analyse

Brussels Airlines et syndicats ont fait le job, à l'État de jouer !

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On progresse dans le dossier Brussels Airlines: Lufthansa a convaincu son assemblée générale ; syndicats et direction de SN sont parvenus à un accord. L’Etat belge n’a plus d’excuses pour ne pas débloquer les fonds.

En conseil d’entreprise, ce vendredi, syndicats et direction de Brussels Airlines (SN) sont parvenus à un accord à propos de la restructuration de la compagnie, mais rien n’est joué pour autant. D’abord, il faut que cet accord soit avalisé par les affiliés (on est en "procédure Renault", ne l’oublions pas) et puis, il faudra que l’Etat prenne ses responsabilités et débloque les quelque 300 millions d’euros attendus. Le gouvernement ne sera plus en "pouvoirs spéciaux" la semaine prochaine et devra donc sans doute demander l’avis du Parlement. Nous n’avons pas dit que ce serait simple.

L’idée est aussi d’examiner toutes les options pour éviter des licenciements secs : pension, prépension, travail à temps partiel, congé sans solde, départs volontaires, crédit-temps...

On en reste à ce qui avait été dit il y a quelques semaines déjà : un dégraissement de 25% du personnel, une réduction d’une partie de la flotte et la suppression temporaire d’escales, dont deux en Afrique. Tous les départements sont touchés : personnel navigant, personnel au sol, fonctions administratives. Comme l’a dit Dieter Vranckx, CEO de la compagnie, "en mettant en œuvre notre plan de redressement, nous commençons à construire une compagnie aérienne financièrement saine qui deviendra d’abord plus petite et structurellement rentable avant de connaître à nouveau une croissance".

Bien sûr, ce n’est pas gagné. Il faut admettre que, ces derniers jours, les feux étaient plutôt au vert. Une assemblée générale de la maison mère Lufthansa qui avalisait le plan de restructuration autorisant un apport de 9 milliards d’euros (sous différentes formes et conditions) et un accord de la Commission européenne, pour commencer. Au passage, on s’étonnera que toutes les compagnies qui ont obtenu des aides d’Etat, comme Air France, Alitalia (depuis bien avant le coronavirus) ou encore KLM (3,4 milliards jeudi) et d’autres, n’ont rien dû céder, alors que Lufthansa a dû céder des créneaux horaires à Munich. Il faudra quand même que la Commission européenne s’explique un jour.

300
millions
Ce sont les fonds que devrait verser l'Etat belge à Brussels Airlines.

Des écueils

L’accord signé vendredi avec les syndicats est prometteur, mais il doit encore être avalisé par les militants. Grosso modo, selon les syndicats, cela devrait se dérouler tout au long de la semaine prochaine. "Le problème avec le Covid-19 est que nous ne pouvons pas réunir tout le monde au même endroit au même moment", se désole Filip Lembrechts (CGSLB). Alors, pour une signature définitive avec tout le monde ? "Dans deux ou trois semaines sans doute…"

Mais quid du financement attendu par l’Etat? Lembrechts : "Comme on ne sera plus en pouvoirs spéciaux, il est probable que la décision devra passer par le Parlement." Sauf que l’urgence est moins mordante qu’avant la reprise des opérations. "La totalité de nos vols dégage un cash positif", déclarait vendredi Dieter Vranckx, CEO de SN, dans une conférence téléphonique. Ce qui ne veut donc pas dire que nos édiles devront se dépêcher, même si ce n’est pas dans leurs habitudes.

En pratique, l’idée est aussi d’examiner toutes les options pour éviter des licenciements secs: pension, prépension, travail à temps partiel, congé sans solde, départs volontaires, crédit-temps, on en passe. Chez les pilotes (20% d’entre eux), SN envisage des contrats saisonniers (100% des prestations durant 7 mois d’été, 60% en hiver, avec une réduction globale de 15% des salaires) avec un impact moindre pour le personnel de cabine (100% été ; 90% hiver). L’idée est aussi de réduire les "night stops" en escale et de revoir les règles des temps de repos "qui datent d’il y a 30 ans", a relevé Bert Van Rompaey, directeur des Ressources humaines, lors de la "conference call" de vendredi. Est-ce qu’en 30 ans, le métabolisme du sommeil a changé? Nous ne sommes pas experts.

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