'environ 20% à titre temporaire, sont restées sans réponse. Ils ne veulent pas entendre parler de diminution de salaire pour le personnel de cabine dans la mesure où "les plus jeunes sont au minimum légal".

Ryanair pourrait maintenant décider de clôturer la phase 1 de la procédure Renault et de passer aux licenciements, mais la CNE prévient, s'ils agissent de la sorte, "nous irons au tribunal avec l'argument qu'ils n'ont pas répondu à nos questions. S'ils perdent, ils devront payer tous les salaires jusqu'au jugement", détaille Didier Lebbe. "On connait Ryanair, ils vont jusqu'au bout des procédures. Ils préfèrent engager 50 avocats que 10 DRH", ajoute-t-il.

Les travailleurs sont mal pris, car avec l'activité clouée au sol, ils n'ont plus vraiment l'arme de la grève comme option. "Les autorités ne nous aident pas beaucoup contre Ryanair qui a pour habitude de ne pas respecter la loi", dit le syndicaliste.

Il dénonce d'ailleurs une pression et une provocation permanente de la compagnie irlandaise. "Ils ont changé de manière unilatérale les horaires de travail, une heure avant la dernière réunion. Ils ont augmenté le nombre d’entretiens disciplinaires. La pression sur le personnel, les organisations syndicales et le politique est maximale", dit-il.

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