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Brussels Airlines dans le vert en 2015 ?

Bernard Gustin, CEO de Brussels Airlines et Jan De Raeymaeker, CFO. ©Photo News

Malgré Ebola et la concurrence des low cost, Brussels Airlines n’a enregistré qu’une perte de 4,2 millions d’euros en 2014, " aide Wathelet " comprise. Mais 2015 pourrait la voir sortir du rouge.

S’il n’y avait pas eu les grèves générales de fin d’année en Belgique, Brussels Airlines aurait terminé 2014 avec des bénéfices, a estimé hier Jan De Raeymaeker, CFO de Brussels Airlines (SN). De fait, la compagnie a approché l’équilibre, avec une perte limitée à 4,2 millions d’euros, à comparer aux 22 millions dans le rouge en 2013. La perte opérationnelle s’est élevée à 9 millions (-28 millions en 2013). Tout ceci pour un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’EUR.

Il est important de noter que ce résultat tient compte de l’"ajustement " de 16,8 millions d’EUR qui doit venir de l’Etat en compensation des distorsions sociales dont bénéficient d’autres compagnies en raison d’une législation européenne qui n’impose pas (avant 2020) que les lois sociales soient payées dans le lieu de résidence des travailleurs. Mais ce qu’il faut bien appeler une aide d’Etat, moulée spécialement pour les compagnies belges, présente l’inconvénient d’être hypocritement désignée " aide aux charges de sûreté aéroportuaire " et juste bien calculée pour ne s’appliquer qu’à SN, Thomas Cook et Jetairfly. Du reste, des plaintes ont été déposées. Ce qui fait dire à De Raeymaeker qu’en cas de remboursement obligé, la maison-mère SN Airholding dispose du cash nécessaire, avec pas moins de 157 millions d’EUR de liquidités.

Pour ce qui est de la chute des prix du pétrole, Bernard Gustin, CEO de la compagnie, a rappelé qu’à hauteur de 680 EUR la tonne de jet fuel, la moyenne du prix en 2014 a atteint le chiffre moyen de 2008 (694 EUR) et que, par rapport à l’année précédente (525 EUR la tonne en 2007), les prix des tarifs ont diminué de 16% sur l’Europe et de 15% sur long-courrier. Malheureusement, les couvertures en carburant et la chute de l’euro face au dollar ont fait que la baisse des prix du brut n’a pas eu vraiment d’effets sur les comptes, jusqu’ici.

Ryanair et Ebola

L’année 2014 s’est caractérisée par deux faits majeurs chez Brussels Airlines : l’arrivée de Ryanair à Bruxelles-Zaventem et l’épidémie Ebola dans l’Ouest africain. Nous avons déjà évoqué les conséquences d’Ebola pour la compagnie qui est restée seule dans les pays infectés (lire " L’Echo " du 14 février), mais nous retiendrons quand même cette réflexion de Gustin : " Sabena avait son histoire de fidélité à l’Afrique ; désormais, nous avons la nôtre !... "

Côté low cost, 1,4 million de sièges sont venus s’ajouter l’an dernier (+16%) et ce seront 23% de sièges en plus par rapport à 2013, soit 2 millions de sièges, que Vueling, EasyJet et Ryanair mettront sur le marché. SN a décidé de ne pas se laisser distancer : elle a ouvert 12 nouvelles destinations en 2014, ajouté un Airbus A320 et 485.000 sièges (+5,5%). Ce faisant, elle a transporté 6,7 millions de passagers (+750.000 : +12,6%), dont 5,7 millions en Europe (+700.000 : +14%), 750.000 sur l’Afrique (+20.000 : +3%) et 230.000 (+30.000 : +14%) sur les Etats-Unis.

Perspectives 2015

Dans le même temps, Brussels doit réaliser le difficile équilibre entre réduction des dépenses et investissements indispensables, notamment pour la qualité du service. De 2012 à 2014, elle a déjà réduit ses dépenses de 9% et une diminution de 5% est encore planifiée entre 2014 et 2016. Dans le même temps, 85 millions d’EUR ont été investis entre 2011 et 2014 dont 58 millions en flotte et produit. 70 millions seront encore investis d’ici à 2017, dont 25 millions cette année.

Cela se traduira par l’arrivée d’un nouvel Airbus A320 et de deux A319 qui remplaceront des Avro, lesquels auront complètement disparu au premier trimestre 2017. SN compte ouvrir 9 nouvelles destinations cette année et espère dépasser les 7 millions de passagers. Le mois de juin sera le mois de lancement d’une nouvelle formule de fidélisation pour les seuls vols européens et l’ensemble de l’année devrait être, selon les espoirs de la compagnie, celle du retour aux bénéfices.

Brussels Airlines voit encore plus loin : elle entrevoit un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’EUR à l’horizon 2018, 8 millions de passagers transportés (remplissant les avions à 80%) et un bénéfice de 50 millions d’EUR. Et Lufthansa à 100% dans le capital ? Réponse de Bernard Gustin : " Le plus important est que l’actionnaire principal supporte nos décisions et tel est le cas. "

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